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LA CAVALERIE FRANÇAISE

gnote, un hausse-col ou colletin, une cuirasse avec les longs cuissards remplaçant les tassettes, des manches et des gants de mailles, une large épée au côté, la masse d'armes à l'arçon de la selle et une zagaie longue de 10 à 12 pieds et ferrée aux deux bouts (Montgomery-Gourbasson, Milice française). Il y avait les Argoulets ou éclaireurs, que leur mauvaise tenue et leurs habitudes de pillage avaient fait surnommer des croques-moutons. Us étaient armés comme . les Estradiots, en remplaçant la zagaie par une arquebuse de deux pieds et demi de long, accrochée à l'arçon droit de la selle (Vieilleville, Mémoires; duc d'Angoulême, Mémoires.) Quant aux Carabins, cavaliers de nouvelle formation, chargés d'escarmoucher et de protéger les retraites, ils portaient un morion, une cuirasse échancrée à l'épaule droite, pour pouvoir appuyer la crosse de l'arme, la carabine dont ils tiraient leur nom, un grand gantelet montant jusqu'au coude pour la main gauche, une carabine de trois pieds et demi de long et un pistolet (Curiosités , militaires).

« La cavalerie française, écrit, en 1563, Marcce Antoine Barbaro, est supérieure à celle de « tous les autres pays, et si l'infanterie lui reste semblait, il ne se serait guère trouvé de « Royaume en état de résister à la France. A « côté de la cavalerie non payée (la noblesse), « combattant seulement pour la gloire et l'hon- « neur du pays et de leur souverain, il convient

« de ranger la cavalerie soldée, composée « d'hommes d'armes et d'archers, braves gens, « bien montés et bien armés ».

L'institution des compagnies d'ordonnance date de 1446; dans l'origine, les compagnies étaient composées chacune de cent lances, représentant six cents hommes à cheval ; voici comment : on appelait lance un groupe de six hommes, marchant sous la lance de l'homme d'armes: c'était l'homme d'armes armé de sa lance, trois archers, un coutillier et un page. Comme dans l'institution, hommes d'armes, archers et pages étaient exclusivement recrutés pawni la noblesse, et comme les coutilliers étaient réputés nobles par le fait de leur incorporation dans ces corps d'élite, il s'ensuivait que le commandement d'une compagnie était un poste très recherché, et que Ton regardait comme une très grande faveur d'en obtenir un.-

Le nombre des compagnies d'hommes d'armes des ordonnances a toujours été très variable. A la création, il y en avait 15. En 1559, à l'avènement de François II, il y en avait 66; 65, en 1560; 103, en 1563; 91, en 1564; 69, en 1567; 127, en 1570 ; en 1586, il n'y en avait pas moins de 2î4. Néanmoins, l'effectif du corps entier n'était pas aussi augmenté que ces chiffres permettraient de le supposer, car les compagnies de création nouvelle étaient presque toujours de 30 lances, quelquefois de 40 ou de 50, mais presque jamais de 100 lances. « Les compagnies

«r — dit Marc-Antoine Barbaro — qui ont un « effectif de cent lances, sont celles qui ont pour « capitaines le Roi, ses frères, le connétable, le « duc de Lorraine ou quelqu'autre prince ».

Je vais continuer de citer les ambassadeurs vénitiens et je reproduis tout ce qu'ils disent, des compagnies d'ordonnance. Ce que j'ajouterai ensuite étant emprunté au texte même des diverses ordonnances des rois depuis François Ier jusqu'à Henri III, les rectifications que je ferai, s'il y a lieu, reposeront sur des documents authentiques et officiels.

