‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 143 sur 147 · Bell. Jud., V, v · texte numérisé non relu

Bell. Jud., V, v

t. C'est évidemmeul la roche Tarpéienne que Josèphe désigne ainsi.^

C'est ainsi que la ville de Rome célébra, en ce jour solennel, la victoire remportée sur ses ennemis, la fin des troubles civils, et ses espérances de bonheur avenir*.

Après son triomphe, Vespasien résolut d'élever un temple à la Paix ; il fut promptement terminé, et plus beau qu'on ne l'avait généralement supposé. Des sommes énormes furent employées à sa construction. I^s objets les plus précieux des temps anciens y furent déposés, et il fut orné des peintures et des statues les plus précieuses et les plus belles. Ce temple renfermait toutes les merveilles que les hommes studieux allaient chercher dans l'univers entier. Là furent également déposés les vases et les uieubles d'or qui provenaient du temple des Juifs, et dont l'empereur était très-fier. Quant au livre de la loi et au voile de pourpre du tabernacle, Vespasien donna l'ordre de les conserver dans le palais impérial*.

On le voit, la pompe triomphale, chez les Romains, avait un caractère assez étrange et qui, chez nous, prêterait peutêtre à rire. Il y a loin de là, en effet, au luxe plus intelligent de nos pompes triomphales françaises. Car ce luxe est tout entier dans les habits déchirés, dans les drapeaux que les balles ennemies ont mis en lambeaux, dans les nobles cicatrices, dans les mutilations de ces nobles figures que la poudre a noircies ; franchement, l'avantage n'est pas aux Romains.

Et puis, que dire de cette scène odieuse, que chez nous un cri d'horreur sortant de toutes les poitrines accueillerait soudain, tandis que chez les Romains elle n'excitait que des transports d'allégresse! Voilà un homme qui n'est coupable que d'avoir déployé un patriotisme et une bravoure à toute épreuve, un homme qui a joué le plus grand rôle dans une guerre de géants, où, jusqu'à la dernière heure, il n'a épargné ni son

\. Bell. Jud., VII, V, 6.

Page 1