LE TROUSSEAU D'UNE FILLE DE FRANCE
même, bordé et tressé d'or ; un manteau de nuit pour tous les jours, en damas violet, bordé d'un large passement d'or à jour ; une couverture de vertugaje pour tous les jours, en damas violet, avec du passement violet large, à jour, autour (1).
A présent, c'est l'argenterie : quatre flambeaux d'argent doré; quatre chandeliers d'argent doré à mettre sur les murailles ; un valet d'argent doré pour tenir le flambeau ; un bassin à laver les mains et une aiguière dorés; une coupe dorée ; un essai doré; un petit bassin doré à laver la bouche; un vase doré pour jeter .la lessive sur la tête; une. petite cuvette dorée à mettre le mortier, une petite chaufferette dorée ; une buire et deux petits flacons dorés ; une bassinoire d'argent ; un bassin à laver la tête ; une cuvette à laver les jambes ; un grand et un petit coquemart; un pot à pisser (j'en demande pardon à mes lecteurs); une petite cuvette à mettre la chandelle ; un bassin pour un bourrelet et un pour la chaise percée ; de la vaisselle d'argent pour servir à table.
Tel était le trousseau d'une fille de France, c'était certainement bien beau pour la petite cour de Turin, mais qu'était-ce à côté des splendeurs qu'étalait la vieille favorite de Henri II ?
(1) Pour l'intelligence de tous les termes employés dans ces descriptions, il faut se rapporter au chapitre suivant : le costume sous François II, et au chapitre XVIII, du costume des Français sous Charles IX et Henri 111.
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Le Costuma sous François II
Un coup d'oeil sur le costume en général et sur les vêtements de François II, en particulier, est tout â fait ici à sa place.
Quoique le jeune roi aimât la toilette et le luxe des vêtements, il n'eut pas comme ses frères, comme Henri III surtout, l'honneur de donner le ton et d'apporter dans la mode et la forme des ajustements des modifications sensibles. Il y eut le costume du règne de Charles IX, le costume du règne de Henri III; il n'y eut pas le costume François II. Mais il y a le costume Henri II, conservé sans modifications par son fils aîné, qui se trouve, au point de vue de la mode, absolument éclipsé entre son père et son frère puîné.
Le premier vêtement de l'homme était la camisole à manches, que Ton mettait sur la chemise. Le pourpoint à collet droit, à manches simplement aisées le long des bras et ajustées au poignet, était orné de cordonnets de soie, d'argent ou d'or cousus sur l'étoffe et assez serrés. Un pourpoint ainsi décoré était dit « tracé » d'or, d'argent ou de soie. Par*
dessus le pourpoint, qui s'arrêtait à la taille en dessinant bien le buste, on mettait le sayon; qui n'était qu'un autre pourpoint aussi serré, mais avec des basques de la même largeur tout autour, qui couvraient le haut de la cuisse et par conséquent la moitié du haut de chausses. Le sayon n'avait pas de manches ni de collet; on le fermait au cou par deux ou trois boutons et on le maintenait à la taille par le ceinturon de l'épée, de sorte qu'il restait entrouvert sur la poitrine et laissait apercevoir le devant du pourpoint. Par-dessus le tout on jetait la cape, petit manteau court et ample, avec un large collet rabattu, descendant seulement d'un travers de main plus basque les basques du sayon, et qui se posait d'aplomb sur les deux épaules, de manière à découvrir toute la poitrine et ne pas gêner les mouvements des deux bras. Depuis la ceinture jusqu'en bas, le vêtement se composait des hauts de chausses très courts et très bouffants, doublés de boucassin pour les faire bien bouffer ; des bas de chausses en tricot de soie ou de laine, ou en serge de Florence ; ces derniers étaient les plus usités. Quoique, au dire de Mézeray, Henri II portât des bas de chausses en tricot de soie dans les fêtes où il fut mortellement blessé, il n'en est pas moins certain que cette invention nouvelle ne figure pas dans les comptes de l'argentier de François II. Les souliers ou autres chaussures avaient la forme naturelle du pied. Sur
la tête une toque ornée d'une petite plume, ou un chapeau ; à la ceinture 1 epée suspendue sur le flanc gauche, et à droite une escarcelle remplaçait la dague que l'on ne portait plus autant, à la cour du moins. Tel était le costume ordinaire des hommes. #
Pour les femmes, c'était d'abord le corps de la robe qui avait la forme d'un pourpoint ajusté, avec un collet droit et des manches serrées au poignet, légèrement bouffantes aux épaules oi'i l'on attachait sonvenl d autre manches étroite*;, ou mancherons, qui retombaient en flottant derrière les bras; le corps fermé au cou et serré à la ceinture était entrouvert sur la poitrine pour laisser voir le devant de cotte. La jupe tombant droit et formant quelques plis, était légèrement ouverte sur le devant: elle découvrait un peu de la cotte tendue sur une vertugale beaucoup moins ample que celle du règne de François I. L'usage des crevés s'était maintenu pour les femmes ; on en mettait aux corps de manches et aux robes. Le linge ne paraissait qu'aux poignets et au collet; au collet sous forme d'une collerette godronnée et tuyautée, échancrée par devant et #se tenant droite tout autour du cou jusqu'au bas des oreilles ; aux poignets sous forme de manchettes d'une semblable disposition. La coiffure était la toque avec une plume, mais plus étroite et plus haute que celle des hommes.
De la toilette de Marie Stuart, je ne dirai rien,