‹ Les derniers progrès de l'AllemagneChapitre 46 sur 68 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La Flotte

Ulmferator appareille. — Embarquement expéditif. — Ses aménagements. — La piscine étrusque. — Le Vaterland est plus grand encore. — Et après le Vaterland? — Les nouvelles installations de Blohm et Voss. — Leur grue de 25o tonnes. — L'Association allemande des constructeurs de navires. — La Hamb'urg-Amerika-Linie. — Le premier grand navire à moteur Diesel.

Le 19 août 191 3, à Hambourg, la direction de la Hamburg Amerika Linie me remit une autorisation pour aller voir appareiller Ylmperator qui, arrivé le 17 de New-York, devait repartir le lendemain, 20 août, avant deux heures de l'après-midi, de Cuxhaven.

D'ordinaire, quand on annonce le départ d'un paquebot pour deux heures, on est certain qu'il est encore à l'ancre à cinq heures du soir. Dans le cas présent,. Ylmperator n'avait eu que deux jours pour débarquer ses voyageurs et ses marchandises; il avait à embarquer sept cents passagers de première, six cents de seconde, et un demi-millier d'émigrants; tout ce monde était encore à Hambourg le 19 au soir, et Cuxhaven en esta 112 kilomètres. Je m'imaginais donc l'opération irréalisable dans un si court délai. Mais

la nom *t9

iconter simplement comment les choses se lit.

u matin, entre huit et neuf heures, six trains ("•ment réservés aux ; . de \'/m-

r, partirent de Hambour ; pour Cuxhaven, à dix minutes les uns des autres. Le ticket qu'on me remit portait : premier train, troisième wagon, compartiment n" 6. Aucun des treize cents voyageurs ne pouvait donc causer de désordre en cherchant sa place.

A Cuxhaven, on descend dans une grande gare qui se prolonge vers la mer en une halle fermée, longue de 35o mètres, édifiée par l'Etat pour le service de la Hamburg Amerika Linie et qui sert, au débarquement, à la visite de la douane. Deux grands ferry-boats nous attendaient au quai. De là on voyait, à quelques milles en pleine mer, fumer les trois cheminées du paquebot géant.

Les bagages de cabine furent, en un clin d'oeil, vidés du fourgon du train en un monceau sur l'avant du ferry-boat par une nuée de portefaix au compte de la Compagnie. On attendit le deuxième train; la même manœuvre se répéta. Finalement, nous accostâmes l'Im- ■perator à onze heures un quart.

Dans les grands navires modernes, les passagers, au lieu d'escalader le pont par une échelle, y accèdent de plain-pied par un sabord de 3 mètres de largeur environ, qui débouche dans un faux pont. Plusieurs centaines d'employés du bord, en complet bleu marine, à boutons d'or et cravate blanche, faisaient la haie dans ce large vestibule. Chaque passager entrant, son billet à la main, se présentait à l'un quelconque de ces hommes qui le conduisait incontinent à la cabine dont

aie l'expansion

le numéro était inscrit sur le ticket. En moins d'une demi-heure cette première fournée était casée.

Ceci fait, le même personnel, aidé des matelots, des cuisiniers, des marmitons, pénétrait en file indienne sur le ferry-boat, faisant le tour par tribord, se chargeant chacun de plusieurs colis, pris au tas au hasard, et revenant, par bâbord, du ferry-boat au paquebot. Douze minutes après, tout était enlevé. Chaque porteur, au vu du numéro de cabine fiché sur chaque colis, s'y dirigeait avec son fardeau. Cette première tournée finie, l'opération recommença à l'arrivée du deuxième ferry-boat.

Pas un cri, pas une discussion, pas un colis égaré ne vint jeter le trouble au milieu de cette armée d'hommes en mouvement. Ce fut déconcertant de précision et de discipline.

Entre temps, les bagages de cale et les émigrés étaient arrivés par un autre bateau directement de Hambourg.

Le premier des treize cents passagers avait mis le pied sur le paquebot à onze heures un quart; tout le monde était logé; l'équipage avait rejoint ses postes, et à une heure trente minutes pendant qu'on servait à déjeuner, aux sons éclatants de l'orchestre du bord, YImperator levait ses ancres.

Tout le monde a pu lire les dimensions de Y Imper ator\ sa longueur de 270 mètres, sa largeur de 3o et son tirant d'eau de 1 1 mètres ; son tonnage de 55 000 tonnes, la puissance de 65 000 chevaux de ses turbines qui exigent 5o tonnes de charbon à l'heure; mais je voudrais parler de ses aménagements. Les

Page 1