‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 11 sur 842 · AVANT -PROPOS XIX · texte numérisé non relu

AVANT -PROPOS XIX

lions confidentielles adressées aux gouverneurs des provinces et que Pergen avait rédigées sur son ordre (1).

Joseph II ne s'en tint du reste pas là et peu de jours seulement avant sa mort (20 février 1790) il avait eu à cœur de déterminer d'une façon plus nette et plus précise les attributions du ministre, ainsi que la nature et l'étendue de ses relations avec les dépositaires de l'autorité impériale dans les différents pays de la Couronne.

Aussi, presque au lendemain de l'avènement de Léopold II, Pergen, encore sous l'impression des volontés et des désirs de Joseph II, peut-être aussi parce qu'il avait le pressentiment des difficultés qu'il allait rencontrer, adressait-il au nouveau souverain un rapport, en date du 2 mars 1790, dans lequel il lui exposait le caractère que dans ces dernières années l'empereur défunt avait jugé à propos de donner au département à la tête duquel il l'avait placé.

La brièveté de son règne empêcha seule Léopold 11 de détruire l'œuvre que son frère venait d'entreprendre et avait même à peine ébauchée. Heureusement pour Pergen et surtout pour l'Autriche, l'Empereur François n'eut rien de plus pressé que de réagir contre les mesures que son père avait prises en mars 1791, mesures qui ne tendaient à rien moins qu'à paralyser, qu'à annihiler même presque complètement l'action du ministre, et qui avaient à tel point diminué ses pouvoirs et ses attributions que celui-ci avait répondu à la publication du Rescrit de Léopold en lui envoyant sa démission.

La retraite de Pergen ne fut du reste que de courte durée. Moins d'un an après son avènement, François II créait définitivement la Polizei Hofstelle et replaçait à sa tête, en qualité de Président, le comte Pergen (2) auquel il conférait de plus le titre (TOberster Polizei Minister.

Ce fut, dès lors, un vrai Ministère de la Police, quoique

1. Cf. Oeslerreichische liundschau, juillet 1911, t. XXVIII, 1" livraison. [A. FouBNiER. Kaiser Joseph II und der Geheime Dienst (p. 31-37).] Reproduction in extenso de cette Instruction confidentielle que l'auteur de cet intéressant article a tirée des dossiers des Allgemeine Polizei ylc<e/i (Archives du ministère de l'Intérieur I. et R,)

2. Il sera peut-être intéressant de relever à ce propos qu'il n'y eut, de 1792

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d'abord avec un personnel 'singulièrement restreint (1) et pendant un certain temps, avec des ressources bien maigres (2), mais dont, grâce au zèle inlassable des hommes d'Etat chargés de le diriger et aussi grâce à la pression, à la gravité et à la multiplicité des événements, Timportance ne cessa d'aller en croissant depuis 1793 jusqu'au moment où se réunit à l'automne de 1814 le Congrès de Vienne.

J'aurais voulu pouvoir suivre d'un peu plus près le développement des différents organes de ce Département ; mais j'ai dû y renoncer parce qu'un pareil exposé m'aurait entraîné par trop loin. J'ai cru plus sage de placer aux Annexes et à titre de simples indications, quelques pièces qui permettront à mes lecteurs de se faire une idée un peu plus exacte de la façon dont s'est peu à peu constitué, élargi, agrandi, modifié et transformé le service conçu et inauguré par Joseph II (3). Je me bornerai donc à leur faire remarquer ici en passant que, dès l'année 1800, on rattacha la Ceiisure à la Polizei Hofstelle et qu'on établit à partir de ce moment une entente et une collaboration des plus intimes et des plus complètes avec le Cabinet Noir, dont on ne cessa d'étendre le rayon d'action et de perfectionner le fonctionnement.

Grâce à l'activité toujours en éveil de Sumerawetde Hager,

à 1848, que quatre personnages qui remplirent ces importantes fonctions à savoir :

Le comte Pergen de 1792 à 1803;

Le baron Sumeraw de 1803 à 1807 ;

Le baron Hager, vice-président de 1807 à 1812 et président de 1812 au mois d'août 1816;

Et enfin le comte Sedlnitsky, vice-président de 1815 au 15 mai 1817 et président depuis cette époque jusqu'à la suppression du ministère en 1848.

1. Au début vers 1790, Pergen n'eut en fait de collaborateurs directs que le conseiller aulique von Béer, directeur supérieur de la police de Vienne et les deux secrétaires auliques. Schilling et Mœhrenthal.

2. En 1793, comme du reste pendant plusieurs années encore, le budget spécial de la police ne s'élevait qu'à la somme totale de 10.000 florins, somme que la cassette de l'Empereur versait directement au ministre en quatre payements trimestriels.

3. Cf. Annexe l. Rapport du comte Pergen, du 18 février 1793. Annexe IL Rapport de Sumeraw, du 12 mars 1804. Annexe III. Rapport du même, du 2 février 1806. Annexe IV. Décision impériale du 27 février 1806. Annexe V. Rapport de Hager à l'Empereur du 5 août 1808 et décision impériale en réponse à ce rapport.

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