Jean Fust, associé de Gutenberg. A notre avis, il a
de l'intelligence sont impérissables, et capables de se multiplier en nombre indéfini pour devenir l'héritage de l'esprit humain. Par cet art, au premier abord si peu remarqué, le progrès est assuré dans la société, et l'homme n'aura plus à s'humilier devant des scènes semblables à celles qui ont suivi la chute de l'empire romain. Considère les guerriers des temps modernes; la lance, la javeline, la cuirasse et le bouclier sont remplacés par le fusil et l'artillerie 'légère. Le moine allemand inventeur de la poudre n'a pas eu une minime influence sur le destin de l'humanité ; les guerres sont moins personnelles; la force brutale est comparativement insignifiante; il faut maintenant
plus contribué par ses capitaux que par son génie à la formation de l'imprimerie par caractères mobiles et à l'application de la presse à bras au tirage. Les dernières recherches faites sur les origines de l'imprimerie donnent pour résultat définitif trois villes et quatre inventeurs, Les trois vilks sont Harlem, Strasbourg et Mayence-, les quatre inventeurs, Gutenberg, Faust, Coster et Schoiffer (1 420- i 450). Comme toutes les découvertes, celle-ci s'est faite par plusieurs efforts concourant au môme terme. On confond souvent ce Faust (Jean Fust) avec le fameux magicien Faust du Wurtemberg, dont les faits et gestes ont fourni le thème de tant de poëmes et opéras. Il n'y a aucun rapport entre ces deux hommes, dont le second a été si singulièrement métamorphosé par la légende, c. F.
toutes les ressources de la civilisation pour maintenir une grande armée. L'or, l'adresse et la persévérance sont les éléments principaux du succès ; l'homme civilisé est infiniment supérieur au sauvage, et la poudre elle-même, assurant la durée à ses triomphes, garantit les nations cultivées contre les invasions des barbares.
« Il y a tant de ressemblance entre les deux ou trois siècles qui viennent de passer devant nous, qu'il ne faut prendre qu'une vue transitoire de leurs événements politiques et militaires. Toutefois, il ne faut pas que la vision de l'Europe moderne se passe sans que tu puisses juger de quelques autres résultats du génie, non inférieurs à ceux de la poudre et de la presse. Examine la science des philosophes grecs démontrée dans les écoles de Tltalie régénérée, tu la trouveras vague, obscure, et pleine d'erreurs; les systèmes de philosophie ne servent qu'à aveugler l'esprit. Les astrologues, qui prétendent prédire par l'aspect des positions des planètes le destin des individus, emploient l'astronomie, la plus sublime des connaissances humaines, à faire des dupes; dans les laboratoires, les alchimistes cherchent l'élixir de longue vie et la pierre philosophale ou l'art de convertir tous les métaux en or. Mais dans cet
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âge d'erreur et d'obscurité, quelques vérités saisies par un petit nombre d'esprits supérieurs sont découvertes et deviennent l'héritage permanent du monde.
« Parmi tous les personnages de cette époque, il y en a deux que je te prie de bien remarquer. L'un, Anglais 1 , traça les voies à la découverte des vérités scientifiques; l'autre, Toscan 2 , donna les preuves expérimentales des idées spéculatives de son frère dans la science. Un siècle plus tard, les académies se fondèrent en France, en Italie et en Angleterre; là les sciences furent approfondies et le vrai système du monde enseigné. Quant aux progrès, dans la pratique, de la chimie, de la physique et de la mécanique, ils sont merveilleux ; et pour les apprécier en détail, il faudrait établir une comparaison entre l'état ancien et l'état moderne des sciences.
« Les vaisseaux du monde ancien, dont le moteur •fut la main humaine, se font maintenant transporter par les vents; une aiguille d'acier touchée par l'aimant dirige le marin « sur la mer orageuse aux perfides sentiers, » entre l'ancien et le nouvel