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:m LES DERNIERS JOURS
difficile; ce n'eût été qu'un vrai passage de fossé, tenté h l'aide d'une accumulation de gros bois et de fascines, et pour arriver au pied du portique nord du hiéron, sans inquiéter grandement Antonia qui, au contraire, était le point essentiel à battre et à enlever, puisque Titus avait depuis longtemps reconnu que pour s'emparer du hiéron il fallait préalablement prendre Ântonia, puis la détruire ou l'occuper, il ne me paraît donc pas trop possible d'admettre que l'expression de Josèphe : xarà (xidov tyIç STpouOiou >ca\ou[iivY)ç >co>.\i{Â.67(Opocç , soit juste. Et cela avec d'autant plus de raison que cet agger était dirigé contre Antonia (eicl rnv Âvrcoviov). Ah! s'il nous eût dit que cet agger devait traverser la grande coupure qui séparait le roc d' Antonia de la colline de Bezetha, à la bonne heure ; il n'y avait pas moyen de faire autrement. Serait-ce .par hasard que ce fossé communiquait avec la piscine Strouthion, si bien que ces deux excavations formaient un ensemble auquel notre historien n'aura appliqué qu'un seul et même nom? C'est fort possible.
Quoi qu'il en soit, pour attaquer Antonia, il fallait marcher sur un de ses saillants ; au milieu du Strouthion , on en était bien loin. Je suis donc porté à croire que ce premier agger était destiné à battre la face orientale d' Antonia, le saillant nord-est ayant été choisi pour point d'attaque, et que le second, celui de la douzième légion, était dirigé contre la face nord de ce même saillant. En ce cas, le premier de ces deux aggeres devait être construit à travers l'extrémité occidentale de la piscine Strouthion, qu'il fallait nécessairement (*X)mbler en ce point. Est-ce là ce qui a été fait? Le bon sens le dit; mais j'avoue franchement que le texte de Josèphe ne le dit pas du tout. Notons de plus que la longueur de la piscine Strouthion est de 75 mètres; son axe mitoyen est donc à 37'", 50 de son extrémité occidentale. Donnons, si nous vou-
Ions, une largeur de 10 mètres à Ta^^erdela cinquième légion^ il restera toujours 25 à 30 mètres de distance entre le flanc droit de cet agger et la face orientale du roc d'Antonia. Or Vagger de la douzième légion n*étant qu'à 10", 50 environ du premier, celui-là aurait encore été dirigé contre le portique nord du hiéron, et l'attaque prétendue d'Ântonia aurait atteint tout autre chose qu'Antonia. Il y a donc là une impossibilité absolue, et je me vois, par suite de ce calcul bien simple, plus (jue jamais forcé d'admettre que c'est le saillant nord-est d'Antonia qui a été attaqué par l'extrémité du Strouthion, sur la face orientale, et par l'extrémité orientale de la face nord. De la sorte, la faible distance des deux aggeres esl non-seulement explicable, mais encore forcée.
Maintenant, occupons-nous des autres, c'est-à-dire de ceux qui furent dirigés contre l'enceinte primitive de la ville haute. En s'emparant de la seconde muraille, Titus n'en avait plus devant lui qu'une seule à emporter. Il était donc maître de tous les quartiers qui s'étendaient jusqu'au Tyropœon, c'est-à-dire que les remparts qu'il avait à attaquer se dirigeaient presque en ligne drojte, depuis l'emplacement actuel du Qalaah, ou château des Pisans, jusqu'à la muraille occidentale du hiéron (Heitel-Morharby) , au point où est situé le Mekemeh. Donc il avait derrière lui la piscine d'Ézéchias, qui n'est que l'Amygdalon. Son point d'attaque devait être à très-peu près entre la tour de David (tour Phasaël) , et l'emplacement actuel de l'hospice Prussien.
Dès lors, il devient probable que des deux aggeres construits sur ce point, celui de la dixième légion était en avant et un peu à l'ouest de l'Amygdalon, et celui de la* quinzième légion à l'ouest du premier, et à une distance de 15 à 16 mètres seulement. Pour préciser la position de ce second agger, Josèphe se sert de l'expression : xmtx to tou kfyufita^ (avti-
(teTov* : il est donc de toute évidence que le mot xarà signifie ici « du côté de » et rien de plus. Tout ce que nous avons dit de la situation probable de ce tombeau subsiste donc, et, avec le sens que nous adoptons forcément, il n'y a rien que d'exact dans le récit de Josèphe.
Maintenant que nous sommes fixés sur l'emplacement probable des derniers ag gères ^ dont les traces ont dû nécessairement disparaître dans l'intérieur d'une ville où , depuis tant de siècles, des habitations se sont successivement bâties et superposées, continuons à raconter les événements.
Déjà les machines de siège avaient été mises en batterie sur les ag gères dressés contre Antonia, lorsqu'une véritable catastrophe vint prouver aux Romains que les défenseurs de la place, qui étaient au moins aussi braves qu'eux, étaient à coup sûr plus rusés. Pendant que les soldats de Titus élevaient péniblement leurs aggeres^ Jean faisait miner tout l'intervalle qui les séparait d' Antonia.
Des galeries étaient creusées, étançonnées de poutres munies de chapeaux (droupoiç) , et tout le vide en était rempli de menu bois enduit de poix et de bitume. Au moment opportun le feu fut mis à ces matières si éminemment combustibles, et quand les étançons furent brûlés, une immense fosse s'ouvrit partout devant les aggeres qui s'y écroulèrent avec fracas.
Au premier moment, le feu fut comme étouffé par la chute de tant de matériaux, et il ne s'éleva qu'un nuage de poussière et de fumée ; mais aussitôt que le feu eut atteint ces matériaux, les flammes firent éruption. Les Romains, consternés, commencèrent à perdre courage , en voyant les effets du stratagème qui avait si bien réussi. Lorsqu'ils