CONCLUSION
Nous avons montré Tœuvre ténébreuse de l'Angleterre et de sa fille la maçonnerie contre le papisme, contre le catholicisme, contre la France.
Ce que nous avons établi dans ce volume, en relatant les manœuvres tortueuses de l'étranger dans l'œuvre abominable de la séparation, c'est que la tyrannie jacobine exercée sur nous par une minorité de protestants, de juifs et de maçons n'est que la figuration de la véritable puissance qui nous opprime.
Ce que nous avons mis en lumière, c'est que dans toute attaque contre le catholicisme, la passion de nos adversaires était simulée et cachait leur trahison contre la patrie sous le couvert de l'anticléricalisme.
Nous avons dénoncé cette trahison des chefs de notre France qui osent nous traiter de mauvais Français, et nous avons prouvé que cette campagne menée contre le Pape avec autant de persistance que celle de Pitt contre Napoléon ne pouvait profiter qu'à l'Angleterre et à l'Italie, qu'elle ruinait notre pays et lé
menait à la guerre civile et à la guerre avec V Allemagne.
Ce que nous avons révélé surtout, c'est que le pouvoir occulte exercé chez nous par l'Angleterre et l'Italie au moyen des sectes ne date pas d'hier et qu'il n'a pas seulement tenu entre ses mains des ministres corrompus, mais un souverain et un président, et que depuis 1852 jusqu'en 1869 et depuis 1877 jusqu'à l'heure présente de la séparation, l'Angleterre a été notre véritable maîtresse et qu'elle nous a fait travailler beaucoup pour ses intérêts matériels et surtout pour ses idées bibliques.
Nous avons montré ensuite que la maçonnerie, les protestants et les juifs nous menaient systématiquement au schisme, et qu'après avoir essayé d'inventorier les tabernacles, ils n'organisaient les associations cultuelles qu'avec l'idée préconçue de nous conduire au protestantisme selon le plan proposé depuis longtemps par les Yves Guyot, les Desmons, les Lanessan, les Pressensé, les Buisson, les Steeg.
M. Yves Guyot, avec son cynisme coutumier, n'at-il pas fait l'aveu de ce dessein dans le Siècle :
« La France, proclama-t-il, a tout à perdre en restant catholique ; elle a tout à gagner en devenant protestante^ c'^st sur le protestantisme QUE NOUS COMPTONS 1 »
Nous avons établi qu'après notre écrasement militaire, facilité en 1870 par l'Angleterre et l'Italie, la conquête religieuse et économique de notre pays avait été accomplie par la Grande-Bretagne, qui nous imposait maintenant la rupture avec Rome et le schisme.
Avec M. de Mahy, l'ancien ministre patriote, nous avons crié :
LES DESSOUS DE LA SÉPAUATION ^îî9
« Ce qui nous mène au naulrage certain et inévitable, c'est la trame jetée sur nous par les sociétés politico-religieuses de TAngleterre. »
Avec lui nous répéterons encore ces paroles prononcées à la Chambre des députés le 12 mars 1899 :
« L'organisation biblique dont la tête est en Angleterre est une double épée dont les , poignées sont à Londres et à Berlia et dont les pointes convergent sur le cœur de la France. »
Enfln nous avons fait connaître comment le voyage de Loubet à Rome avait été négocié- par la diplomatie anglaise, comment, pour amener la rupture avec le^ Saint-Siège, le gouvernement avait systématiquement cherché querelle au Pape, nous avons dit aussi les menées des soumissionnistes, les agissements des prélats à rassemblée des évoques et Taction d'un gouvernement sans scrupule.
Tout cela devait surtout faire ressortir le triomphe de Pie X, le plus glorieux Pape qui se soit assis sur le trône de Pierre depuis Grégoire le Grand.
Pie X est un être d'exception, un Pontife d'une bonté, d'une douceur et d'une humilité indicibles ; mais, devant un devoir ù accomplir, rien ne saurait le faire reculer.
Lorsque le Pape a été bien convaincu que le gouvernement de la République maçonnique poursuivait sans merci un plan déterminé depuis vingt ans, et dirigé cyniquement contre l'Eglise catholique, lorsqu'il a compris que toute concession était vaine, toute cômproinission dangereuse avec un ennemi si implacable, Pie X a pris irrévocablement sa décision, et depuis elle est demeurée inébranlable malgré les
prières des soumissionnistes et les menaces du gouvernement.
La voix du Souverain Pontife, nette, précise, résolue s'est élevée dans FUnivers attentif, et elle a apporté les décisions de TEglise aux fidèles dfe France, qui ont plié les genoux et ont obéi.
Ah ! ce fut un réconfortant et admirable spectacle pour le temps présent que ces millions de catholiques adversaires la veille, fraternellement unis dans leur communion avec Rome.
Et les quelques évoques que le gouvernement avait choisis et qu'il croyait bien tenir, malgré tes invites du pouvoir, ne s'éloignèrent point de l'Eglise et se prosternèrent respectueusement devant leur chef Souverain ; la lettre d'unanime adhésion de l'épiscopal à la parole pontificale fit cesser nos alarmes.
A riieure actuelle, la partie est momentanément perdue pour le gouvernement. Il a suffi d'une parole positive, nette et ferme de Pie X pour réunir en une seule famille les fidèles, les prêtres et Jes évêqucs de France.
h'Eglise gallicane est donc morte, et pour faire une tentative de schisme, le gouvernement, sans évoques et sans prêtres a dû s'ad!resser à un ioumalisté qui agit en habile homme, mais sans espoir de succès.
Ne triomphons pas cependant. Jamais l'avenir ne parut plus sombre et jamais il ne fut plus nécessaire d'être vigilants. La maçonnerie ne désarme pas, l'Angleterre est tenace, des embûches nouvelles nous seront tendues pour la fin de cette année.
L'année 1907 sera certainement une douloureuse époque pour les catholiques de France, qui doivent d^s aujourd'hui se tenir prêts aux pires éventualités.
Avec le Père Monsabré répétons ces paroles prophétiques dont la chaire de Notre-Dame retentit encore : encore :
« Nous voilà maintenant comme des arbres que la tempête a ébranlés dans leurs racines, tous frémissent sous les coups du verit et de Vorage. L'avenir est sombre et plein d'incertitude. Nous voudrions écarter le spectre. Vains efforts 1 il hante nos jours et nos nuits, il s'approche de plus en plus de notre âme épouvantée, il murmure à notre oreille : demain I
« Qu'arrivera-t-il demain ?
« Et nos os sont broyés par la terreur et notre cœur est étreint par Tangoisse. Dieu, ayez pitié de nous I Miserere. »
Rome, iO octobre 1906.