G. DU BOSCQ DE BEAUMONT
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M, DE SURLAVILLE, — SA NAISSANCE, -— SA CARRIÈRE MILITAIRE, —— SES RAPPORTS AVEC LE DUC DE CHOISEUL, — SA MORT. — SES PAPIERS, -— L'ACADIE DEPUIS LE TRAITÉ D'UTRECHT, — L'ILE ROYALE, —— FONDATION DE LOUISBOURG, — PRISE DE CETTE VILLE PAR LES ANGLAIS EN 1745: -— LE TRAITÉ D'AIX LA CHAPELLE NOUS LA REND EN 1748. -— FRONTIÈRES LITIGIEUSES ENTRE LES DEUX NATIONS, -— ETAT DE LA COLONIF.
Une petite malle de forme étrange, décrépite, vêtue d'un cuir à moitié chauve, « cantine » probable de l'autre siècle, épave, peut-être, qui, du haut d'un mulet, vit, à Fontenoy, charger la Maison Rouge, ou s'embourba, après Rosbach, dans les chemins de Saxe, avec les équipages, tel est, à proprement parler, le « porte-feuille » d'où sont sortis, non pas seulement ces lettres, mais les papiers d'un homme de guerre qui, pendant près de soixante ans, prit une part active à tous les évènements de son époque, et contribua encore, dans une certaine mesure, à préparer l'avenir,
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Michel Le Courtois, qui sillustra sous le nom de Surlaville, naquit à Bayeux, en Basse-Normandie, le 17 Juillet 1714. Fils d'un avocat, sa naissance semblait Île destiner à la robe qu'avaient portée la plupart des membres de sa famille, mais peut-être sa mère, Charlotte de Blais, qui appartenait à une des plus anciennes maisons de la Province, réva-t-elle pour lui de plus brillantes destinées, Quoi qu'il en ait été de ses débuts, le futur lieutenant général avait fait des études complètes, ses manuscrits en témoignent, et ce bagage littéraire, peu commun chez un officier de son temps, dut lui assurer un avantage marqué sur ses camarades, mieux nés que lui, A l'exemple de Chevert et de quelques autres dont le mérite brisa le cadre étroit des hiérarchies sociales, ce fils de bourgeois ne pouvait être, malgré l'extraction de sa mère, qu'un officier de fortune, mais l'avancement que lui refusait sa naissance, il le dut, lui, à sa vive intelligence et à une grande force de travail servie par cette solide instruction première que les familles de robe donnaient à leurs enfants.
Ces qualités n'auraient cependant pas suffi à faire sortir M. de Surlaville des grades subalternes auxquels il semblait voué, sans des amitiés puissantes qu'il sut acquérir et conserver pendant tout le cours de sa carrière qui, dès lors, devint rapide. Sous-lieutenant au régiment de Foix en 1734, capitaine dans /a Couronne en 1745, il reçoit la croix de Saint-Louis pour sa belle conduite à Ja bataille de Fontenoy. Promu colonel au corps des Grenadiers de France en 1751, il esi envoyé à l'Ile Royale, avec le titre de major des troupes de la Marine, qui s'étaient révoltées
l'année d'avant, avec mission de les discipliner, et exercer pendant trois ans. Il fut en outre chargé de faire, pendant l'été, des reconnaissances sur les côtes de cette île, et sur
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celles de l'Acadie, pour en désigner les points susceptibles de défense en vue de la guerre qui semblait devoir étre prochaine avec les Anglais. C'est de ce séjour que datent les rapports et correspondances qui font l'objet de cet ouvrage.
Nommé successivement, à son retottr, major général de l'armée du Bas-Rhin (1754), inspecteur général des gardes côtes de Provence, Languedoc et Roussillon (1760), il est fait brigadier le 21 février 1761, et maréchal de camp Île 25 juillet de l'année suivante, grade qui lui conférait de droit la noblesse héréditaire. Il avait alors quarante-huit ans, et les plus grandes espérances, confirmées par les commandements du Havieet de la province de Boulonnois, lui étaient permises, quand la disgrâce du duc de Choiseul, son protecteur et presque son ami, vint brusquement arréter cet essor, et ce ne fut qu'en 1781, à soixante-sept ans, au seuil de la vieillesse, que le grade suprême de lieutenant général lui fu* enfin donné,
Cette carrière brillante, et qui l'eût été davantage sans la chute du grand ministre, n'a rien, malgré les préjugés du temps, qui puisse étonner: Employé presque toute sa vie dans les services d'état-major, M. de Surlaville était une utilité, utilité d'autant plus rare et appréciée, que les cadres supérieurs de l'armée d'alors étaient presque uniquement composés de grands seigneurs, braves toujours, intelligents parfois, mais peu enclins à s'attarder aux infinis détails d'une administration compliquée. C'est pourquoi un esprit délié, méthodique, travailleur et armé d'une solide instruction première, trouvait sa place , et l'obscurité de son origine, loin de lui nuire, était parfois un motif de plus pour un ministre de se l'attacher, les gens de naissance étant plus exigeants sur le chapitre des récompenses, et plus difficiles à écarter quand ils ont cessé
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