DEUXIEME EXPÉDITION DE BOURGOGNE
vastant les campagnes du Laonnois et du Soissonnais; la trahison lui livra même la forteresse de La Fère\ Le soin de recouvrer cette place fut confié à Roricon, évêque de Laon, qui vint Tassiéger avec les troupes de l'église de Reims et tout ce qu'il put rassembler de ses amici, c'est-à-dire de ses vassaux et de ses parents. Lothaire vint ensuite lui prêter main forte. Herbert de Vermandois et Robert de Troyes offrirent alors leur médiation entre le roi et leur beau-frère. Thibaud fit restituer la Fère ; et il est probable qu'on lui rendit Coucy ou qu'il le reprit de vive force *.
La Bourgogne continuait à être en proie aux troubles occasionnés par la succession du duc Gilbert. Au commencement de cette année 958, Raoul, comte de Dijon et vassal d'Otton, duc de Bourgogne, jaloux peut-être de la fortune de son frère puîné Lambert, à qui sa femme Adélaïde,* fille de Gilbert, avait apporté en dot le comté de Chalon-sur-Saône, résolut de s'approprier, lui aussi, une part de l'héritage de Gilbert en enlevant une de ses filles. Il s'empara de Beaune, qui appartenait à Otton, enleva sa femme Leudegarde, et, dit l'annaliste, l'épousa. Cette entreprise audacieuse ne réussit pas. Dès le I" mai, Otton avait recouvré Beaune, et sans doute aussi sa femme*.
A l'automne de 958, Lothaire se rendit pour la seconde fois en Bourgogne. Il était accompagné de sa mère Gerberge, de sa tante Hathuide et de son cousin Hugues Capet. Il
1. La Fère-sur-Oise, bien entendu. C'est ce que prouve, outre la mention du ravage du Laonnois, Tintervention de Roricon, évèque de Laon. La Fère était située dans le pagus Laudunensis (Longnon,
■ Atlas historique). Kalckstein hésite donc à tort (p. 296) entre cette ville et la Fère-Champenoise (Dép. de la Marne, Arr. d'Epernay).
2. Flodoard. Ann. (à 958). — Ces événements ont dû avoir lieu à la fin de février et au commencement de mars. En effet, le 9 février, Lothaire était avec sa mère à Compiègne et accordait à Pons Tabbaye de S. Michel de Cuxa. — Thibaud reprit Coucy de vive force, soit alors, soit à la mort d*Artaud en 961. — Voyez ci-dessous p. 46.
3. Annales Nivemenses: « 958. Hoc anno cepit Rodulphus, Divioni « comes, Belnum castrum seniori suo Optonio, et, quod pejus est, a uxorem suam abstulit, filiam videlicet Gisleberti, et sibi vindicavit « in uxorem ; et in ipso anno per vim captum est ipsum castrum ab « Optone et a suis fidelibus Kal. niaias. » — Odoran : « ...honoremejus « (Gilberlus)cum filia nomine Leudegarde. ex qua postea a Radulpho « Divionensi pipicus factus, Otho, frater Hugonis ducis, recepit. »