‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 133 sur 145 · QUALITÉS DU SAVANT · texte numérisé non relu

QUALITÉS DU SAVANT

d'un procédé ou d'une observation, on annihile les erreurs provenant d'opérations précipitées ou de vues imparfaites, et pourvu que la personne qui aide le savant ne possède pas des idées préconçues ou des préjugés à elle, et qu'elle ignore le but du savant en faisant l'expérience, sa simple expérimentation des faits sera très-souvent une excellente base d'opinion.

Quant aux qualités supérieures de l'intelligence, nécessaires pour comprendre et développer la science, elles sont, je crois, les mêmes que dans toute autre branche du savoir. Je puis les résumer en quelques phrases. L'imagination doit être brillante et active dans la recherche des analogies; toutefois il faut qu'elle soit entièrement sous l'influence d'un jugement juste et éclairé. La mémoire doit être bonne et profonde, cependant plutôt prête à rappeler la vue générale des choses que les détails des pensées particulières. — Il ne faut pas que l'esprit soit comme une encyclopédie, une espèce de fardeau de connaissances; mais il doit plutôt ressembler à un dictionnaire critique où se trouvent toutes les choses générales, et où cependant on peut obtenir sur des points spéciaux une information détaillée.

En livrant au public ou aux savants l'ensemble

comme les particularités des résultats des expériences, le philosophe chimiste doit adopter la voie la plus simple : éviter un style orné comme un écueil qui peut porter préjudice à la rigoureuse exactitude de son sujet. On peut se rappeler à ce propos la critique juste du premier roi de la Grande-Bretagne sur un sermon dont la doctrine était excellente, mais qui était surchargé de métaphores poétiques et d'images. Le roi disait que les métaphores et le style fleuri du prédicateur ressemblaient aux fleura brillantes du champ de blé, très-jolies à voir, mais très-nuisibles au fro-. ment. En annonçant la découverte la plus grande et la plus importante, le véritable savant donne les détails avec modestie et une certaine réserve, ai* mant mieux être le serviteur utile du public, et

pour éclairer insensiblement, — plutôt que de ressembler à un charlatan qui lance dans le ciel les fusées de son feu d'artifice et se fait annoncer au loin au son de la grosse caisse.

Je vois, mon cher docteur, que vous doutez un peu de l'importance de mes préceptes, et que peut-être vous considérez ce que je vous dis comme étant de mauvais goût; néanmoins je m'exposerai encore à votre sourire en parlant un

lumière cachée sous son manteau,

Page 1