DATX
MACiDOlflBNNBS.
DB L'àRB CHRiTIBNMB. ÉviNEMBNTt DU JOUB.
Artomisius. • •,
^ Les travaux des ago^€$ sont poussés
sans interruption.
Tous les aggeres sont terminés.
Malheureusement, ce tableau une fois constmit, il se présente un nouvel embarras. Je n'y trouve pas en effet de place, avant le 17 d' Artemisius (10 avril) , pour les quatre jours de revue et de distribution qui ont nécessairement précédé cette journée. Il n'y a qu'un seul moyen de les intercaler, c'est d'admettre que cette revue eut lieu immédiatement après la prise de la première enceinte, c'est-à-dire du 8 au 11 inclus d'Ârtemisius (l**^ au 4 avril) . Les travaux du siège n*auraient alors commencé réellement que le 12 d'Artemisius, et ce jourlà même la deuxième muraille aurait été prise et reperdue.
Avec cette explication , ce serait bien le 12 d'Artemisius (5 avril), ainsi que l'affirme Josèphe, que les agrgrerc^ auraient été commencés. De plus, il faudrait placer à cette date la ruse du magicien Castor qui se trouvait dans la tour attaquée à coups de bélier, et vers laquelle la première brèche fut ouverte.
Tout bien considéré, c'est là l'ordre chronologique que j'adopte, parce que, d'abord, il est le seul possible et qu'il parait assez vraisemblable, d'ailleurs, qu'après la prise de la première enceinte , Titus ait ordonné et la revue et les distributions qui devenaient ainsi une sorte de repos et en même
temps de fête militaire fort bien à sa place, après un succès tel que la prise de la première enceinte. Il faut donc modifier le tableau qui précède en y insérant le fragment suivant au lieu de c«lui qui remplissait les mêmes dates.
DATBS DATES
UAC^DONIEMMBS. DR l'ÂRI CHRÉTIENNE. l^VÉNBMBNTS DU JOUR.
Artemisiud. . .
Mars...,
Prise de la première enceinte.
Revue de l'armée victorieuse.
Distribution de la solde et des vivres.
Attaque générale. — Les aggeres d'Antouia sont continués. — La seconde muraille est battue en brèche. — La muraille est forcée et reperdue.
Tout le reste comme ci-dessus.
On voit qu'il n'est pas toujours facile de faire concorder les dires d*un témoin , même oculaire comme Josèphe. Cela tient à ce que celui-ci, écrivant à Rome plusieurs années peutêtre après les événements qu'il avait à raconter, a pu facilement commettre quelque confusion dans les dates, sinon dans ses souvenirs des faits accomplis. De là tous les tâtonnements qui précèdent et que je ne saurais regretter.
Nous sommes en mesure maintenant de poursuivre notre récit qui semble jusqu'ici coordonné d'une manière satisfaisante, quant aux dates.
Nous avons dit tout à l'heure que les aggeres de Titus avaient été terminés le 29 d'Artemisius (22 avril). Voyons à préciser, mieux encore que nous ne l'avons fait jusqu'à présent, le nombre et l'emplacement de ces grands ouvrages. Ils étaient au nombre de quatre et d'énormes dimensions. L'un d'eux, dirigé contre Antonia, avait été construit par la cinquième légion, dans le voisinage de la partie moyenne de la
piscine qu'on nommait Strouthion (c'est le nom de la plante appelée vulgairement » herbe à foulon, » et en botanique Dtpsacus); à une distance d'environ 20 coudées (10", 50), la douzième légion avait élevé le sien. La dixième légion était occupée, fort loin de cette première attaque, à construire son agger contre la face nord du mur antique, dans le voisinage de la piscine nommée Amygdalon (l'Amande). En6n la quinzième légion établissait le sien à environ 30 coudées (15™, 75) , plus loin, du côté du monument du Grand-Prêtre ^ II est aujourd'hui facile de nous rendre compte des différentes positions de ces aggeres^ dont la construction fut ordonnée à l'armée assiégeante. La piscine Strouthion existe encore de nos jours, mais elle est recouverte d'édifices modernes, ce qui n'empêche pas que des puits en service permettent d'y puiser de l'eau en abondance, pour les usages de la caserne voisine et de beaucoup d'établissements du mêmecjuartier. Elle semble occuper tout l'espace qui, au sud de la Voie Douloureuse, se trouve compris entre l'escarpement à pic du roc qui servit d'assiette à Antonia et la ruelle qui, de la Voie Douloureuse, conduit à la porte du Haram-ech-Chérif, nommée Bal-el-Hotta. Le Strouthion était relié à la Probatique (aujourd'hui Birket-Israïl) par deux canaux voûtés qui existent toujours, à moitié encombrés, mais dans lesquels je n'ai pas essayé de m'aventurer. En d'autres termes, la piscine Strouthion occupait toute la partie médiane de la face septentrionale du hiéron. Faire un agger au beau milieu du Strouthion, comme le dit Josèphe, c'était, il faut l'avouer, choisir une assez mauvaise position, car on se plaçait ainsi bénévolement dans une sorte de rentrant, avec l'ennemi en tête et en flanc. D'un autre côté, bâtir un agger dans l'eau paraît bien