BOURG
Parvenu au terme de son commandement, le comte de Raymond s'embarque pour la France avec M. de Surlaville, en octobre 1753, après avoir confié l'intérim du gou-
vernement à M. d'Aillebout, lieutenant de Roi de la | colonie. Intermittente jusqu'à ce jour et limitée aux inci- (
(1) Les nouvelles du Canada seront, dans les sommaires, imprimées en italiques.
dents de frontière, la correspondance va, maintenant, s'établir régulierement entre M. de Surlaville et les nombreux amis qu'il a su se faire pendant son séjour, amis qui ne manqueront point une occasion de le tenir au courant des événements tragiques qui vont se précipiter, tant en Acadie, qu'à l'Ile Royale et au Canada,
LE CHEVALIER DE LA HOUSSAYE À M, DE SURLA VILLE A Louisbourg, ce 7 novembre 1753.
Ce n'étoit pas sans raison que je craignois votre départ avant mon arrivée: le séjour outre l'ordinaire de la goëlette à l'Isle Saint-Jean, acheva de me persuader de ce malheur, La bonté que vous avez eue de m'en marquer votre peine, Monsieur, me prouve, et votre bienveillance, et que je puis compter sur vos suffrages , ce qui diminue mon chagrin...
Depuis vos départs, ce gouvernement ou apparence de commandement, ne peut estre mieux comparé qu'à celuy de Sancho Pança ou à celuy des Mandarins ; tous les parens et parentes, de différents états et métiers, de notre chef, sont plus importuns par leur gasouillement que toutes les grenouilles de l'Europe réunies ensemble ; l'on fait redescendre les capitaines françois à leur premier état, l'on informe pour faire dire aux habitans de l'Espagnolle ou Indienne, que la terre où ils sont ne vaut rien, et qu'ils ont été forcés de dire, par décence et respect, qu'elle étoit bonne. MM. Seguin (1) et Dangeac (2) ont été députés les commissaires, pour cette affaire, huit jours après vos départs. MM. Prévôt, d'Aillebout et plusieurs capitaines , naturels d'icy et parents des deux, ont été examiner Rouillé et, ce
(1) Contrôleur de la Marine.
(2) Capitaine aux troupes de l'Ile Royale.
ga
dit-on, par ordre de la Cour, avec la restriction que ce seroit après vos départs. Votre inepte successeur, quoiqu'in partibus, encore gonflé des vents coulies qui pénètrent les antichambres de la Cour et du bureau de la Marine, ne parle jamais que de princes, ducs, maréchaux de France, et que de son mérite pour commander icy en chef, Devant estre plus connoisseur de ce terrain sur lequel il est né, qu'aucun Européen, jugez de l'agrément que nous ivons à espérer icy jusqu'à la décision de la Cour.
Pour le tres inepte du Haget (1), il n'a pu mourir de sa commission de major de la Place, n'ayant point d'âme à rendre, mais elle lui sert à merveille pour rassasier son avidité; tout luy est dû, Monsieur, et il prend partout dindes, volailles, chez les marchands, meubles et ce qu'il désire, au prix qu'il fixe, et il comprime leurs plaintes, se disant homme à service, en qualité de major de Place et, en sus, gendre de M. d'Aillebout, commandant...
Passons, Monsieur, à quelque chose de plus sérieux.
Le sieur Falaise (2), frère digne de M, de Ganne, divulgua l'affaire affreuse que le sieur Langis suggéra au sieur du Caubet en septembre 1752, après notre départ de l'Acadie. Le sieur Langis, subordonné à M, du Caubet, à Beauséjour, où étoit le reste du détachement de Louisbourg, que je n'avois point à Gasparaud, ne voulut jamais se soubmettre, quoique inférieur à du Caubet, de luy paroitre subordonné; j'eus occasion de luy écrire, voulant finir le tissu de contestation, Le sieur Langis, sans éducation , lumières, ni subordination, me fit réponse qu'il n'avoit besoin et ne voulait même, ni de mes ordres, ni
(1) Capitaine aux troupes de l'Ile Royale,
(2) De Gannes de Falaise, lieutenant d'une compagnie du Canada en garnison à Louisbourg,
di
conseils, Crainte d'estre tenté un jour de perdre ce forcené, je brusiay sa lettre. Quelques jours après, le sieur du Caubet, commandé par M. de Vassan, pour commander à Weskak, prévint le sieur Langis dans la salle de M, de Vassan, commandant de | Acadie, à l'heure du souper, vu qu'ils mangeoient tous ensemble, que, devant partir le lendemain par ordre, il auroit la bonté de se charger de plusieurs fusils et havresacs des déserteurs, à quoy ne luy répondit lesieur Langis que par un « Vate faire f.., » et luy jettant sa serviette au visage et un pot à bière. Voilà ce que j'avois promis de vous cacher, n'étant point com mandant en chef, mais m'étant apperceu que M, de Vassan, parent de Langis, ne l'avoit pas envoyé à Louisbourg à l'instant, que pour mieux perdre du Caubet, et que M. d'Aillebout vouloit pallier aussi le même Langis, son allié du Canada, j'ay cru ne pouvoir m'empècher, sans blesser le bon ordre, vous faire ce succinct détail, ainsi qu'à M. le Comte, cette affaire devant vous regarder, Il n'est point surprenant que, dans ces colonies, l'on y voye s'y perpétuer de pareilles scènes par l'impunité de la Cour...
Pourrois-je vous engager à demander une enseigne pour le sieur Barolon, ancien cadet à l'aiguillette du Canada qui, depuis quatre ans, fait fonctions de garçon major à l'Acadie par une lettre de M. de La Jonquière, et lequel est oublié en qualité de François en Canada, et parce qu'il a plus d'acquis que les naturels de ce pais d'où il est absent et où il n'a point de parents. Tâchez, Monsieur, d'en faire un enseigne micissipien, vous l'obligerez, et le pais.
Ne doutant nullement que vous ne voyez M. le chevalier de Crenay, je vous supplie qu'en cas qu'il obtienne pour moy, à vos aides, ma lettre de passe pour le Micissipi, de demander les paquets de la Cour pour moy, s'il faut que
Aa NUE QU LE AN , baa it Ÿ s " } ) 1 a LPS UMR EU OC EN PACA APPANEU DOS: AR EN BAC ARPAUES VA ROME F4 54 th lu, +172 V4 Lo (UNE CIRE CL LA PRCONARTOPE VTEE VI AURPMERT D ALU "RE 27 0 AUTARER PATENT Etes | PDA NE PA AMEL HAUTE COUR AO PTN RE
di
je passe en France pour m'y rendre. Quinze cents lieues
répareront ce que je n'ay pu taire avec probité à l'Acadie,