LE CHEVALIER POILVILLAIN DE LA HOUSSAYE (1) A M, DE SURLA VILLE
À Beauséjour, ce 8 octobre 1751.
Après cinq jours de navigation, je me suis rendu à la Baye Verte où j'ay trouvé un officier de la compagrie de M. d'Orfontaine qui y commandoit. Cet oflicier, nommé M, de Serre (2), m'apprit une augmentation de déserteurs desquels vous verrez le nom dans le rôle que j'ay l'honneur de vous envoyer. Un jour avant mon arrivée, M. de Vassan, ancien capitaine du Canada, s'y étoit rendu pour commander ce Beauséjour où nous nous sommes rendus ensemble. Deux jours après, Messieurs les Anglois, nos voisins, très accoutumés aux écritures avec
(1) Capitaine dans les troupes de l'Ile Royale; avait servi à la Louisiane ; Normand, des environs d'Avranches, (+) Ancien lieutenant de milice dans le bataillon de Troyes, enseigne en
pied dans les troupes de l'Ile Royale.
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M. Dumas (1), demandèrent à parler, .e nouveau com- | mandant s'y transporta, je l'accompagnai: je vis dans leur entretien qu'il ne s'agissoit que de la curiosité et d'inquiétude, desquelles vous êtes (en) partie l'auteur, en
ce que vous avez été à Chilouctou. Vous y avez été sans
peine dévelopé ’s#) pour homme de guerre et expéri-
menté; vous leur avez annoncé M, de Raymond, notre gouverneur, jugez ce qu'ils en ont pensé par conséquent. Ils nous firent à votre sujet beaucoup de questions sur ce qu'on leur avoit écrit de Chibouctou. Nous n'eûmes pas de peine à répondre ni à augmenter par conséquent leurs soucis: — Un nouVeau major vient discipliner les troupes à Louisbourg; l'on veut donc la guerre ? Cela fut répété souvent, Je croy que, dorénavant, les entrevues fréquentes pouroient tirer à conséquence et authoriser des déser- | tions, J'en ay dit là dessus mon sentiment... Nos fortilications vont très lentement et nos munitions de guerre ne sont guère abondantes et encore moins celles de bouche, desquelles nous manquerons avant may, si nous n'avons d'autres secours, Les Anglois, au contraire, paroissent très fortifiés et augmenter journellement ...
DU MÊME, Du 20 février 1752.
J'ay eu l'honneur de vous marquer que le départ de M. Dumas m'avoit procuré le commandement du fort de Gasparod situé au bord de la Baye Verte où attèrent tous les bâtiments qui apportent les provisions pour tous les à l'Acadie. Il est constant que le défaut des bâtiments pour loger des
établissements que nous avons
(1) Capitaine dans les troupes du Canada,