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Éd. Lair, p

350 LA GUERRE NORMANDE (959-968) [App. VIII]

(( conventus principum Saessionis habetur : ad quod impedien- « dum, si fieri posset, Richardus, filius Willelmi Nortmanni, « accedens a fidelibus régis quibusdam pervasus, et, inte- « remptis suorum nonnuUis, in fugam con versus est. »

On voit que Dudon et Fiodoard sont d*accord pour le fond tout en différant sur les circonstances. D'après Fiodoard, le duc de Normandie est l'agresseur ; loin d'être attiré au plaid royal, c'est lui qui veut le troubler. L'autorité de l'annaliste Rémois est d'ailleurs préférable à celle du chanoine de Saint- Queiitin, car les prétextes que ce dernier attribue à Lothaire pour abuser Richard sont d'une absurdité flagrante. Ceci dit, le récit de Dudon est suffisamment acceptable. Nous pouvons croire que Richard, battu près de Soissons, fut poursuivi jusque sur les bords de l'Eaune, et il est parfaitement admissible que les « fidèles du roi » adversaires du duc de Normandie aient été Thibaud, Geoffroi Grisegonelle et Baudoin \

§ IV. Par contre, le récit du siège et de la prise d'Évreux par Thibaud et le roi Lothaire m'inspire plus d'un doute'. Fiodoard qui s'intéressait à tout ce qui se passait dans le nord de la France ne dit pas un mot de cet événement, ce qui ne laisserait pas d'être bizarre. On ne comprend pas très bien que Lothaire n'eût pris Évreux que pour remettre cette ville à Thibaud. D'ailleurs, d'après l'ordre même du récit de Dudon, le siège d'Évreux ne peut être placé qu'à la fin de 961 ou au commencement de 962 ; or, pendant toute la fin de Tannée 961 Lothaire fut occcupé par une expédition en Bourgogne, et, au début de l'année suivante, le roi se trouva absorbé par les intrigues de toutes sortes occasionnées par la vacance du siège archiépiscopal de Reims ; enfin Lothaire eut à régler un différend entre Arnoul de Flandre et un nepos homonyme. Oii trouver place pour un siège d'Évreux? Nous croyons bien que cette ville tomba au pouvoir du comte de Chartres (fin 961-

1. Baudoin était fils d\\rnoul le Grand, comte de Flandre. Il mourut peu après, le l*"" janvier 962. (Foicuin, Ge^la abbalum S. Bertini Sithtensium). Depuis Tassassinat de Guillaume liOngue-Épée, père de Richard !«% à rinstigation d'Amoui le Grand (943), une haine inexpiable divisait Normands et Flamands.

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