BelL Jud., Vf, VI
lementer avec Titus. Celui-ci qui était naturellement plein de bonté, et qui d'ailleurs avait la plus grande envie de sauver ce qui restait de la ville, consentit à les écouter, à la prière de ses amis qui d ailleurs supposaient les assiégés désormais plus traitables ; il se rendit donc pour cela sur la partie occidentale du hiéron extérieur. Là se trouvaient des portes placées au-dessus du Xystus, et un pont reliant la ville haute au hiéron. Ce pont seul séparait Titus des chefs juifs. Des deux côtés se pressait une foule épaisse : autour de Jean et de Simon, les Juifs tenus en suspens par Tespoir du pardon; autour de Titus, les Romains impatients de voir comment il traiterait ces malheureux. Titus alors, après avoir ordonné à ses soldats de réprimer tout mouvement de colère, et de s'abstenh' de lancer aucun trait à Tennemi, fit approcher un interprète et prit le premier la parole, ainsi que sa victoire lui en donnait le droit*.
Si le pont dont il est question dans le passage que nous venons de lire n'existe plus en entier, il a du moins laissé des vestiges tels, qu'il n'est pas permis de se méprendre sur sa véritable position. Plusieurs fois déjà j'ai trouvé l'occasion de parler de la magnifique arche de pont dont on aperçoit la naissance un peu en amère de l'angle sud-ouest du Haramech-Chérif et qui partait du portique occidental pour passer au-dessus du Tyropœon et du Xystus, afin de relier, ainsi que le dit fort nettement Josèphe , le hiéron à la ville haute. C'est donc encore là un point de la topographie de Jérusalem définitivement fixé.
Josèphe nous a conservé le discours prononcé par Titus en cette circonstance, et, tout en le supposant quelque peu arrangé après coup, nous ne pouvons mieux faire que de le