‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 46 sur 145 · L'HUMANITÉ SUR LA TERRE · texte numérisé non relu

L'HUMANITÉ SUR LA TERRE

tant à la nature des qualités de l'être humain... Une faculté quelconque, lors même qu'elle est trèsparfaite, peut devenir un défaut par l'excès ; les organes du toucher peuvent être délicats à un tel point, qu'ils manifestent une sensibilité maladive. L'oreille peut devenir singulièrement fine, au point d'être plus susceptible aux sons discordants qu'à la douceur de l'harmonie. Parmi les nations qui ont depuis longtemps atteint un haut degré de civilisation, les défauts dépendent ordinairement d'un excès de sensibilité, — défaut guéri parfois dans la génération suivante, par l'influence organique d'une race plus forte.

m En te rappelant tes souvenirs de la vision de l'histoirè ancienne, tu trouveras qu'il n'y ajamais eu de migration d'aucune race plus considérable que celle de la race caucasienne, qui s'est dirigée ordinairement du Nord au Sud La race nègre a toujours été poussée devant ces conquérants du monde, et les Peaux-Rouges diminuent en nombre si constamment, qu'il est probable que dans quelques siècles d'ici il n'existera plus une goutte de leur propre sang. .

i . Ou plutôt du Nord-Est au SudOuest, avec une tendance plus manifeste encore vers l'Ouest, c. f.

a Dans la population du monde, le grand but est clairement de produire les corps organisés les mieux doués pour jouir de la vie intellectuelle, et d'élever sans cesse l'homme au-dessus de l'état animal. Or, pour perpétuer les avantages de la civilisation, les races les plus capables d'en prolitcr sont protégées par ces lois naturelles, s'étendent, et aucune amélioration faite par un individu ne peut être perdue pour la société

« Des formes vivantes se perpétuent dans la série des âges, et la quantité de la vie apparemment s'augmente. La population actuelle du globe se trouve beaucoup plus considérable qu'elle n'étàit pendant les siècles passés; et si la quantité de vie augmente, la quantité du bonheur, et surtout de celui qui résulte de l'exercice de l'intelligence, augmente aussi dans une proportion plus élevée encore.

« Tu vas me dire : « Est-ce que l'esprit s'engendre? est-ce que le pouvoir intellectuel est

1. On voit avec quelle sagacité Sir Humphry Davy a devancé son époque dans cette vision. Aurait-on pu annoncer en termes plus explicites les travaux de Geoffroy Saint-Hilaire, et mieux enseigner la théorie de l'élection " naturelle, préconisée aujourd'hui par Darwin et les principaux physiologistes de la Grande-Bretagne ? ç. F.

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