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5. On sait que cette légende est déjà rapportée par Dante^ Purga-

fApp. XI] SUR LE CHANGEMENT DE DYNASTIE 383

saint Valéry, mais n'en déclare pas moins mauvaise la cause de Hugues, qui, à Texemple de ses ancêtres, s'est révolté contre son roi, malgré les anathèmes lancés contre ceux qui troubleraient les descendants de Pépin dans la possession du trône *.

A partir des temps modernes, les idées sur l'élection de Hugues Capet se modifièrent. Les auteurs, même favorables, cessèrent de s'appuyer sur la vision de saint Valéry et cherchèrent d'autres arguments. •

Au XVI* siècle, nous ne voyons guère que deux auteurs hostiles à Hugues Capet, Robert GagUin et Hotman. Le premier qualifie nettement « Hue Capel » d'usurpateur et déclare qu'il n'obtint le royaume que par trahison ^ Hotman, qui soutenait qu'il avait existé de tout temps en France un Grand Conseil chargé d'élire et de déposer les rois, prétend que Hugues Capet, pour s'attacher les seigneurs, décréta l'hérédité des fiefs {sic). Hotman déclare gravement que c'était là un attentat contre l'autorité de ce Grand Conseil ^, qui bien entendu n'a jamais existé que dans son imagination. Les historiens favorables à la dynastie capétienne sont d'ailleurs de beaucoup les plus nombreux.

C'est à cette époque que l'on commence à attribuer la chute des Carolingiens à des causes patriotiques et au sentiment

loire, chant XXV, 52 : « Figliuol fui d'un beccaio di Parigl. » Dans une thèse soutenue à l'École des Chartes en 1847, M. Eug. Chàtel a prétendu qu'elle remonte au moins au xiii* siècle et a un caractère politique et bourgeois; ce qui me parait douteux. Littré (Journal des savants, 1865, p. 89) lui donne comme origine une confusion du surnom de Chapet avec chaple, chapler == découper. Cette légende s'est poursuivie fort tard. Au xv* siècle Villon écrit : « Se fusse des hoirs Hue « Capet I Qui fut estraict de boucherie. » Voyez encore au xvi« siècle, Corneille Agrippa, De vanitate scientiae, § de nobilitale (Leyde, 1643, p. 223). Cf. Paulin Paris, Histoire littéraire, XXVl, 125-149 et la chanson de Huon Chapet du xiv siècle, éditée par le marquis de La Grange. Paris, 1864, Préface, p. iv-viii.

1. Chronicon Sithiense (ffisL de France, X, 298). Cette objection de Jean d'Ipres est parfaitement fondée au point de vue historique. En sacrant Pépin et ses fils le 28 juillet 754, le pape Etienne II menaça d'excommunication quiconque choisirait un roi étranger à la race carolingienne. Voy. Mon. Germ,, SS., XV, t. I, p. 1-13.

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