Les dessinateurs d'illustrations au dix-huitième siècle
Martini est né à Parme. Il vint jeune à Paris pour apprendre la gravure et entra dans l'atelier Lebas. On lui avait déjà commandé, en sa qualité d'artiste parmesan, les figures qui devaient orner le Feste d'Apollo, pièce qui fut représentée à Parme à l'occasion du mariage de l'archiduchesse Maria Amalia avec le prince don Fernandino (1769), quand il fut employé par Basan en 1770 pour graver à l'eauforte un certain nombre de pièces du Cabinot du duc de Choiseul et plusieurs autres, d'après Yernet, les Cascades de Tivoli, des Baigneuses (1772). Nous le voyons gravant en 1774 quelques pièces d'après Moreau pour les A-Propos de la société (de Laujon), et, en 1775, des planches importantes de la Seconde Suite d'estampes pour servir à l'histoire des modes et des costumes que le libraire Prault, d'accord avec Moreau, lui confie, la Déclaration de grossesse, les Précautions, la Petite Toilette, et cette belle et célèbre pièce la Dame du palais de la reine, où l'on croit voir le portrait de M""*^ de Polignac. Ces gravures sont fort belles et témoignent d'un vrai talent.
Mais si Martini avait un burin remarquable et rendait avec bonheur les belles compositions de Moreau, il avait en revanche bien peu d'invention et de facilité comme dessinateur. Ses compositions sont lourdes, ses personnages sans expression et les teintes d'aquarelle, dont il les gratifie souvent, n'ont aucun sentiment coloriste. Il a dessiné en grande partie les illustrations des différents ouvrages de d'Ussieux, le Décamér on français (1772), les Nouvelles françaises (\11^-1^) et exécuté les dessins de VArt d aimer de Bernard (1775). I] avait entrepris de donner une édition de luxe d'un grand auteur de son pays, Métastase. Il ouvrit donc une souscription pour imprimer et orner ses Œuvres complètes (1780-82). Les dessins en furent commencés en 1773, et il eut la bonne idée d'en demander quelques-uns à Moreau, à Cochin et à Cipriani. Malheureusement le plus grand nombre est de lui. Il a gravé lui-même tout ce. qu'il avait dessiné pour cet ouvrage.
Martini avait reproduit au trait, à la plume, les différentes compositions du Régent pour DapJmis et Chloé. Il grava ses dessins en 1788 et les fit tirer au bistre pour en orner les éditions du roman de Longus. On a encore de lui un grand nombre de pièces d'après les dessins de Moreau, auquel il semble visiblement avoir plu comme graveur, pour les Œuvres de Rousseau, de Marmontel, dlmbert et pour les Figures de l'Histoire de France^ etc.
Il fit de fréquents voyages en Angleterre où les éditeurs lui commandaient des planches comme celle