‹ Les derniers jours de Henri HeineChapitre 4 sur 5 · LA FLEUR DE LA PASSION · texte numérisé non relu

LA FLEUR DE LA PASSION

« Mon rêve s'encadrait dans des demiténèbres. Une nuit d'été. De pâles débris, restes mutilés d'une magnificence éteinte, des fragments d'architecture, ruines du temps de la Renaissance, reposent épars sous la flottante clarté de la lune.

» Çà et là, une colonne coiffée de son classique chapiteau d'ordre dorique surgit parmi les décombres. Audacieusement levée vers le ciel, elle semble défier ses foudres.

» Ailleurs, des débris de portiques, de toits pointus dont les angles, laborieusement

fouillés, sont poiu'viis de sculplures représentant les créatures intermédiaires entre la bête et l'homme ; des gargouilles, des sphinx, des centaures, des satyres, des chimères; bref, toutes les bizarreries du monde de la Fable, gisent dispersés sur le sol.

)) Pareillement, plus d'une figure de femme taillée en pierre repose dans l'herbe, pâle nudité disparaissant à demi sous un réseau de végétations incultes. Le temps, cette syphilis incurable, a rongé le bout de leur noble nez, le nez classique des déesses et des nymphes.

» Cependant un sarcophage en marbre, seul monument intact parmi cet amoncellement de débris, domine les ruines, et dans ce sarcophage repose, préservé comme lui de l'atteinte de la destruction, un mort d'une pliysionomie douce et souffrante.

» Des cariatides au cou tendu soutiennent le monument, et les bas-reliefs du pour-

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