GUERRE CONTRE RICHARD DE NORMANDIE
le différend, pendant depuis deux ans au moins, entre le comte Thibaud de Chartres et Richard de Normandie. Le premier, excité par sa femme Leudegarde, belle-mère de Richard, inquiet peut-être des tentatives des Normands sur la Bretagne que lui-même convoitait, était depuis plusieurs années en hostilité plus ou moins déclarée avec la Normandie. Il avait réussi à gagner à sa cause le roi Lothaire, Gerbergo et même Brunon ; ceci explique pourquoi Richard avait refusé à deux reprises de se rendre à une conférence que lui avait proposée Brunon, vraisemblablement au commencement de 959 \
En 960, Richard épousa Emma, fille de Hugues le Grand, avec laquelle il était fiancé depuis la mort de celui-ci*. Ce mariage resserra ses liens avec Hugues Capet, son ancien pupille (qui pour lors devait avoir atteint sa majorité), devenu son beau-frère. Aussi Thibaud, ne trouvant qu'hostilité auprès de son suzerain le duc des Francs *, chercha assistance auprès de Lothaire et de Gerberge. Geoffroi Grisegonelle, comte
« filius Hugonis, quondam principis, ad regem Lotharium in ipsis <c festi Paschalis diebus Laudunum venit, sed et nonnulli tam Franciae « quam Burgundiae proceres. Placitum regale diversorumque conven- « tus principum Suessionia habetur; ad quod impediendum, si fieri tt posset, Richardus, filius Willelmi Nortmanni, accedens, a fidelibus « régis quibusdam pervasus et interemptis suorum nonnullis, in fugam « conversas est. »
1. Sur tous ces points et sur le témoignage de Dudon, voy. Appendice VIII.
2. Flod., Ann, (à 960): « Richardus, filius Willelmi Nortmannorum <c principis, filiam H agonis, Transsequani qaondam principis, ducit a uxorem. » — Dudon (éd. Lair, p. 263).
3. Flodoard (Ann.) ayant rapporté, à la date de 962, une bataille entre Thibaud et les Normands, ajoute : « Qui (Tetbaldus) seniorem « suum Hugonem proinde infensum habens ad regem venit. » — Il est à remarquer encore que pendant toute la guerre avec les Normands, Hugues garda la neutralité (voy. Appendice VII I) et que Flodoard ne mentionne pas sa présence auprès de Lothaire en 961, aux fêtes de Pâques, alors qu'il rapporte celle de son frère Otton (voy. p. 33, n. 3). — Richer prétend bien, il est vrai (1. III, 13), que Hugues et Otton, reçurent l'investiture de leurs duchés à Laon, mais il suffit de lire son récit pour s'apercevoir qu'il confond cette assemblée avec celle qui se tint en Bourgogne en 960, sous la présidence de Brunon. — On pourrait conclure de l'abstention de Hugues au plaid de Soissons qu'il prévoyait la condamnation de Richard et qu'il refusait de s'y associer.
'■^^^mmF^w-'