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GUERRE CONTRE ROBERT DE TROTES

de Saxons, conduite par un chef Ardennois du nom de Helpon^ ravageait les campagnes du Sénonais et insultait la ville de Setis, Archembaud et Rainard allèrent à leur rencontre avec une année nombreuse et battirent les Saxons à Villierâ près de la Vanne V Helpon fut tué dans Taction.

A la nouvelle de cette défaite, Brunon, qui était devant Trojes, leva le siège et retourna en Lorraine avec son armée *. Lothaire dut suivre son exemple et remettre la

1. VillierS' Louis, Yonne, à 11 kil, est de Sens, canton de Vineneuver Archevêque, à 2 kiL au nord de la Vanne.

2. Modoat^d, Ann. (à 959) : « Ca^trum Divionem kotbertus comes « invadit, régis expulsîs fidelibus. Quapropter accitur Bruno régis ac K reginae petitione, in Burguudiam venit cum Lotharîenaibus aliisque u sibi âubditis populis; idemqne casÈrum, sed et Trecas civitatein « quaiii praefatu& potiebaliir Rotbertus, obaidione vallat. » — //isî. Franc. Senon. : « Defuncto Ottone dm?e Biirr^undionum, succeasit K HeinricQs frater ejus. Sub ipso tempore oritur contentio inter a Ansegiisnm episcopum Trecartim et Kybertumcomitem. Eiectusvero « e xci vit ate a pi^c o p us A nsegi s us a Ro bert o cotn ite , p e rres. it i n S axon i am tf ad Ottonem imperatorem^ adductosque Saxon es, meiiîie octobrio n obsedit Trecas civilatern longo tempore. Venientes autem în predam c£ 6enones, oC4^urrerunt illis Archenibaidus archiepi^icopuîi et Hainaiff dus cornes Vettiltiti cum exercitu maximo, in loco quidiciturVillare, K interfectosque Saxones ciim duce suo Helpone no:nine. Senonenses a extiterunt victores* Dixerat enim Heipo inconsurum se eccSesîaB iL et vîlias qnae surit «super Venenas Ûuvium usque ad civltatein, a intîgereque suaro lanceam in portam S. Leonis. Interfectusqtte s autem cum populo suo a Senonibus reportatus est in patrîam suam « Ardennam a servis suis. Sic enim jusserat mater ipsius Helponis «E nomine Warna, Planxerunt autem cum pïanctu magno Hainaldus a eûmes el vVrchembaldus archiepiscopus ; con&anguineus enim ilJo- « rum erat. Videns itaque Bruno dux, socius ejusdem Helponis, qui a obaiderat Trecas tdvitatem, quod mort u us esse t socius sutis Helpo, « cum suis re versus est in pairiam suam. a Cf* Tran&latio S^ Pairo- « dii. (Voir p. 19, n, 5.J — Tout ce récit» surtout la fin, a un caraC' tère légendaire, ce qui s'explique par ce fait que cette chronique a été composée peu après 1015, c^est-à-dire bien longtemps après les événements. Les AnnaL S. Coltimbae ne disent rien de la défaite du duc Helpon* n faut donc que VNîsL Fr. Sen. ait emprunté ce récit, soit à une source écrite aujourd'hui perdue, soit plus probablement à une source orale. \oy. Appendice VIL — La conclusion, c'est qu'il ne faut pas accepter sans examen tous les détails de ce récit. — M. Witte ne mentionne même pas la défaite du duc Helpon. Dummler (p. 307, n. 2) la juge peu digne de fol. Kalcksteîn l'admet au contraire (p, 300 et n. Ij à la date de 959, tandis que M. d'Arbois de Jubainville {Hist. des comtt^ê de Champagne, t. 1) la rapporte à %5. Cette dernière date est absolument inadmissible.j puisque ce fut précisément en octobre 965 que Bru non mourut à Reims. Le récit de VHUt^ Fr. Sen.

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reprise du siège à Tannée suivante. La première partie de . Tannée 960 fut occupée par les luttes continuelles que Téglise de Reims avait à soutenir coTitre les seigneurs et les malfaiteurs (au x* siècle c'était tout un), qui ne cherchaient qu'occasion de la piller. Un certain nombre de ces brigands furent saisis à Omont * par Manassès, neveu de Tarchevêque Artaud, et condamnés à être pendus. Parmi eux se trouvait un prêtre. Un certain Lambert *, qui s'était emparé de la ville de Mézières, dut la rendre à Téglise de Reims dont elle était une dépendance. Lambert fut contraint à cette restitution par Frédéric, duc de Lorraine, et il la fit en sa présence '.

suit, il est vrai, la mention de la mort d'Otton de Bourgogne (qui eut lieu en 965), mais il ne donne pas de date précise et dit seulement : « sub ipso tempore », expression vague qui se rencontre souvent dans cette source dont la chronologie n*a rien de rigoureux. (Voy. Appendice Vif). — Par contre, la mention de Brunon comme assiégeant Troyes, son retour malheureux en Lorraine, montrent qu'il faut dater de 959, par la comparaison avec Flodoard. Celui-ci ne mentionne la prise de Troyes et de Dijon qu'à la fin de 960. Il ne nous dit pas que ces villes, assiégées une première fois (selon son propre témoignage) en 959, aient été prises en cette année. C'est donc à tort que Kalckstein a cru (p. 300) que Troyes et Dijon furent reprises sur Robert fin 959 (voir p. 31, n. 1), recouvrées par lui au commencement de 960, pour être enfin reprises par Lothaire et Brunon fin 960. — VHist. Franc. Sen. supplée au silence de Flodoard en 959 et nous montre qu'en cette année l'expédition de Brunon (et par suite de Lothaire) échoua complètement. — Francheville est le premier qui ait montré que le récit de VHist, Franc. Sen. (qu'il a connue sous le nom de continuation d'Aimoin) devait être rapporté à 959 et non à 965. Sa dissertation intéressante (publiée en 1776 dans les Mémoires de l'Académie de Berlin) n'est pas d'ailleurs exempte de quelques hypothèses aventurées ; notamment sur l'origine (inconnue) d'Helpon qu'il rattache (p. 460) sans aucun fondement à la maison de Boulogne (!) et aux comtes de Chiny (p. 457).

1. Flodoard, Ann. (à 960): « Altmontem castrum > (Ardennes, arr. de Mézières.)

2. Leibnitz (Ann. Imper ii^ III, 46), fait de Lambert un frère de Renier au Long-Col. — Kalckstein pense à Lambert d'Autun. Ces deux hypothèses sont aussi inadmissibles l'une que l'autre puisqu'elles ne reposent sur aucun texte. Ce nom de Lambert est très répandu au x° siècle. Il ne s'agit ici que d'un seigneur des environs de Mézières.

3. Flodoard, Ann. (à 960). — Cette dernière mention prouve que le pagus Caslrfcius (Ch.-lieu Mézières) était rattaché à la Lorraine dès le milieu du x* siècle. M. Longnon (Atlas historique^ p. 83 et 84, n. 1) ne cite pas à ce sujet, de texte antérieur à 1005, — bien que dans ses cartes il ne comprenne pas ce pagus dans les limites du royaume de France au x« siècle.

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