Marc- Antoine Bârbaro écrivait, en 1563 : « Les « hommes d'armes ont deux chevaux en temps « de paix, quatre en temps de guerre. Ils tou- « chent annuellement 436 francs. Voici peu de « temps que l'on a commencé à leur attribuer « cette solde. Du temps du roi François Ier, l'en- « tretien de 2,500 lances ou hommes d'armes « et de 2,400 chevau-légers coûtait 400,000 écus. « Les capitaines des compagnies d'hommes « d'armes sont, pour la plupart, Français ; il y « a pourtant quelques Italiens. » (C'était, en 1559 et en 1563 encore, le prince de Salerne, le duc de Savoie, le duc de Nemours, don Francisque d'Esté et le prince de Mantoue.) Après le capitaine, et au-dessous de lui, il y a* quatre autres officiers, le lieutenant dont la solde est de 800 francs, l'enseigne qui a 600 francs, le guidon 400 francs, et le maréchal des logis qui en a autant que l'enseigne. . Ces compagnies

comprennent des archers armés à la légère, dont le nombre, en temps de guerre, dépasse d'un tiers celui des hommes d'armes. En 1567, Jean Correr dit à son tour: « L'armée est réduite « à 4,000 lances, comme en temps de paix ; à %« 6,000 archers qui forment la cavalerie légère, « car chaque lance est suivie d'un archer et « demi sous le même homme d'armes. Ainsi « 50 lances supposent 75 archers qui ont leur « enseigne à part, nommé guidon. Ces dix mille « hommes coûtent environ 1,300,000 écus ».

Si Ton entrait dans une compagnie et que l'on parvînt, en suivant la filière hiérarchique, au rang de capitaine, on devenait successivement archer, homme d'armes, premier-homme d'armes, qui était distingué des autres par une solde plus élevée; maréchal des logis, guidon, c'est à dire porte-drapeau desarchers ; enseigne, c'est-à-dire porte-drapeau des hommes d'armes, puis lieutenant et enfin capitaine.

J'ai dit que, en dehors du Roi et des princes, les capitaines des compagnies des ordonnances appartenaient tous à la plus haute aristocratie. Voici comme exemple, l'état de situation des compagnies, dressé par le connétable à Chantilly, le 6 avril 1559, et signé par lui, indiquant l'effectif de chacune des compagnies, les noms des capitaines et les provinces où elles tenaient garnison : compagnies de 100 lances, le roi de Navarre, le Connétable, le maréchal de Montmorency, le duc de Guise, le

duc de Savoie; compagnies de 00 lances, le maréchal de Brissac, le ducd'Aumale, le duc de Nevers; compagnie de 80 lances, le maréchal de Saint-André ; compagnies de 60 lances, le comte d'Arran, l'amiral de Goligny, le duc de Lorraine ; compagnie de 50 lances, le marquis d'Elbeuf ; compagnies de 40 lances, le duc d'Orléans, le prince de Navarre, M, de la Brosse ; compagnies de 30 lances, MM. de Sansac, de Gonnor, le duc de Montpensier, le prince de la Roche-sur- Yon, d'Estampes, de Montluc, le maréchal de Termes, de Jarnac, de Burye, le vidarne de Chartres, de la Trémoïlle, de la Vauguyon, comte de Charny, de la Rochefoucauld, de la Fayette, de Lude, de Randan, d'Annebault, de Longueville, le prince de Mantoue, d'Estoce, de la Mothe-Gondrin, de Vassé, de la Mailleraye, de Villebon, de Ghaulnes, de Senarpont, de Morvilliers, d'Humières, de Genlis, de Bourdillon, de Crussol, de Beauvais, de Damville, le comte d'Eu, le prince de Condé, de Jametz, de Bouillon, de la Roche du Maine, de Vieilleville, le comte de Villars, don Francisque d'Esté, de Tavannes, de Nemours, le prince de Salerne, de Glerraont, le comte de Tende, d'Ossun, de Terride », enfin une compagnie de 20 lances, le comte de Benne (Docum. inéd. Négoc, lettres et pièces diverses sur le règne de François II).

