GUERRE CONTRE THIBAUD LE TRICHEUR
Au commencement de Tannée suivante (958) ^ Lothaire dut porter secours à Téglise de Reims comme il Tavait fait deux ans auparavant. Des vassaux de larchevèque Artaud reprirent par surprise le château de Coucy [castriim Codiciacum) qui appartenait à l'église de Reims, mais dont Tliibaud le Tricheur s'était emparé. Le châtelain du comte de Chartres, Harduin ', se réfugia dans le donjon qui était presque inexpugnable. Pour le réduire, il fallut que le roi vînt en personne T assiéger, en compagnie d'Artaud et de bon nombre de comtes et d'évêques '. Après un siège d'environ deux semaines ^ Harduîn offrit ses neveux comme otages et Tarmée assiégeante se retira. Cependant Thibaud accourait au secours de la forteresse; il n'y fut pas reçu (c'était sans doute une des conditions de la capitulation d'Harduin). Il se vengea en dé-
« reus, proscriptus est, ac perpétue exiUo deportatus, n — Vita S. Gerardi Broniens.^ c. 19 : « Cujus rei indicb est Raginenis cames Haincc noensium haud ignotus, cognomento LongicoUus qui, quia tyran- « niée suis importunabatur provincialibus elnoluit resipiscere, semel « et secundo commonitus, nunc usque exulat in ignotis région ibus, pro- « curante industria ambidextri archipraeaulis hujus (Brunonis). a — Gesta ep, Camerac, I, c. 95: « ... sed cuin tamen ejus (Raginerii) fe- <c ritatem nullo modo premere potuerit (lirunonem). in exilio tandem « perpetuo dampnatum fratri contradidit, terramque suam primum « Richario nobiliviro... contulit, filiosque ejus praefatoa a patriis finibus « pro iisdem insolentiis eliminavit. » — Thietmar(l.VIl. c. 32) ; a Hujus « (Laroberti) pater ad Boemiam ab Ottone in exilium misiius ibidem « moritur. » — Ann. Laub. (958) : «Raginerus capitur «. — Ann. Lead,^ 958 : « Raginerus LongicoUis capitur. ^ -^ Ann. Colon, brevet: a Regînerus captus est. 957. » — Contm. Regitiou.: « 958. Factione Brun. « archiepiscopo Reginerus cornes comprehenditur et in Sclavos exul « mittitur. » — Voir : Jacob Meyer (fol. 19 r**), Jac^rues de Guise (t. IX, 360), Vinchant(p. 149), Delewarde (t. JI. 194), Ernst (Comle* de Ilainaul, p. 470), Leglay (l, 129), Warnkoeuig et Gc^rard (II, 292), Dijmmler, Oilo der Grosse (p. 294-297), Kalckstein (p. 295),
1. Leibnitz (Annales imper n, III, 26) ciiange Karduîn en Herluin et en fait un fils homonyme d'Erluin de Montre uil tué en 945 (voir p. 3). Inutile de faire remarquer que cela est inadmissible. Harduiu était probablement de Chartres. On voit sa souscription pendant longtemps encore dans des actes passés en cette ville {CartuL de S. -Père, L 70, 72, 74, 90, 94). .
2. Lothaire dut y mettre d'autant plus d'empressement que cette forteresse, possédée par un homme aussi dangereux que Thibaud le Tricheur, était située juste au centre du domaine royal, et que celui-ci était allié à la maison de Vermandois par son maria^^e avec Leiidcgarde fille d'Herbert II (Cari, de S.-Pére de Chartres, 1, p, 6a-65).