‹ Les dessins d'enfants et leur significationChapitre 11 sur 18 · L. Ronde, rabattements multiples, par · texte numérisé non relu

L. Ronde, rabattements multiples, par

fillette de 7 ; 6 ans.

36.L. Arbres du premier plan rabattus en avant, par fillette de 7 ; 3 ans,

prendre un chemin

nouveau, tout à fait inattendu. On doit reconnaître, et si jeunes qu'ils soient, que les enfants ont cette spontanéité et qu’ils révèlent aussi une mobilité de pensée merveilleuse, tout droit dérivée, c’est bien entendu, des problèmes concrets et pratiques qu'ils abordent. L'intelligence est réflexe.

Une particularité à retenir, pour qui s’oc-

cupe du dessin enfantin, c’est le «type» de bonhomme que chaque galopin vous fournit, pendant un certain temps tout au moins, Six mois, une année, deux ans. On ne fait pas des découvertes chaque semaine, qu’on soit jeune ou vieux.

bo

A force de se préoccuper de leur sujet, les enfants attrapent un schéma auquel ïils se tiennent, qu'ils reproduisent à satiété, qui constitue leur vérité. Tout dessinateur ayant

38. L. Enfant tournant un moulin 39. K. Enfants lançant des boules de neige, à café, par garçon de 4 ; 4 ans. par fillette de 6 ans.

en définitive son bonhomme à lui, mettez dans une exposition une production de chacun des quarante enfants d’un groupe, Vous aurez quarante dessins dont aucun ne ressemblera à celui d’à côté. Les visiteurs s’ébaudiront aussitôt de l'originalité des dessins d’enfants et on ne manquera pas de les trouver supérieurs aux œuvres de l'Ecole de Paris, d’autant plus qu’existe l’habitude de ne pouvoir apprécier une chose qu’en en dépréciant une autre.

Bref, les journaux feront des dithyrambes sur l’art des petits dont les peintres devraient posséder la sensibilité exquise ! Tout Ça, 49. w. Types de dessin et d'écriture, c'est du romantisme et du par Léna, 9 ans.

snobisme. En réalité, si

l’on voyait les productions d’un même enfant, on s’apercevrait que ce petit bougre fait constamment le même bonhomme,

. qu’il le reproduit à quarante, cent éditions, et qu’il y a longtemps qu'il a lassé ses parents. En fait d'originalité, on voit chez lui

CO

une sorte de dessins, et c’est tout. C’est déjà joli qu'il ait son écriture, mais cela n’est pas suffisant pour qu’on déclare en art l'enfant supérieur à l’adulte.

Toujours est-il que voilà un garçon belge de trois ans et demi dont tous les bonshommes, d’ailleurs informes, ont un vague parapluie planté sur le crâne. Un de ses compatriotes, âgé de quatre ans quatre mois, s’est spécialisé dans « l’enfant tournant un moulin à café», ce dernier ayant des proportions telles que l’enfant n’a plus que l’importance d’un bouton de manivelle. Un autre Belge de cinq ans ne fait que des conscrits, trompette en bouche, pantalons à la hussarde. Ici, c’est une Bavaroise avec des lignées de bonshommes lançant des boules de neige ; tous ont le bras gauche qui passe audevant du corps pour monter haut, à droite de la tête; mêmes pieds à talons, même nez en bâtonnet, même boule noire à

en l’extrémité du bras contourné et

art + Us allongé. C’est devant de pareilles et demi. | notations qu’on se convainc que

le dessin est une écriture: tous

les bonshommes de Léna seront semblables, de même que tous les À de son alphabet se ressemblent. |

On pourrait discuter longtemps sur ce qui se passe dans la tête de l’enfant en face des phénomènes qu'il enregistre. Comme il n’est permis, à peine d’errements, que de faire une psychologie du comportement, ou mieux une description de ce qu’on voit, force nous est d'admettre que la première représentation d’un oiseau, par exemple, se fait en général, chez le bébé de trois à quatre ans, à peu près comme celle d’un être humain : il y a un rond et deux traits. C’est le résultat d’une vision encore lointaine, même si on appelle ce processus de l’anthropomorphisme, et même si l’on désire, pour la beauté d’une théorie, que l'enfant représente l'être humain par une figure verticale et l’animal par une figure horizontale. Ce que nous voyons, sans l'ombre d’un doute, c’est que Madeleine, à trois ans et demi, dessine les oiseaux exactement comme elle dessine les hommes ; un canard présenté par Sully, un chat apporté par Luquet sont

des anthropoïdes incontestables. La différenciation entre humains et animaux ne s'exprime pas du premier coup, bien qu’elle soit sentie avant trois ans, ne serait-ce qu’à cause des volumes et des gestes ; mais ceci est une autre question qui n'infirme pas que l’enfant passe de la confusion à l’énumération, du fruste au différencié, du global au précis.

42. W. « Types » de pâtres et de vaches, par garçonnet de Sierre, enfant B.

Rothe, qui a cherché à régénérer fortement l’enseignement

du dessin dans les écoles publiques de Vienne, trouve deux types d'élèves parmi les dessinateurs libres : ceux qui font des dessins arrondis, sinueux, ceux dont les dessins se ramènent à des figures géométriques. Ce sont les impressionnistes d’un côté, qui seraient essentiellement des visuels et représentent les choses telles qu’elles sont, directement ; les expressionnistes d’autre part, qui transposent les choses, les refont à leur idée et seraient des sortes de bâtisseurs plutôt. C’est revenir à l’art physioplastique et à l’art idéoplastique de Verworn, qui ont donné lieu à d’innombrables gloses, les unes prouvant que l'enfant et le primitif

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