Il serait trop long d'énumérer ici les édits et règlements publiés par les Rois, depuis Char-

les VII, touchant l'organisation des compagnies d'ordonnance. Il faut seulement s'arrêter à François Ier et à Henri II, car leurs successeurs, les trois fils de Henri II, ne s'occupèrent des compagnies d'hommes d'armes que pour rééditer les ordonnances de ces deux rois, qui, euxmêmes, en édictant des dispositions nouvelles avaient maintenu néanmoins bon nombre de celles de leurs prédécesseurs.

Désormais, la lance se compose de huit personnes; il y a huit chevaux, dont quatre pour Thomme d'armes et quatre pour les deux archers. La solde se paie par trimestre. Les vivres sont taxés en prenant pour base le prix des denrées de chaque pays et fournis par les villages avoisinant les villes de garnison. Les habitants doivent fournir aux hommes d'armes le logement meublé et les ustensiles de cuisine «'le plus gracieusement qu'ils pourront ». Il faut croire néanmoins que, pour les habitants des villes, ce n'était pas tout plaisir que de loger les hommes d'armes, car, en prévision de cette hospitalité qui les gênait fortement, paraît-il, ils étaient sujets à « rompre les esta- « blés et cheminées des chambres afin que les « gens d'armes n'y logent». Les hommes d'armes n'avaient de valets et de pages qu'au-dessus de Tâge de dix-huit ans, et ils leur feront apprendre à tirer de l'arc pour les rendre capables de devenir archers dans les compagnies. Sous Henri II, ceci fut modifié en ce que la

lance, moins pesante et moins longue que celle de l'homme d'armes, fut donnée aux archers. Les capitaines, qui étaient retenus auprès du roi par d'autres fonctions, peuvent conserver auprès d'eux six hommes d'amies et douze archers de leurs compagnies. Quant aux autres, il leur était interdit de quitter leurs garnisons, sans autorisation et sans se faire remplacer par leurs lieutenants. Dans ce cas, ils avaient la faculté d'emmener, comme escorte, quatre hommes d'armes et huit archers. C'était aux capitaines qu'il appartenait de pourvoir aux vacances qui arrivaient à se produire dans les places d'hommes d armes et d'archers, à charge d'en faire la déclaration au commissaire qui passait la revue, à charge par les nouveaux nommés ou promus de s'équiper, à leurs Irais, de chevaux et d'armures. Les capitaines, lieutenants et enseignes étaient obligés à la résidence dans la ville où les compagnies tenaient garnison, au moins pendant quatre mois de l'année, mai, juin, juillet et août.

C'est dans le même règlement, daté de laFertésous-Jouarre, 30 janvier 1514, qu'il est pour la première fois question du « hoqueton » ou casaque d'uniforme que l'on endossait par dessus l'armure, en étoffe, « à la devise » autrement dit à la couleur adoptée par le capitaine. Les hommes d'armes en sont dispensés, mais les archers* pages et coutilliers sont tenus de s'en revêtir, avec cette observation que ceux qui en auraient

« couvertes d'orfèvrerie » pourraient « pour les épargner » s'en faire faire en simple drap.

Jusqu'au 12 février 1534, aucun changement ne fut apporté à la situation des compagnies des ordonnances, non plus qu'aux lois qui les régissaient. L'arrêt du Conseil rendu à cette date touche à la fois à l'armement et à la solde. Les archers sont réduits de deux archers par homme d'armes à un archer et demi, soit 150 archers au lieu de 200 pour une compagnie de cent lances et ainsi de suite. Le tiers du bénéfice de solde est réparti sur 25 hommes d'armes; ceux-ci sont obligés d'avoir pour armure : « Tarmet, grands garde-bras, espaullettes (c'est-à-dire épaulières), cuirace et devant de grèves et seront leurs chevaux bardés par devant avec le chanfrein et les flançois », ce qui équivaut à dire que l'homme et le cheval continueront comme par le passé à être armés de toutes pièces. Les deux autres tiers sont dévolus à cent archers qui, à raison et comme marque de ce privilège, endosseront une casaque aux couleurs du capitaine, et portèrent pour coiffure « un habillement de tête à la bourguignonne», c'est-à-dire une bourguignote. Les cinquante autres archers auront un hoqueton tout entier aux couleurs du capitaine, . et comme casque « une salade et bavière ». A dater de cet arrêt, ces privilégiés furent désignés sous le nom d'hommes d'armes et d'archers « à la grande paie ».

