‹ Les derniers jours d'un philosophe entretiens sur la nature, les sciences, les métamorphoses de la terre et du ciel, l'humanité, l'âme et la vie éternelle Humpry DavyChapitre 45 sur 145 · LE PROGRÈS PHYSIQUE ET INTELLECTUEL · texte numérisé non relu

LE PROGRÈS PHYSIQUE ET INTELLECTUEL

son ambition, tel qu'un Àlaric ou un Attila, qui amène ses légions de barbares dans le seul but de pillage, n'est qu un instrument servant à exécuter un dessein qu'il ignore complètement; il conduit une race forte pour en améliorer une faible ; les terres qu'il laisse désertes dans sa marche deviennent bientôt des champs cultivés, une population robuste et saine succède bientôt à la première. Le résultat de ces événements dans le monde politique et moral peut se comparer avec celui qui se produit dans le monde végétal, lorsque le vent équinoxial printanier jette le pollen d'une Heur sur le pistil d'une autre, au moment où la graine se forme ; le vent ignorant produit ici le croisement des plantes et leur perfection. Chez Thomme, les causes morales et physiques se modifient les unes par les autres ; la transmission des qualités héréditaires aux descendants est un trait distinctif du monde animal, qui se montre très-ciairement dans le cas des principes morbides . C'est aussi un fait général que les habitudes et les moyens intellectuels gagnés par la culture sont transmis à la génération suivante, où ils prennent souvent une forme plus élevée, ce qui

est parfaitement prouvé par l'histoire de certaines

familles humaines. La souche caucasique n tou-

jours conservé sa supériorité, tandis que le nègre, ou la race camuse, se fait toujours, remarquer par un manque d'intelligence et d'aptitude artistique. En effet, cette dernière race n'a jamais été cultivée, et il lui faudra au moins un progrès de cent générations pour la mettre dans le même état où était la race caucasienne du temps de la formation de la république grecque. L'amélioration des races par la transmission des qualités héréditaires n'était pas restée inaperçue des législateurs anciens.

« La loi de Moïse prescrivit aux Israélites de conserver la pureté de leur sang, et il n'y avait pas pour eux de plus grand crime que de s'allier avec les nations idolâtres de leur voisinage. Sur le même principe, lesBramines de l'IIindoustan ont établi la loi de « caste, » qui rend héréditaires certains États. Dans ce pays chaud, où tout travail est accablant, on pourrait vraiment croire qu'il est nécessaire, pour arriver à une perfection dans quelque œuvre que ce soit, de recevoir en naissant une puissance spéciale par la succession héréditaire.

« Peut-être es-tu porté à croire, au premier qJ)ord, que ce mélange des races s'oppose au principe du perfectionnement; mais, réfléchis un ins-

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