‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 106 sur 147 · BelLJud.,\l, IV · texte numérisé non relu

BelLJud.,\l, IV

étaient frappés à œups d'épée, avant d'avoir eu le temps de se couvrir de leurs boucliers. Parfois enfin les assiégés renversaient des échelles couvertes de soldats en armes, en les faisant glisser latéralement; mais ils ne perdaient pas pour cela moins de monde de leur côté. Les porte-étendards combattaient pour sauver leurs enseignes, parce qu'ils ne voulaient pas qu'on les leur enlevât, ce qui, pour eux, eût été un véritable déshonneur. A la fin, cependant, les Juifs restèrent maîtres des étendards, et passèrent au fil de l'épée ceux qui avaient réussi à escalader la muraille. Tout le reste des soldats, redoutant le même sort, se retira. Parmi les Romains, pas un seul ne tomba sans gloire. Parmi les séditieux, tous ceux qui s'étaient distingués dans les rencontres précédentes ne se signalèrent pas moins dans celle-ci, et il faut mentionner avec eux Eléazar, neveu de Simon fils de Gioras.

Titus, voyant qu'il ne pouvait épargner les sanctuaires des Juifs, qu'au détriment de son armée et qu'en sacrifiant la vie de ses soldats, prit enfin le parti de faire mettre le feu pardessous les portes * . '

A ce moment, deux hommes importants passèrent aux Romains. C'étaient Ananus d'Emmaiis*, le plus sanguinaire des gardes particuliers de Simon, et Archélaûs, fils de Magadate ; tous deux comptaient sur leur grâce, parce qu'ils désertaient la cause des Juifs, au moment même où ceux-ci venaient d'être vainqueurs. Titus ne fut pas leur dupe ; il leur reprocha leur duplicité, et sachant tous leurs crimes envers leurs compatriotes, il se montra disposé à les condamner à mort. « C'est « la nécessité, leur dit-il, et non votre volonté qui vous a jetés

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