EURE
Au-dessous de ces chiffres, le retard est alors de plus de deux ans. L'enfant est atteint ou suspect d’anomalie mentale. Ajoutons que l’appréciation du graphisme sera beaucoup plus nuancée et motivée si, à côté des éléments réfléchis qu’apporte l’enfant relativement au problème posé, nous notons l’allure générale du graphisme et confrontons celuici avec la série des dessins de bonshommes normalement faits aux différents âges. Associons Fay et Schuyten. Aux quelques points étalonnés s’ajouteront des notions sur le degré de développement du dessinateur par sa manière de traiter un personnage. En vertu de quoi, il est d’une clarté éblouissante que B., à dix ans, fait des horreurs qu’on présente à quatre ans. Plus subtil, D., qui a sept ans, montrera un retard de deux ans 50. W. Production d’un dans son croquis ultra expression- garçon de 7 ans, retardé. niste; et, en effet, c’est un déficient de cette espèce, qu’on a mis dans une classe spéciale. Quant à R., âgée de huit ans, son dessin vaudrait bien deux points, mais en même temps on remarque que cette fillette fait encore du syncrétisme, avec le parapluie indépendant de la main, et qu’en outre il fallait dessiner une dame et non pas un bonhomme quelconque ; son dessin est celui d’un enfant de sept ans. Soit à l’Asile rural d’Echichens, soit avec les élèves des classes
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lausannoises de retardés, soit en présence d'enfants amenés à ma consultation du Service sanitaire des Ecoles, j’ai eu fréquemment l’occasion d’utiliser «le test de la dame », et je suis chaque fois frappé de voir que le résultat correspond à tout ce que directeurs,
51. W. Composition d’une fillette de 8 ans, R., ayant un an de retard
inspecteurs ou instituteurs disent de l’élève examiné, quant à ses valeurs mentales, et correspond aussi à tout ce que j'extrais moi-même de l’élève mis en présence des tests Binet ou Vermeylen. Et ça se comprend. Le dessin est le premier travail d’abstraction que fait l'enfant, et par ce moyen on a de suite sous les yeux l'inscription d’une manifestation motrice qui traduit, après tout, le fonctionnement du système nerveux central, manifestation notablement moins complexe que l’écriture ou le parler. Sans permettre des conclusions au delà du fait lui-même, un dessin d’enfant se situe d’une facon claire, objective, dans le vaste panorama graphique
qu’apporte la cohorte des enfants ; on y lit la vision fruste et égocentrique de l’auteur, les détails de sa documentation, des marques de syncrétisme, son pouvoir de coordination, d’affinement, son réalisme visuel ou sa transposition poétique. Le dessin libre de l’enfant — mais sans suggestion, imitation ou réminiscence — permet singulièrement de mieux connaître
l'enfant.