Histor. de France, X
4. Rodulfi Glabri Ilisioriae, l. III, c. 2, éd. Prou, p. 57-58.
3ffl2 ADÉLAÏDE ET CONSTANCE [App, JX'
du x= siècle, époque delà naissance de Constance*, trois grands personnages portent le nom de Guillaume et le titre de comtes : Guillaume V, comte de Poitou et duc d'Aquitaine {depuis 993 * Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse, Guillaume I^", comte d'Arles,
Chacun a ses partisans dont nous discuterons successivement les arguments.
V Guillaume V dWqnitaine.
U n'a pas rencontré de partisan chez les écrivains modernes, mais il a pour lui un chroniqueur du xi*' siècliN Raoul Glabei*. Après avoir raconté que deux Guillaume, Vm\ comte de Poitou, l'autre comte d'Arles, épousèrent les deux filles d'Otte-Guillaume, comte de Bourgogne ( Franche-Comté )> Raoul ajoute que le roi Robert épousa Constance, fille du premier de ces deux personnages du nom de Guillaume ; c'està-dire du comte de Poitou, duc d'Aquitaine*. Le chapitre 10 du livre III confirme cette assertion ^
Ce passage, pourtant bien simple, adonné lieu h de singulières méprises. Dom Vaissète s'est étrangement trompé en Tintcrprétant. Il ponctuait mai la phrase ; i< filiam videlicet prio- « ris Willemi Aquitanie ducis «s et s'imaginait que Raoul Glaber voulait parler de la première Aquitaine, qui aurait correspondu tant bien que mal au comté de Toulouse. Dom Vaissète concluait que le comte Guillaume dont parlait Raoul était Guillaume Taillefer.
î, M. Pfister me paraît avoir très bien démontré qu'elle épousa Ro^ bert en 1002 ou 1003(/?o6cr/ le Pimx, p. 63-64), Sa naissance ne peut donc ('Xve postérieure à 988 ou 089.
2. L. III, c. 2, éd. Prou, p. 57 et 58: <( reliquas (filias) uterque
n WilLemus, scilicet Pictavensis et Arelatensis, duxcre uxores *, et quelques lignes plus bas : « Accepit auLem stipradictus rex (Robert)
M Constantiam, inclitam regain am^ fiiiam videlicet prions Willemi,
tt Aquitanie ducis. »
3. Md. Prou, p. 89 : « Olim igîtur, circa millesiraum [ncarnati Verbi (T annum, cum rex Rotbertus accepîsset sibi regiriara Constantiam a « partibus Aquitanie in conjugium^ coeperunt confluere, gmtia ejosa dôm reginae, in Franciam atque llurgundiam ab Arvernia et Aqiii- « tanîa bomines omni levitate vanissimi. etc. »
[App. IX] ADÉLAÏDE ET CONSTANCE 363
Dans une note de la nouvelle édition de V Histoire du Languedoc \ Mabille n'eut pas de peine à démontrer que cette traduction était philologiquement et historiquement inadmissible ; mais lui-même s'est trompé non moins gravement. Il prétend que a prioris Willemi Aquitanie ducis » signifie «.Giiillaunie T"" « (par suite le comte d'Arles). Mabille croit appuyer cette traduction étrange' en faisant observer qu'au même chapitre 2 du livre III, Raoul Glaber appelle Eudes P*" de Champagne Odo prior^. En réalité Raoul, meilleur latiniste que ne le croît Mabille, applique le mot prior à Eudes I" pour le distinguer de son fils homonyme. De même, quand il s'agit de distinguer deux personnages du nom de Guillaume, le mot prior désigne le premier nommé, c'est-à-dire le comte de Poitou, Du reste, Raoul complète sa pensée par les mots « Aquitanie ducis ^ qui ne laissent plus de doute. Il n'y a pas d'hésitation possible ; pour Raoul Glaber, Constance est fille de Guillaume V, duc d'Aquitaine.
Raoul nous fournit d'autres renseignements encore sur les relations de parenté de la reine Constance; il nous apprend qu'elle était parente [cognata] de Hugues, évéque d*Aus:erre, fils de Lambert, comte de Chalon-sur-Saône, et cousine du comte d'Anjou, Foulques Nerra*.
Ce nouveau témoignage est inconciliable avec le premier. Si Constance est fille de Guillaume V, elle ne peut être en même temps parente de Hugues, évêque d'Auxerrc, et de Foulques Nerra. Aucun document ne nous montre d'alliance entre ces familles et celle des ducs d'Aquitaine. Il ne faut donc pas chercher à concilier ces deux opinions, mais adopter l'une d'elles et rejeter l'autre absolument. Notre choix ne sera ni long ni douteux : nous venons de voir qu'Adi>laïde, mère de Robert, était une princesse aquitaine ; il est donc complètement impossible que Robert eut répudié Berthe qui