‹ Les dessous de la séparationChapitre 2 sur 24 · RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES

Le gouvernement est aux mains d'un 'pouvoir occulte, — Angleterre et maçonnerie. — On commence à connaître les dessous de Vhistoire contemporaine. — C'est surtout dans la question religieuse que le rôle de Vétranger apparaît de façon indiscutable. — La séparation de VEglise et de VEtat, le plus considérable des événements de ce temps, doit être étudié sous ce jour. — Manœuvres tortueuses de Vétranger protestant dans la « séparation ». — La séparation * ne peut être utile qu'à VAnglcterre et Vltalie : elle mène notre pays à la guerre civile. — Schisme en expectative. — L'alliance anglaise c'est la guerre avec l'Allemagne.

L'affaire Dreyfus, si douloureuse pour les vrais patriotes, si infâme surtout parce qu'elle a abaissé et sali ce que nous avons de plus noble et de plus précieux : notre glorieux' drapeau et notre admirable armée, a eu cependant un bon côté : elle a ouvert les yeux aux sceptiques les plus déterminés.

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Personne ne doute plus aujourd'hui de l'existence du chef d'orchestre invisible qui, au dire de Liebnecht, battait la mesure avec un archet d'or, et chacun à présent se rend compte que ce n'est pas seulement depuis Vaffaire qu'il conduit chez nous le concert.

Hier encore on taxait volontiers de visionnaires les pensicurs, les érudits d'histoire, affirmant que la France n'avait plus depuis longtemps de vie propre. Aujourd'hui, il n'est pas un Français ignorant que la ircmcmaçonnerie nous gouverne, et beaucoup commencent k savoir qu'elle prend le mot d'ordre à Londres et à Genève, elle qui nous accuse d'obéir à Rome.

Ceux qui connaissent vraiment l'histoire savent que l'Angleterre a toujours eu, dans nos conseils, de misérables créatures soudoyées à prix d'or et que, depuis le cardinal Dubois jusqu'à M. Clemenceau, noml^reux furent les hommes publics auxquels la cavalerie de Saint-Georges fut secourable.

Sans doute, il serait vain d'énumérer depuis Paris- Duverney et M"*® de Prie ceux qui trahirent. notre pays.

Mais aujourd'hui qu'elle triomphe, cette politique anglaise et que M. Clemenceau est le véritable chef du gouvernement, n'est-il pas bon de rappeler avec quelle énergie mon pauvre ami Mores, un grand seigneur admirablement au courant des intrigues de Cours, criait en montrant du doigt M. Clemenceau : « Cet homme est vendu à l'Angleterre, j'en suis sûr I »

En effet, pour qui relit attentivement l'histoire des cinquante dernières années de ce pays, comment expliquer les actes d'une politique imbécile, contradictoires à tous les intérêts et toutes les traditions de la France, si ces actes accomplis, du reste, par des sou

verains ou des hommes d'Etat remarquables, n'avaient été préparés et ordonnés par un pouvoir occulte, par une puissance supérieure à laquelle ils ne pouvaient se soustraire et qui les forçait, malgré eux, malgré leur conscience à agir contre leur propre pays ?

C'est principalement dans le domaine religieux que ces faits paraissent plus sensibles :

La guerre au catholicisme, qui commence avec les encyclopédistes et les philosophes, la guerre contre Rome qui date de la Révolution et se continue encore de nos jours, mérite d'être particulièrement signalée, car elle témoigne d'une ingérence étrangère, elle dénonce une inspiratrice intéressée à nos divisions, elle montre notre pays obéissant à une direction opposée à ses sentiments, à ses traditions, à ses intérêts et à la grande mission qu'il exerce depuis si longtemps en Orient.

Les accusations infâmes, les calomnies abominables, SQUS lesquelles on dissimule la campagne protestante menée contre le clergé catholique, ne tiennent pas devant la critique historique, l'accusation qui représente le prêtre comme opposé au progrès de la liberté tend seulement à justifier la haine qu'on lui a témoignée.

Dès l'aurore de la Révolution, au contraire, le clergé s'est déclaré imprudemment acquis à ces idées qu'on l'accuse de méconnaître.

Aux Etats généraux, lorsque les ordres étaient divisés, n'est-ce pas le clergé qui délaissa la noblesse et, venant s'unir au Tiers-Etat, a fait l'acte décisif qui rendit possible cette Révolution dont le premier acte fut de dépouiller les prêtres, de leur imposer le serment, de les acculer au schisme ou à la mort. Plus tard par

réchafaud et la noyade la Révolution remercia ses premiers adhérents.

Sans nous attarder plusi longtemps aux choses du passé, n'avons-nous pas vu de nos jours le clergé sur Tordre du pape, conduit par le cardinal Lavigerie, aller au son de la Marseillaise faire adhésion à cette république dont l'aïeule l'avait si généreusement traité ? N'avons-nous pas vu soixante-quatorze évêques sur quatre-vingts faire hommage à un gouvernement encore modéré, et qui avait tout à gagner à cette alliance s'il voulait la paix du pays ?

Eh bien, c'est surtout depuis cette adhésion sans réserve que la République s'est montrée plus acharnée. Accentuant sa marche en avant, raillant comme une manœuvre cette évolution, elle répondit à cet appel par les mesures les plus rigoureuses, par l'expulsion des moines, les vexations contre les séculiers, les congréganistes, marchant aveuglément vers un but arrêté à l'avance par les loges : la décatholicisation de la France.

Ah! ce ne sont plus les violences sanglantes de la Révolution que nous avons à redouter, nos jacobins modern-style n'agissent plus de la sorte.