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Les « montres » ou revues d'effectif et d'équipement se font quatre fois par an et la solde est payée le même jour; la solde des absents ou de ceux qui ont été cassés ou qui sont morts dans l'intervalle d'une « montre » à l'autre fait retour au Roi. Le Roi crée pour chaque compagnie un ofûce de a payeur des gens d'armes » dont la solde de 450 livres pour une compagnie de 100 lances n'est plus que de 225 livres pour celles de 50 lances et au-dessous,

C'est vers la fin du règne de François Vv que commença h se produire le fractionnement des compagnies de 100 lances* A la mort du titulaire, on prit donc l'habitude de partager sa compagnie. Une portion était laissée àrhéritier du nom ; une autre portion était donnée au lieutenant; d'autres à des gentilshommes de mérite et de renom qui attachaient la plus grande importance à ce genre de commandement. Par l'effet de ces dislocations, qui expliquent comment du chiffre de 60 compagnies on pouvait arriver à celui de 220 et davantage, on vit jusqu'à des compagnies de 20 lances. Les capitaines trouvèrent un nouveau mobile d'encouragement dans cette inégalité des effectifs qui se traduisait par une inégalité correspondante dans la solde; une augmentation de 5 ou de 10 lances constituait un véritable avancement, et tout capitaine avait l'espoir, par ses services, de voir un jour sa compagnie monter au complet de 100 lances.

Les officiers touchent d'abord leur solde Comme hommes d'armes, qui est de 180 livres (les archers reçoivent 90 livres), puis leur traitement attaché au grade, 800 livres tournois pour le capitaine, 500 pour le lieutenant, 400 pour l'enseigne et le guidon, 100 pour le maréchal des logis.

Les compagnies des ordonnances eurent à souffrir de l'édit du 24 juillet 1534, qui augmentait l'infanterie de sept légions d'arquebusiers, piquiers et hallebardiers, de mille hommes chacune. On trouva que le service dans l'infanterie • était plus agréable et mieux payé. De là date le refroidissement de la noblesse pour les compagnies des ordonnances, ce qui obligea, pour combler les vides et maintenir les effectifs au complet, d'accepter dans les compagnies des roturiers qui acquéraient la noblesse en y entrant.

Henri II publia trois édits sur les compagnies, le 7 avril 1548, le 12 novembre 1549 et le 20 février 1552. Les deux premiers se bornaient à renouveler les édits de François Ier : le troisième apportait d'importantes modifications dans la solde et l'équipement et méritait d'attirer l'attention. D'abord, c'était en livres tournois et non par francs qu'il fallait compter, relativement à tout ce qui concernait la solde. On arrive donc facilement à se rendre compte de ce qu'elle aurait représenté en argent de nos jours. Ainsi, la livre tournois sous François II et Charles IX étant égale environ à 7 fr. 50 c*

