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LA KÉTALLUKOtl »i>7

lurgiques présentent donc une par-

ticu D ftte, celle d'être or^; en vue

de fabriquer des pièces métalliques destinées à des

îles dont ils sont les pourvoyeurs.

orisé aux visiteurs avec le même

>ressement qu'à regel.

deux frères Emst et Konrad von Borsig possèdent à Borsigwerk deux puits dont ils extraient 1600000 tonnes de houille, des fours à coke en grand nombre, puis des fonderies, forges et aciéries où ils occupent 8 000 ouvriers.

Les quatre hauts fourneaux produisent environ 200000 tonnes de fonte, qui sont converties pour la plupart en acier Martin-Siemens.

Les halls importants sont la tôlerie pour chaudières, garnie de beaux trains de laminoirs, celui des aciers soudés, également pour chaudières, des laminoirs pour fers sans soudure, et pièces mécaniques pour navires, machines et locomotives.

Les fours à acier coulé, capables de fondre à la fois 24 tonnes de métal, 100 tonnes en quatre heures, sont remarquables ; saisissantes aussi la fonderie d'acier pour locomotives, et les roues coulées d'un seul bloc. L'ébarbage des pièces se fait tantôt au marteau à air comprimé, tantôt, pour les saillies légères, au sable projeté. La plus grosse presse hydraulique a une puissance de 2 5oo tonnes.

Comme on le voit, rien dans cette usine n'atteint des proportions géantes; on s'est spécialisé dans la fabrication en masse de pièces de dimensions moyennes. C'est ainsi que le plus beau hall, celui des marteauxpilons, contient, sur une longueur de 25o mètres^ une

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rangée imposante d'une vingtaine de ces outils de 5 à 5o tonnes de puissance, — la plupart occupés à forger des bandages de roues.

Le travail des tôles occupe un atelier spacieux, où toutes sortes d'outils spéciaux usinent les pièces qui seront envoyées à Tegel. Un peu plus loin est le hall des presses à emboutir les tôles. J'y remarque particulièrement le matériel qui sert à onduler des viroles de chaudières jusqu'à 60 et 80 centimètres de diamètre.

Enfin un dernier hall est celui du montage des roues sur leurs essieux.

Cet exemple d'une usine, même de premier ordre, ne produisant qu'une catégorie limitée d'objets, n'est point isolé; il tend même à se généraliser de plus en plus.

La technique moderne impose à la fois la division du travail aux ateliers et la spécialisation professionnelle aux intelligences.

Thyssen

Modestes débuts. — L'usine de Muiheim-sur-Ruhr et ses agrandissements. — Les grandes forges et aciéries de Deutscber Kaiser. — Les charbonnages de Thyssen. — Son port d'Alsum. — Sa flotte fluviale. — Ses gisements et ses recherches de minerais sur ta Sarre, en Lorraine, en Normandie, dans le Caucase. — Sa fabrique de ciments. — Ses participations et ses contrôles. — La banque de Mulheim. — Sa personnalité.

Si on demandait quelle est la personnalité européenne qui se rapproche le plus des grands hommes d'affaires américains, il faudrait répondre : Thyssen. Nul, si ce n'est peut-être Ballin, n'a exercé, autant que lui, d'influence sur le développement économique de l'Allemagne. Aussi, malgré que la haute situation de Thyssen dans la métallurgie ne date que d'une vingtaine d'années, est-il grand favori dans la course au milliard ; d'aucuns prétendent même qu'il n'est pas loin du but.

M. Thyssen m'a fait le très grand honneur de me refuser autrefois la visite de ses magnifiques usines, me prenant apparemment pour quelque technicien de génie capable, en quelques heures, de surprendre les secrets de ses fabrications. Je l'ai raconté sans trop

rôô LA PRODUCTION

de mauvaise humeur dans l'Allemagne au travail et je me suis mis à dos tout le Stahlverband^ dont il est administrateur. On me l'a fait savoir dans une lettre que je conserve. Cruelle situation que d'avoir pour ennemis des hommes qui peuvent vous écraser sous dix millions de tonnes d'acier! Que n'a-t-il pris modèle, M. Thyssen, sur nos hommes politiques qui, même résolus à refuser, ne disent jamais non et conservent toujours le sourire !

Donc, ne pouvant décrire ses établissements, je dirai nonobstant quel homme est M. Thyssen.

Auguste Thyssen est né en 1842 à Eschwiller près d'Aix-la-Chapelle ; son père y possédait une petitetréfilerie, industrie assez rare en Allemagne à cette époque. Il reçut sa première instruction à l'école primaire de sa petite ville, puis fréquenta l'école municipale supérieure d'Aix-la-Chapelle, ensuite le Polytechnicum de Carlsruhe et enfm l'Ecole commerciale d'Anvers. Soldat au moment de la guerre austroprussienne de 1866, il entra, de suite après, comme associé dans une petite firme métallurgique, Thyssen et Fossoul, à Duisbourg, qui ne tarda pas à prospérer.

