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ACCORD ENTRE LOTHAIRE ET LES ROBERTIENS

le Poitou ; Otton fut gratifié de la Bourgogne .\ Cet accord se faisait en somme aux dépens de Lothaire qui perdait la Bourgogne, au moment même où la soumission de Robert de Troyes semblait devoir la lui assurer, et il brouillait tout à fait inutilement la royauté carolingienne avec l'Aquitaine, pour le plus grand profit des Robertiens. En ménageant ce traité, Brunon avait plutôt songé à l'intérêt général de tous ses neveux qu'à celui du seul Lothaire'.

1. Flodoard, Ann. (à 960) : « Otto et Hugo, filii Hugonis, mediante « avunculo ipsorum Brunone, ad regem veniunt ac sui efficiuntur. « Quorum Hugonem rex ducem constituit, addito illi pago Pictavensi « ad terram quam pater ipsius tenuerat ; concassa Otton i Burgundia ». — Il semble que déjà l'année précédente Hugues avait fait une tentative sur TAquitaine. Les Annales Masciacenses portent en effet à la date de 959 : « Bellatores Francorum hoc anno monasterio Masciaco « {Massai en Berry) latenter voluerunt rapere eumque de nocte « exturbaverunt. » C'est peut-être encore à la même époque qu'il faut rapporter le récit de la Translatio S. Genulfi : des seigneurs poitevins ayant construit et fortifié un château près du monastère de S. Sigiran, le châtelain d'une forteresse à l'est de S. Genou d'Estrée (Indre, près Buzançais) alla demander secours à Hugues qui n*était encore que duc des Francs. Celui-ci accourut avec plusieurs milliers d'hommes et campa près d'Estrées ; les guerriers français s'abstinrent le premier jour de piller — par ruse, de peur d'éloigner les paysans ; quand il les virent rassurés le lendemain, ils se jetteront sur eux et les dépouillèrent de leurs biens sous prétexte de s'approvisionner pour le siège qu'ils allaient entreprendre. Ils encoururent naturellement la colère de S. Genou. Le duc informé de la conduite de ses troupes fît protéger le monastère pendant toute la durée du siège. — L'incertitude chronologique ne permet pas d'utiliser ce document avec autant d'assurance que le fait Kalckstein (p. 283).

2. Ruotger n'est donc pas tout à fait impartial quand il écrit (c. 39) : « Praeterea Lotharium, sororis suae filium, de an tiqua regum prosàpia « ortum,cuinasobrinis suis vehementer essetoppressus, mirifîce eruit « et exaltavit, nec cessavit donec in locum patris sui regem constituit, « ac majores ipso potentioresque Hugonis filios omnesque illius regni « principes sub jugum ejus stravit ; ita prospiciens universis ut sub « unius moderamine imperii omnes pariter et ab hostibus tuti et inter « se invicem possent esse pacati. » Ce passage,pour être exact, devrait s'entendre des années qui suivirent 960 ; alors Brunon eut réellement à protéger Lothaire contre les Robertiens. Mais en 960 son intervention fut plutôt avantageuse à ces derniers. Kalckstein (p. 301) prétend que ce fut la puissance et la sagesse de Brunon qui contraignirent Hugues et Otton à prêter à Lothaire l'hommage qu'ils lui devaient. La vérité, c'est que ce fut Lothaire qui fut contraint de leur donner l'investiture. Hugues et Otton ne demandaient pas mieux que de prêter un serment de fidélité qui leur vaudrait les duchés de France» d'Aquitaine et de Bourgogne.

[960-961] RECONCILIATION DE LOTHAIRE ET DES ROREttTïENS 33

L'archevêque de Cologne fut bien vite rappelé par la nouvelle que ses ennemis Robert et Immon fortifiaient Namur et Chèvrcmont contre lui. Il accourut, mais trouva le pays complètement ravagé et les assiégés abondammeut approvisionnés de vivres. Tout ce qu'il put faire, ce fut de conclure une trêve; puis il retourna à Cologne \

Pendant ce temps Lothaire reprenait Dijon et y rétablissait une garnison (nov.-déc. 960)', Il était de retour à Laon à la fin de décembre 960 et demeura en cette ville jusqu'à Pâques de Tannée suivante (7 avril 961), époque où il reçut Otton, fils de Hugues le Grand, et une foule de grands venus de France et de Bourgogne. C'est probablement dans cette grande assemblée, convoquée pendant les fêtes de Pâques, que Lothaire donna àOtton l'investiture solennelle de la Bourgogne. Ensuite se tint â Soîssons une autre assemblée k laquelle assistèrent nombre de seigneurs \ La grande cause qui y fut agitée ce fut

1. Flodoard, /!««.,{& 965). fm mon était réconcilié avec Ottcn ï*' dès janTier966(V. Diplôme d'Otton î*^ pourAix: Mon. Germ., Dipfomala, p. 429-430. - Cf. Dummler (p. 309 et n. 1,) — Le lî février 96B, Immon souscrit un diplôme de la rei[ia Gerberge faisant donation à Saint" Bémy de Reims de son alleu de Mersen, (//isiorïens de France^ IX, 666).

2* Floâoard, Afin, (fin 960) : » Rex quoque Lotharîu^ Dîvionis muni- «t tione recepta, intromissisque custodibus suis, Laudunum re versus » est, B — Lothaire garda Dijon depuis lors. H se l'ùtait réservé sans doute en donnant la Bourgogne à Orton. MM. d'Arboîs de Ju bain ville et Henri Martin (IL 532s prétendent que Lothaire tint Dijon en fief du duc de Bourgogne. Cette assertion ne repose sur rien. Au eontraire, jusqu*à la fin de son règne, Dijon apparaît sous rauiorité immé" dîate de Lothaire. Si le diplôme par lequel le roi donne le monastère de Saint-Amand à Cluny est de 960 (voir p. 25 n. l)^ Lothaire avait recouvré Dijon avant le 23 novembre 960. — Ce fut au moment où le roî rentrait en possession de Dijon que^ sur le *îonseil de Letald, comte de Mâcon et de Bourgogne (rranche- Comté), les moines de Luxeuil transportèrent le cercueil de saint Waldebert dans lei villages riches en vignobles de Chezy en Dîjonnaiii et de Molisy (f) en Beaunois. Le premier avait été ravi aux moines de Luxeuii par un puissant personnage du nom de Robert (sans doute le viromte de Dijon) et f^on neven dn nom de Bérard ; le seiîond par- un jk'nerrier appelé Hubald, Inutile d'ajouter que la colère de saint Waldeb*^rt s*appesantît ^ur eus et qu'ils restituèrent les villages à Tabbaye de Luxeuil. Voy- Miramla S. Waldeberii abh. Luxoik (Acia Sanct. OriL S. Ben. saec. 3, part* 2. App. p. 458.) Ce récit curieux notis apprend l'existence, dés le X" siècle, de vignobles sur les collines de la (^te-d*Ûr-

3* Flod., Ann. (à 961 ): « Wîdo praesul Autîssiûdorensiii obiit, Otto

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