‹ Les derniers progrès de l'AllemagneChapitre 4 sur 68 · I. Journal d' Allemagne du 7 septembre · texte numérisé non relu

I. Journal d' Allemagne du 7 septembre

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Presque tous les journaux ont reproduit la note\ 'uel a avoué à ses lecteurs que, jusque-là, il les avait laissés dans F erreur?

On dit que la France ests gouvernée par l'opinion ; encore faudrait-il que ce fût par une opinion éclairée, et comment peut- elle l'être? Nous commettons, par ignorance, des fautes énormes.

re Parlement a dû voter récemment le service obligatoire de trois ans. C était une mesure nécessaire; l'erreur serait de la croire suffisante et de borner là notre effort national. Il apparaîtrait un pauvre législateur , celui qui penserait qu'il suffit à nos jeunes Français de passer trente-quatre mois au régiment pour que la France égale V Allemagne . Ce législateur ne verrait pas que ce sont les travaux de la paix que nous avons sur V heure à redouter de nos voisins.

M existe en Allemagne , au milieu d'une majorité pacifique, un parti belliquetix , croissant, toujours plus bruyant, toujours plus obéi, qui pousse à la guerre et rien ne nous garantit que cette minorité puissante n'entraînerait pas brusquement la masse entière, façonnée à .

VIII PRÊFACK

idée dis l école et par U école, dans une campa gn* dont l'issue lui paraîtrait rapide et certaine ; c'est pourquoi notre devoir est de veiller nombreux sous les armes.

Mais la guerre est et reste une éventualité , tandis que l'invasion économique est une réalité actuelle et écrasante. C'est elle qu'il faut étudier et combattre. Si l'on nous eût mieux fait connaître l' Allemagne telle qu'elle est, notre politique eût été peut-être tout autre.

Mieux informés, nous aurions su plus tôt que t Allemagne vise, surtout actuellement , l'hégémonie mondiale. du commerce et de l'industrie, quelle la poursuit par tous les moyens, et s'assure, pour y parvenir, contre toutes les éventualités. L' augmentation de sa marine et de sa flotte est proportionnellejnent inférieure à £ accroissement de ses ressources et de ses richesses ; son effort est donc moins héroïque que le nôtre. L'immeuble allemand ayant augmenté de valeur, le propriétaire a ajouté un avenant à sa police d'assurances. Denvain, il en ajoutera un autre, s'il le faut.

Sachons bien que, de tout ce que l'on écrit cht z nous contre les Allemands, une seule chose les affecte profondément, c est la campagne contre les made in Germany. Vouloir couper leurs cfébouchès, c'est essayer d'enlever leur proie à des fauves. Aucun exercice n'est plus périlleux.

Voilà ce qu'ignorent les téméraires, qui prêchent le boycottage des produits allemands . Et d'ailleurs quel en serait le résultat ?

Notre exportation en Allemagne a, jusqu'ici, presque égalé l'importance de l'exportation allemande en France, avec cette distinction que nous y envoyons des articles de prix et surtout des denrées agricoles de choix, donc du

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superffu, tandis que les Allemands importent chez nr>u<; des objets de ff entière nécessité , de la houille, des métaux, des produits chimiques, etc. Et il ne dépend que de nous d'augmenter nos exportations agricoles, dont ils son! plus en plus acheteurs. Rompre avec eux tous rapports commerciaux serait à la fois un danger et un leurre.

Les Allemands, merveilleusement instruits de tous nos faits et gestes, savent non moins que notre public ignore ce qui se passe chez eux ; ils V expliquent ainsi :

« Pour détourner l'attention des Français, disent-ils, il suffit d'un scandale mondain, d'un crime sensationnel, d'un discours retentissant, d'une chute de ministère et, comme tout cela se succède sans interruption, leur esprit est constamment distrait et leur légèreté amusée. Cependant qu'à la faveur de ces écrans successifs nous cheminons rapidement dans toutes Us directions, sans qu'ils s'en aperçoivent. »

Et c'est surtout dans la voie des progrès industriels et commerciaux que leur marche est effrayante.

Si, dans ce préambule, j'ai effleuré les choses politiques et militaires, c'est pour déblayer le terrain, afin qu'il n'en soit plus question ; car mon objectif est d'ordre purement économique.

Lorsque, il y a moins de quatre ans, j'ai publié l'Allemagne au travail, nombre de personnes m'ont fait C honneur de m1 écrire que c'était une révélation sur l'industrie allemande ; j'ai reçu notamment une lettre que La haute compétence de son auteur me rend précieuse.

f PRÉFACE

« Monsieur, m'écrit-il, votre livre est'un beau livre, fécond en constatations douloureuses et en renseignements précieux ; c'est par de tels ouvrages que l'on peut espérer une orientation industrielle nouvelle.

« Il faut qu'il se répande, et je m'y emploie. J'ai fait prendre trois exemplaires à la bibliothèque ; j'en parle aux professeurs, aux élèves. Je l'ai signalé à mon collègue de l'École des Mines et au Ministère.

« Veuillez agréer, Monsieur, toutes mes félicitations avec l'assurance de mes sentiments de haute considération.

« A. Kleine,

« Inspecteur général des Ponts et Chaussées. « Directeur de l'École nationale des Ponts et Chaussées, n

En toute sincérité , je ne supposais pas que, moins de quatre ans après, un nouveau regard sur l'industrie allemande constituerait encore une révélation nouvelle à tous ceux qui ne veulent pas s'endormir dans une confiance trompeuse.

Si habitué que je sois, depuis trente ans, à considérer de près les progrès de l'Allemagne, j'avoue avoir été stupéfié du bond prodigieux qu elle a fait, surtout en 191 1 et en içi2, et j'ai entrepris la tâche d'une nouvelle enquête.

Saurai-je dépeindre l'ardeur furieuse que ce peuple apporte au travail qui lui réussit, la cohésion de plus en plus féconde de ses efforts, le patriotisme hautain qu'il affirme et qui se transforme en un idéal d'impérialisme économique de plus en plus irrésistible ? En tout cas, les chiffres officiels que j'apporterai seront plus éloquents que les mots.

Que nous soyons encore capables t ou non, de résister à

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ncus, s'ils veulent /aire état de deux observations psychologiques' qui on: fresque /orce d'axiome :

1° A celui qui a résolu de devenir riche il n'y a que. le premier million qui coilte à acquérir ;

2* La principale préoccupation de l'hojnme qui a gagné un million est d'en gagner un second.

V Allemand a conquis le premier million; je pense montrer comment il procède pour conquérir le second.

Je parlerai des ressources naturelles dont il dispose, de V outillage nouveau qu'il met en œuvre, des productions croissantes quil obtient et de l'énergie organisée avec laquelle il les disperse dans lé monde.

Pas plus dans cet ouvrage que naguère dans l'Allemagne au travail, je ne prétends énumèrer, ni décrire la totalité des créations nouvelles de V Allemagne en ces dernières années; plusieurs volumes n'y suffiraient pasm Mon programme , plus modeste, se borne à présenter, avec la fidélité qu'assurent les documents authentiques, les œuvres maîtresses, tout en signalant, à côté d'elles, quelques entreprises d'une moins vaste envergure.

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