GUERRE CONTRE ROBERT DE TROYES
cûnstruisaient les seigneurs brigands de la Lorraine; il yûu* lait encore leur imposer des charges auxquelles ils n'étaient pas accoutumés, peut-être quelques impôts. Pour triompher de la sédition et contenir les Lorrains dans l'avenir, Brunon dut partager le titre et les fonctions de duc avec le puissant comte de Bar et de Metz, Frédéric \
Il est fort probable que si Brunon n'avait eu rbabileté de faire renoncer son neveu à ses droits sur la Lorraine^ il aurait vu les révoltés se faire appujer par le roi de la France occidentale, ce qui aurait singulièrement accru ses embarras.
Lothaire, de son côté, n'eut pas à se plaindre d'avoir abandonné pour rinstant ses projets sur ce pays, car il dut avoir recours cette année même à rassistanco de son oncle. Les seigneurs bourguignons continuaient à convoiter la succession du duc Gilbert. Robert de Troyes, qui» nous l'avons vu, n*y avait eu aucune part^ voulant s'assurer une situation prépondérante en Bourgogne, jeta les yeux sur Dijon, qui passait déjà pour la ville la plus importante du duchés H s*en empara par trahison {c'était la façon la plus habituelle de l>readre les places au x° siècle), et chassa la garnison royale (été ou automne 959V. A cette nouvelle, Lothaire et Gerberge se hâtèrent d'appeler à leur aide l'archevêque de Cologne. Celui-ci accourut avec une armée lorraine et saxonne'. Sur ces entrefaites, Ansogise, évêquc de Troyes, s 'étant pris de querelle avec le comte Robert, fut chassé par lui de la ville; il se réfugia auprès de Brunon auquel il
L Prédénc ne fut nommé duc que de la hautti et de la moyenne Lorraine. Cej^t l'opinion de Dummler {p. 391, n. l), qui me paraît tout à fait fondée. Cf. Wilte (p. !S-19). — Nous avrms déjà mentionné (p. 13) mn manaj^^e en 95i avec Béatrice» fille de Hugnes le Grand. — Kalekstein (p. 29B-299) prétend que Brunon le fit son représentant en lorraine pour donner aux Robertiens \m gage de ses sentiments amicaux. C'est une explîc!\tion fantaisiste de plus.
2. Hicher (UJ, 11); a Castrurn reghim. quod Divion dicitiir, secus « Oscaram torrentem conditiim, mviltacupiditate sitiebat eo quod per « eum si id habere posset, optimam Burgundiae parteni ad suum jus ce trarii;ire posse arbitrabatur » — Kaickstein suppose qu'à la tète de la garnison se trouvait Richard, iils de Hugues de Dijon (p, 299)^ C'est une hypothèse <|ui ne repose sur aucun texte.
o. r^llc comprenait deux mille hommes selon Richer(in, 12). Maïs ce cliïfTre n*a aucune certitude. 11 est vraisemblablement du à mn imagination.