il s'ensuivait que le capitaine touchait l'équivalent de 9,000 francs le lieutenant de 6,750, renseigne et le guidon de G, 000, le maréchal des logis de 3,750, La solde de l'homme d'armes était équivalente à 3,000 francs et celle de l'archer à 1.580 francs. En argent de ce temps* là, ceci faisait pour l'homme d'armes 400 livres tournois, 200 pour l'archer. Cette augmentation était plus que compensée par l'obligation pour tous, officiers et hommes d'armes, de s'entretenir de vivres, eux et leur chevaux, et de tout payer comptant En garnison comme en voyage, même pour retourner chez soi, hommes d'armes et archers étaient tenus à porter constamment leurs sayesethoquetonsde la livrée du capitaine, en simple drap avec une bordure de velours ou de soie. Partout où ils prenaient gîte, il leur fallait donner le nom de leur capitaine, de leur seigneurie et du lieu de leur résidence. En quittant la garnison pour regagner leurs logis, hommes d'armes et archers devaient voyager sur leurs petits chevaux ou courtauds, tandis que les grands chevaux ou chevaux de service et les armures d'hommes et de cheval étaient conservés dans la ville de garnison. Ces armures, spécifiées par l'ordonnance de 1552, consistent pour l'homme d'armes en un armet avec ses bavières, en avant-bras et garde-bras, gantelets, solerets, grèves entières, cuissards, cuirasse avec ses goussets, épaulières avec les hautes pièces, une grande et forte lance, une

épée d'armes pendue au côté, une autre plus grande épée appelée estoc suspendue d'un côté à l'arçon de la selle et une masse d'armes suspendue de l'autre côté : le pistolet à rouet, attaché aussi à l'arçon, est facultatif. L'équipement du cheval comprend : un chanfrein, une cotte d'armes, une barde d'acier pour le poitrail et deux autres pour les flancs. Pour l'archer, c'est une bourguignote, un hausse-col ou colletin, la cuirasse, les cuissards, les épaulières. les avant-bras, les gantelets, une lance plus courte et plus légère, l'épée d'armes au côté, la masse d'armes et le pistolet pendus à l'arçon de la selle. Pour l'archer,lepistoletestobligatoire. Cet équipement resta le même, sans modification, jusqu'au jour où Henri IV retira aux compagnies d'ordonnance l'usage de la lance, en 1605. C'est ici qu'il faut constater pour la première fois l'usage officiel du pistolet emprunté aux compagnies de cavaliers allemands, dits Reîtres, qui avec l'aide de « cette diablerie de pistolle », comme dit un contemporain, ne redoutaient guère les longues lances de la gendarmerie : «Que pleust à Dieu, dit Montluc également, « que ce malheureux instrument n'eut jamais « été inventé ». (Commentaires.) Les armes à feu eurent pour résultat d'augmenter le poids et l'épaisseur de l'armure dans des proportions si notables que la noblesse se débarrassa peu à peu des armes défensives, et l'on arriva ainsi, en un siècle, à la suppression totale des armures.

Le jour des montres ou revues, il fallait comparaître en personne, revêtu de son armure et monté sur un cheval de service également armé. Quiconque se dispensait d'y assister était cassé et remplacé aussitôt. N'étaient valablement excusés que ceux qui avaient obtenu du capitaine un congé régulier, et les malades qui produisaient un certificat établi par notaire ou par juges royaux. En voici un curieux exemple : « A tous ceux qui ces présentes m lettres verront, Charles Heu, praticien et « prévost, à présent garde du scel royal en la « Prévôsté de Beau vais à Grandvilliers, salut « Scavoir faisons que, pardevant Jehan le Roy, « notaire du Roy, nostre dict seigneur, com- « parurent honnestes personnes; Nicolas Lan- « glois, licencié de la faculté de médecine, « demeurant à Gournay, Ànthoine Guerrard, « apothicaire, demeurant à Fourmery (Fori merie) et Mathieu Le Febvre, hostelain <t (maître d'hôtel), demeurant aud. Fourmery, « et lesquelles et chacun d'eux en leur regard * ont dict, rapporté et attesté pour vérité, assaut voir ledit Langlois, médecin, jourd'huy, à la u prière et requeste de Gilles de Bel levai, « escuyer, homme d'armes de la compagnie « du seigneur de Mailly, estant de présent aud, a Fourmery gisant au lict malade, en l'hôtel « et domicile dud. Le Febvre, lequel il avoit « veu et visité et avoit icelluy trouvé griefve- « ment malade en plusieurs partyes de son