En i87i,ilfonda à Mulheim-sur-Ruhr (à 10 kilomètres à l'est de Duisbourg), une usine qui, sous la raison sociale : Thyssen et "C", devint la base de toutes ses entreprises. En cela, il fut aidé par son père, qui, tant qu'il vécut, ne cessa de le seconder, tout en lui laissant la plus entière liberté d'action.

Ces commencements étaient modestes : 70 ouvriers seulement travaillaient en 1871 aux forges et laminoirs

lâ Syndicat de l'a ci es à Dusseldoii. %

THY.vsK* l6l

de Mulheim ; plus tard on y «adjoignit la fabrication

LUX Soudés.

Après la mort de son père, Auguste Thyssen s'associa son jeune frère (1878). En 1881, on agrandit la forge d'un atelier de galvanisage au zinc ; en 1882, d'une nouvelle forge et d'une tôlerie.

En 1884, Thyssen et C18 acquièrent une fonderie et une fabrique de machines voisines de leur établissement.

C'était alors une période critique pour l'industrie métallurgique allemande, et pourtant Thyssen s'enrichissait et s'agrandissait sans relâche. Les accroissements successifs des usines de Mulheim empêchent aujourd'hui encore d'y reconnaître un plan d'ensemble uniforme. Mais déjà Thyssen prévoyait l'essor que devait prendre la sidérurgie dans son pays où son entreprise s'était dès lors placée dans les premiers rangs. Tous les procédés nouveaux, tous les perfectionnements y furent successivement appliqués à mesure qu'ils apparaissaient, laminoirs à grand travail, fours Martin-Siemens, procédés Thomas et Gilchrist, etc, etc. Jamais Thyssen n'a reculé devant une innovation reconnue utile.

Quarante ans se sont écoulés ; la fabrique de Mulheim est devenue gigantesque ; 7 000 ouvriers et 800 employés y travaillent; ses produits sont répandus dans le monde entier. Divisée d'abord en quatre départements, elle en a reçu un cinquième, un atelier de construction de machines et une fonderie de cuivre.

Puis, vers igoS, transformation complète des pro-

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cédés d'obtention de force motrice. Les machines à gaz de hauts fourneaux ont fait leur apparition ; Thyssen se met à les construire et son atelier, pout cette spécialité, devient le plus important du continent. La totalité des machines à gaz fournies par Thyssen représentait, en 1912, 35o 000 chevaux.

C'est grâce aux développements incessants de Mulheim que Thyssen a gagné toute son expérience technique.

En 1893, pour répondre aux besoins d'eau potable que manifestaient les cités westphaliennes, il installa sur la Ruhr une prise d'eau avec un capital de 35o 000 marks ; cette Société, d'additions en additions, ne tarda pas à desservir une population de 5oo 000 âmes ; elle est devenue, depuis, la grande Compagnie Rhénanewestphalienne des Eaux.

Mais la puissance créatrice de Thyssen s'est surtout donné carrière dans- sa fameuse usine métallurgique de Deutsche? Kaiser ', à Hamborn, à 8 kilomètres au nord de Duisbourg.

Toutefois, il avait dès longtemps compris que, pour acquérir la puissance industrielle où il aspirait, il lui fallait être propriétaire de charbonnages ; il jeta ses vues sur plusieurs concessions dont il put se rendre maître en en achetant successivement les titres (1887). Cette date marque l'origine de son prodigieux essor. Neuf puits furent forés les uns après les autres, et leur production de houille s'élève annuellement à plus de 4 raillions de tonnes, extraites par i5 qoo mineurs (1000 wagons par jour).

Sur cette masse éaorme, à peu près tout est con-

ISBN l6S

\ê par ses mines nu par ses 818 fours à coke,

: 1 s de longueur, vont donner de la chaleur, de la lumière et de

acn 191 1 .

L'usine 1 user, ou Briickhausen, s'étend

le long du Rhin ; là sont réunis les derniers perfectionnements qui puissent être appliqués à la métallurgie moderne; l'énergie y est répartie grâce à une batterie centrale dé 68 fours à coke. De plus, en 1910, on y a ajouté la fabrication du fer au four électrique avec des unités de 5 tonnes. Enfin on y a inauguré, en 1912, de nouveaux et immenses halls qui contiennent une aciérie Thomas. 8 5oo ouvriers y travaillent.

Non loin de cet établissement, Thyssen a encore monté les laminoirs de Denslaken pour les fers plats et ronds, les tùies ondulées et les tubes, dits sans soudure de grand diamètre.

Puis, pour utiliser les houilles de charbonnages nouveaux achetés à Mœderich près Duisbourg, Thyssen vient de mettre en route cinq hauts fourneaux qui ont produit, en 191 2, 352 000 tonnes de fonte pour l'approvisionnement de Mulheim.

