PIERRE ROGER ET C% ÉDITEURS
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Préface
Napoléon prescrivait à ses officiers d'ordonnance : « Lorsque, La nuit, vous parvient une bonne nouvelle, respectez mon sommeil : mais si c'en est une mauvaise, réveillez-moi sur V heure; car il suffit -parfois d'un instant perdu pour qu'ur échec se change en désastre. »
Combien nous nous écartons de ces principes vis-à-vis de F Allemagne, refusant obstinément de nous réveiller aux « Prenez garde ! » que nous jettent des voix averties !
Nous ne la voulons pas connaître telle qu'elle est, et nous nous Vimaginons telle que nous voudrions qu'elle fût. Rien ne peut nous arracher cette illusion, sans réfléchir que l'illusion est la plus dangereuse des fantaisies où l'homme se puisse abandonner. Fille de l'ignorance, elle n'engendre que la ruine, et la France s'expose à payer peut-être de son existence le plaisir funeste d'avoir fermé les yeux à la vérité.
Une certaine Presse est la première coupable. Les gazetiers ne sont-ils pas les courtisans d'un souverain ombrageux et boudeur, le peuple, qu'il est plus profitable de flatter que d'instruire !
Ajoutons-y un autre motif, fort bien mis en évidence dans une publication rédigée à Berlin, en langue fran-