<c corps, raesmes à icelluy fait prendre méde- «< cine suivant son avys, aussy aud. de Belleval <c ordonné prendre plusieurs médecines pour « la réduction à la santé, s'y faire se doibt: de « sorte que, à raison de la maladie dont il est « agité, et gisant au lict malade, il ne scauroit « et ne peut faire service au Roy nostred. setce gneur, porter armures, aller à pied ny à « cheval : et par semblable récit Me Anthoine « Guerrard en a aultànt desclairé pour son « regard, de lui avoir baillé plusieurs cristères « (clistères) et aultres médecines par Tordon- .« nance dud. médecin prescrites en sa maladie, ,« comme il faict encor de présent; et par led. « Mathieu Le Febvre, a esté dict et attesté que « samedy dernier led. de Belleval seroit arrivé « en son hostel, depuis lequel temps il y auroit « toujours esté tenu et couchié, comme il fait « encor de présent. Durant ce temps, luy a auroit survenu une malladie, tant fiebvres « continues que aultres malladies tellement a que est mallade, estant entre les mains des « médecins et cirurgiens en grand danger de sa « personne ; depuis lequel temps luy a convenu « prendre médicaments, comme il avoit cejour- « d'huy faist suivant ordonnance de médecin. « A raison desquelles maladies ne se sauroit « penser armer, habitz porter, aller à pied et à « cheval, ne faire service à présent au Roy, « nostre sire. En tesmoihgde ce et à la relacion « dudit Le Roy, notaire royal, avons fait mettre

« aux présentes le scel royal. Ce fut fait le « 25e jour de mars 1568 ». (Orig. en parchemin ; Cab. des titres, Bibl. nat., Dossier Belleval.)

Dans le cas où les compagnies étaient appelées à servir pour la guerre, tous les congés étaient supprimés : seuls les sexagénaires et les malades étaient autorisés à rester chez eux. Il n'y avait donc pas de limites d'âge pour être mis à la retraite et Ton pouvait mourir de vieillesse sous le harnais de l'homme d'armes» En revanche, on pouvait être admis dans le^ compagnies de fort bonne heure, de dix-sept à dix-huit ans comme archer, de dix-neuf à vingt ans comme homme d'armes.

La troisième et dernière ordonnance de Henri II concernant la gendarmerie peut se résumer en ceci : c'est rétablissement, dans chaque bailliage, d'un syndic pour recevoir les plaintes du peuple contre les gens de guerre. (Edit de St-Germain-en-Laye, 20 février 1552.)

A dater de François II, les rois n'apportèrent aucune disposition nouvelle dans l'organisation de la gendarmerie. Ils se bornèrent à renouveler les édits et règlements de leurs prédécesseurs, jusqu'au jour où, en 1605, Henri IV, en ôtant aux compagnies la lance pour y substituer le pistolet, supprima de fait les compagnies des ordonnances.

Un Mot sur les Armures

J'ai dit plus haut que le perfectionnement des armes à feu, arquebuse et mousquet pour l'infanterie, et l'introduction du pistolet dans la cavalerie soldée, sans compter toute la noblesse qui l'avait adopté pour pouvoir lutter à armes égales contre la cavalerie allemande, avait obligé de jour en jour à renforcer les armures et à les faire autant que possible à l'épreuve de la balle. Le premier résultat fut de faire abandonner l'armure de pied en cap pour la demi-armure qui protégeait le buste {but entier et, par les courtes tassettes, défendait le bas-ventre et le haut des cuisses. Le poids d'une armure ainsi simplifiée n'en restait pas moins encore très considérable, puisque la demi-armure pesait presqu'autant que des armures complètes du xve ou des premières années du xvic- siècle. Ainsi, par exemple, la demi-armure du duc de Guise, tué à Blois, en 1588, conservée au Musée d'artillerie, pèse 42 kilos 20, tandis que l'armure complète du connétable de Montmorency (Musée d'artillerie) pèse 25 kilos 40; qu'une armure maximilienne,

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