Afin de desservir ses usines, il a dû créer successivement sur le Rhin et la Ruhr les ports d'Alsum (1902) et de Swelgern (1907) qui occupent comme importance le troisième rang après Ruhrort et Mannheim. Une flotte nombreuse de chalands et de remorqueurs lui appartenant fait le transport de ses matières premières et de ses produits.

Depuis plusieurs années les préoccupations de

Thyssen se sont portées sur les recherches de minerai de fer dans tous les pays.

Il s'est assuré en 1901 et les années suivantes les gisements de Pierre-Villers, de Fèves et d'Avenir en Lorraine annexée; puis de Jouaville et de Batilly en Lorraine française ; enfin de Gardeschutze et de Jacobus, sans compter d'importantes participations dans les forges françaises de Sambre et Moselle, à Montigny, qui possèdent les puits Maringen et la concession de Bouligny.

Personnellement, il a acheté en 191 1 la concession minière de Vincent à Amainvilliers. En 191 2, l'acquisition de nombreux titres des forges et fonderies lorraines d'Ars-sur-Moselle-lui en a- assuré le contrôle.

Son contrôle s'étend ainsi dans les deux Lorraines sur plus de 6000 hectares, parmi lesquels il a creusé, dès 1906, le puits Jacobus qu'il a relié à Hagendingen par un chemin de fer aérien de 10 kilomètres.

De 1906 à 1908, de vastes terrains près de Batilly et sur la Moselle ont été acquis en vue de nouveaux hauts fourneaux.

Ayant trouvé, à Hagendingen des terrains propices à la fabrication du ciment, Thyssen y a construit en 1906 une usine qui en produit 120000 tonnes ; inauguré en 1910, cet établissement est en ce moment en voie d'être doublé, pendant que, du même coup, on construit pour Hagendingen une centrale électrique.

Entre temps, Thyssen est entré en participation, en 1910, avec des capitalistes français pour l'exploitation de minerais de fer en Normandie et de hauts fourneaux à Caen.

De patientes recherches dans le Caucase lui ont

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fait découvrir et acheter dans la Rcssie méridionale de j> gisements de fer.

Loin de se ralentir avec l'âge, son activité semble redoubler ; c'est ainsi que tout récemment il a créé, dans des terrains qu'il s'est assurés à Mannheim et à Strasbourg, d'immenses entrepôts de fer, d'acier, de fonte et de charbons, en attendant qu'il y construise de nouvelles usines pour utiliser des charbonnages sur la Sarre et la Moselle dont il est le principal intéressé.

Parallèlement, il affirme son influence dans de nombreuses et diverses Sociétés : chez Vulcan à Duisburg, dont il est président et qu'il fusionne avec Schalk, puis avec la Compagnie Pluto (charbonnages et hauts fourneaux). Il préside également le conseil des charbonnages de Graf von Moltke, qu'il annexe à la puissante Compagnie du Phénix. Il est administrateur de la grande Société de Gelsenkirchen. Enfin il a fondé et gouverné la Banque rhénane de Mulheim. *

Thyssen réalise exactement cette affirmation de ses compatriotes : « Toute entreprise entre ses mains s'agrandit. »

On considère généralement que son coup de maître fut l'acquisition, dès 1SS0, de l'immense concession de terrain houiller de Deutscher Kaiser qui occupe 600 millions de mètres carrés et fit de lui le plus grand possesseur de houillères de la Westphalie ; mais il ne chercha point à en rester le seul exploitant, et quand il vit que ces gisements avaient acquis une grande valeur il en revendit une part au gouvernement prussien. Les sommes énormes qu'il toucha de cette opé-

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ration forent immédiatement employées par lui à d'autres entreprises.

On n'étonnera personne en disant que Thyssen est avant tout l'homme persévérant et audacieux qui ne s'est jamais rebuté d'aucunes difficultés économiques ou financières et ne connaît que le travail mis au service des formidables entreprises que sa volonté gouverne.

<( Il est, disent les Allemands, tout le contraire d'un bureaucrate » ; dur envers lui-même, mais exigeant de ses collaborateurs un travail acharné. Toutefois s'il charge quelqu'un d'une haute responsabilité, il lui accorde la liberté la plus grande; il sait écouter les opinions d'autrui et rémunérer généreusement les services.

Modeste toujours, représentatif quand il le faut, il fuit les honneurs et n'a jamais ni parlé, ni écrit, ayant coutume de dire que sa vie, ce sont ses œuvres.

Ce qui est étranger aux affaires l'intéresse peu. Il se déclare franchement catholique. Sa distraction est de restaurer et d'embellir le vieux château seigneurial de Landsberg sur la Ruhr, où il aime à se retirer. Un des beaux jours de sa vie fut celui, assez récent, où l'École supérieure technique de Brunswick lui décerna le diplôme de docteur ingénieur.

Ceci lu, beaucoup de gens penseront que Thyssen serait bien inspiré de leur passer un peu de ses revenus ; ils feraient mieux de se dire : « Que ne peutil nous prêter pendant quelque temps son cerveau! »

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