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LOTHAIRE SE REND A COLOGNE

Lothaire se rendit ensuite avec sa mère à Cologne pour célébrer les fêtes de Pâques (3 avril 959) * auprès de son oncle. Celui-ci, en homme prudent, profita de l'occasion pour se faire donner par son neveu « assurément » au sujet de la Lorraine. Peut-être Lothaire^vait-il déjà laissé percer des desseins sur ce pays auquel son nom semblait le prédestiner. Peut-être Otton P' projetait-il déjà avec Brunon d'établir son fils comme roi de Lorraine, — ce qui eut lieu deux ans plus tard ^ Cette renonciation à la Lorraine fut sans doute la condition formelle que Farchevêque-duc mit à son assistance ultérieure en faveur de son neveu. Il le renvoya d'ailleurs avec des présents. Lothaire et sa mère étaient de retour à Laon vers le milieu d'avril'.

Brunon n'eut qu'à se féliciter de sa précaution. A peine Lothaire était-il parti de Cologne, qu'une formidable révolte éclata en Lorraine. Elle était dirigée par un ancien conseiller de Brunon lui-même, du nom d'Immon*, et provoquée par l'ordre qu'avait donné l'archevêque de faire abattre les châteaux que

« et Ugo, fîlius Ugonis, et mater sua, apud Marziacum vicum juxta « Nevernis ad placitum contra Guillelmum, comitem Aquitaniae, « post missa Sancti Martini ». — Flod. Ann. {fin 958) : « Bruno Colo- « niensis archîepiscopus cum exercitu Lothariensium par Franciam « proficiscitur in Burgundiam, locuturus cum sororibus ac nepotibus « suis. — Anno 959. Bruno iterum in Franciam venit. et apud Com- « pendium cum regina sorore ac nepotibus suis discordantibus pro a quibusdam castris, quae rex Lotharius ex Burgundia receperat, « colloquium habuit; obsîdibusque datis, pacem inter ipsos usque ad « futurum placitum pepigit. »

1. Et non 26 mars, comme le dit Kalckstein par erreur (p. 298).

2. A Aix-la-Chapelle, le 26 mai 961 (Dùmmler, Otto der Grosse^ p. 322. Witte, Lothringen, p. 21.) — Dans un diplôme du 3 juin 960, Otton I»' s'intitulait : « Rex Hlotharingensium, Francorum atque Germa- « nensium » (Hist. de France, IX, 385; Stumpf, p. 289, n» 210).

3. Le 25 avril, Gerberge était à Soissons, où elle faisait donation à Bernier, abbé d'Hombiières, du village de Rumigny qu'elle tenait en fief d'Albert, comte de Vermandois et abbé de Saint-Quentin. (I/istor. de France, IX, 655, n» 4).

4. Flodoard. Ann. (à 959). Immon était seigneur de Chèvremont, et ancien compagnon de Gilbert, duc de Lorraine. Widukind (1. II, c. 23 et 28): « Isilberhti comitem versutum et callidum nimis, nomine Im- « monem... » — En 939 Immon se sépara de Gilbert et passa du côté d'Otton I"»". (Dîimmler, p. 87).— Le château de Chèvremont appartenait à Gilbert (Widuk., ÏI, 23); après la mort de celui-ci, noyé dans le Rhin en 939, il est probable qu'Immon se l'appropria.

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