‹ Les derniers jours de JérusalemChapitre 70 sur 147 · Bell. Jttd., V, XI · texte numérisé non relu

Bell. Jttd., V, XI

honorable que facile à justifier. De tous les rois qui s'étaient soumis aux Romains, le plus heureux fut longtemps le roi de la Commagène; mais le destin voulut que plus tard le vent de la fortune cessât de souffler pour lui, et dans sa vieillesse il apprit, par une cruelle expérience, que jusqu'à l'heure de la mort , il n'est pas permis de dire d'un homme que sa vie a été prospère. Son fils était l'Antiochus Epiphane que j'ai nommé tout à l'heure, et au moment où il était présent au camp de Titus, son père était encore au comble de la puissance. Le jeune guerrier dit tout haut qu'il ne comprenait pas que les Romains hésitassent un instant à monter à l'assaut. De sa personne il était excellent homme de guerre, audacieux, assez robuste pour être excusable de tout oser. Titus sourit en entendant cette bravade et se contenta de dire : « C'est effectivement une affaire toute simple. » Antiochus alors, impétueux comme il l'était, s'élança avec ses Macédoniens et courut à la muraille. On devine comment ils furent accueillis. Grâce à son habileté et à son sang-froid, Antiochus évitait les javelots des Juifs, en leur envoyant les siens; mais presque tous ses jeunes compagnons furent atteints en un clin d'œil. L'amour-propre ne leur permettait pas de reculer, et ils ne se décidèrent à la retraite que lorsqu'ils furent presque tous blessés ; ils durent penser alors que même en faveur de vrais Macédoniens, la victoire, pour se décider, avait besoin de la fortune d'un Alexandre \ Si Titus, ainsi que sa réponse à la forfanterie d'Épiphane le fait naturellement supposer, voulait, en le laissant faire , donner une leçon de prudence à ce jeune prince , il faut avouer qu'elle fut complète ; il est fort probable que les Macédoniens, en pansant leurs blessures, auront compris et se seront dit plus d'une fois que la tactique romaine

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