C'est au nom de là liberté, avec de mielleusesi paroles que ces Tartufes rouges s'attaquent à l'Eglise tout en semblant la défendre — c'est le procédé infâme de Renan qui baise le Christ au front avant de l'outrager.

Nous voici parvenus à un tournant de l'histoire bien redoutable.

Avant de s'engager plus avant, il importe de jeter un regard en arrière, de se recueillir, dé raisonner sur les faits si importants qui viennent de s'écouler afin

de se rendre compte des conséquences qulls vont produire.

La séparation de FEglise et de TELat est un fait accompli, et, dans ce malheureux pays, aveuglé et perverti pai* une presse immonde à la solde des juifs, des maçons et de l'étranger, cet acte, un des plus considérables du siècle écoulé, a passé presque inaperçu.

Depuis la faillite révolutionnaire c'est pourtant la première fois que la France laisse protester sa signature, la première fois qu'elle renie une dette reconnue par un contrat, la première fois qu'un grand pays, après s'être emparé d'un bien contre une rente, a gardé ce bien refusant simplement de continuer la rente. C'est là un acte d'improbité, un véritable vol, et la rupture du Concordat dans les conditions particulièrement odieuses où elle s'est accomplie, est une tache pour l'honneur de la France.

Mais, à vrai dire, une action aussi malhonnête, si elle ne préoccupa pas la masse, n'en jeta pas moins l'inquiétude dans l'esprit des rentiers, et l'émigration des capitaux montra combien la confiance dans le gouvernement était diminuée.

Cette mesure était donc trop maladroitement compromettante pour qu'un gouvernement habile ait pu la prendre de gaîté de cœur, elle lui fut certainement imposée par un pouvoir anticatholique, puisqu'elle est seulement dirigée contre l'Eglise dont elle achève la ruine matérielle commencée en 1789.

En effet, les bons apôtres qui nous vantent l'obéissance des protestants et des juifs à la loi savent bien que la Révolution n'a rien enlevé aux premiers et qu'elle a tout donné aux seconds, et qu'on ne saurait les mettre en parallèle avec les catholiques auxquels on a pris des

biens immenses mérités par quatorze siècles d'enseignement.

Et maintenant pourquoi donc, depuis plus de cent anmées, une guerre sans merci est-elle faite à cette seule religion qui, depuis que la France existe, a élevé les enfants de ce pays, qui a pétri pour ainsi dire Tâme française et Ta faite plus noble et plus grande qu'aucune autre ?

Pourquoi tant de haine contre la cathédrale et tant de faveur pour le temple et pour la synagogue ? Pourquoi tant de tracasiseries, tant de malveillance contre les croyances de la majorité et tant de bienveillance pour les idées confessionnelles d'une infime minorité, surtout composée d'étrangers ?

Enfin, pourquoi cette politique dirigée avec une hostilité si persistante contre la papauté dont nous fûmes toujours les alliési, cootre Rome dont la France a tiré tant de sujet de gloire ?

Gomment un peuple latin sert-il- exclusivement la politique anglo-saxonne, au détriment de sa race ?

Gomment ce peuple, qui, au fond, tient à ses croyances, à ses habitudes reUgieuses, en arrive-t-il à: se IcLisser dominer servilement, à se laisser imposer une ligne de conduite odieuse et dangereuse ?

C'est un problème que peuvent facilement résoudre ceux qui, comme Maurice Talmeyr, savent commeinit se fait l'opinion, ceux qui savent que les journaux et les agences ne reflètent pas le sentiment du pays, mais celui de l'étranger, celui du cosmopolite qui les subventionne, et qui, au nom d'un petit groupe de banquiers, commande à ce pays si fier autrefois et aujourd'hui si servile après trente-cinq ans de république maçonnique.

Ce que nous vouloms exposer dans ce volume en relatant les manœuvres tortueuses de l'étranger dans Tœuvre abominable de séparation, c'est que la tyrannie jacobine et maçonnique, qui est exercée sur nous par une minorité de protestants, de juifs et de maçons depuis Vo^ortunisme, n'est que la figuration de la véritable puissance qui nous opprime.

Ce que nous voulons bien mettre en lumière, c'est que, dans toute attaque contre le catholicisme, la passion de nos adversaires est simulée, et que le sectarisme cache tout simplement la trahison co»ntre la patrie, œuvre de l'étranger, œuvre de l'Angleterre et de l'Italie, faite toujours sous le couvert de l'anticléricalisme.

C'est donc une trahison contre la France que leâ Dhefs occultes de notre pays perpètrent en ce moment, dans cette crise de la séparation, et nous montrerons que le plan de cette campagne menée avec autant de persistance que celle de Pittxontre Napoléon, que cette guerre contre le papisme, ne peut servir que l'Angleterre et ritalie, ruine notre pays et le mène à la guerre civile et à la guerre avec l'Allemagne.

Dans cette question de la séparation qui est le fond môme de ce livre, nous allons démasquer à la fois l'œuvre ténébreuse de l'Italie et de l'Angleterre, nous ferons connaître dans quel but et comment le voyage du roi d'Italie à Paris et celui de M. Loubet à Rome ont été préparés et négociés par la diplomatie anglaise.

Nous expliquerons comment la rupture des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la France a t^té L'xigée par les loges sur un mot d'ordre de Londres et de Rome, et arbitrairement cherchée. Nous verrons la loi de séparation préparée par les loges, votée par

tous les députés maçons, et devant être appliquée par M. Clemenceau, celui qui, en disant : Je vole pour Loubet, a mis la main sur le président, Ta mené à Londres et à Rome, et Ta livré au roi Edouard VII.

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