SUR LES ARMURES
« bien et deument faict; lequel a promis et « promet tenir prest en sa maison ledict « harnoys à Abbeville aud. Francoys de « Belleval, escuyer, seigneur de Bouveroy, t« trois sepmaines prochain venant, a peine de
* tous intérêts, moyennant la somme de « quarante-cinq escuz d'or soleil (environ « 1,350 francs de notre monnaie); sur laquelle if somme led. seigneur a paie comptant aud. « Ànthoîne de Caumont, présence des dictz « notaires, la somme de cinquante et une livres « neuf sols tournois (385 francs 90 centimes) de « laquelle somme de cinequante et une livres <t neuf sols tournois led. Ànthoine de Caumont,
* se tient pour content et bien paie et en quicte « led. seigneur deRouveroy. En tesmoins de ce, « nous, à la rellacion desd. notaires, avons mis « à ces présentes led. scel royal, sauf en tout « les droictz du Roy Nres et daultruy. Faict et « passé à Abbeville, le 24e jour de novembre « mil cincq cent soixante et six. » (Archives » de la famille de Belleval) (1).
(i) Il ne fallait pas toujours s'en rapporter à la loyauté des armuriers pour la qualité du métal et la sincérité des épreuves. Ainsi François de Belleval portait très probablement cette armure qui était une armure de guerre, à la bataille de Saint-Denis livrée le 10 novembre 1567, où il fut tué d'un coup de pistolet à travers la visière de son casque lequel était pourtant garanti à l'épreuve du pistolet. (Procèsverbal dressé à la requête de sa veuve, par devant notaire, par deux hommes d'armes de sa compagnie.) François de Belleval, seigneur de Rouvroy (canton de Gamaches, arrondissement d'Abbeville, Somme) avait commencé sa carrière militaire comme homme d'armes dans la compagnie de
feu..
'. ii.i. J iiiii ju.^
frO UN MOT
L'homme d'armes portait l'armure complète, par ordre. L'archer des compagnies des ordonnances, pour le même motif, portait l'armure presque complète. Mais parmi la noblesse, celle de cour principalement, qui pour s'armer ne connaissait d'autres règles que celles de son bon plaisir, on remarque une tendance à porter la demi-armure avec la botte remplaçant l'armure des jambes, et Ton regarde comme un ancêtre le maréchal de Vieilleville (1) montant à l'assaut d'une place forte « armé de toutes pièces comme un jour de « bataille, de grèves, genouillères, cuyrasse, « brassards et l'armeten tête, la visière baissée, « jusques aux soulerets ». (Mémoires de Vieilleville.) Parfois même, on avait bien moins que
50 lances des ordonnances commandée par Jean de Monchy, seigneur de Senarpont. Ce fut en cette qualité qu'il fit la campagne de 1549, terminée en 1550 par la redditiou de Boulogne-sur-mer, et celle de 1554, et qu'il assista au combat de Renti où les compagnies des ordonnances décidèrent la vie- ' toire en culbutant l'infanterie Impériale, et à la prise de Calais le 8 janvier 1558. Fait prisonnier à la bataille de Gravelines, le 14 juillet suivant, il fit vendre par sa femme huit journaux de terre (quatre hectares) pour payer sa rançon. François de Belleval entra en mars 1562 dans la compagnie de 50 lances des ordonnances de M. de Bourbon-Rubempré, en qualité de maréchal des logis ; puis il y devint enseigne. Il avait fait son testament le 8 octobre 1567, comme s'il avait eu le pressentiment du sort qui l'attendait le 10 novembre suivant.
(1) François de Scepeaux, seigneur de Vieilleville, comte de Duretal, né en 1510, mort au château de Duretal le l'r décembre 1591. Ambassadeur en Angleterre en 1547, conseiller d'Etat en 1551, gouverneur de Metz en 1553, maréchal de France en 1562. Les mémoires qui lui sont attribués ont été ôcrits par son secrétaire Vincent Garloix.