Vienne, 28 septembre 1814 (F. 1. 3718 ad
COMTE DE SCHULENBURG à EINSIEDEL (2). (à Berlin) {Intercepta en allemand) (Analyse).
Les intentions et le programme de la France au Congrès et en particulier relativement à la Saxe. L'attitude de Labrador.
L'Ambassade de France au Congrès est arrivée le 24. J^ai causé déjà avec eux et voici quelles sont leurs vues.
La France satisfaite de ses frontières ne veut pas d'agrandissement et ne désire que le repos et la paix de l'Europe. Elle défendra et proclamera les principes d'équité qui reposent sur l'équilibre politique consenti et établi par Taccord des puissances. C'est pour cette raison même que la France ne peut admettre, ni ce qui s'est passé à Naples par ordre de Napoléon, ni ce qui a été fait pour le duché de Varsovie et pour la Saxe, et encore moins ce qu'on se propose de faire de ce royaume.
Bien que ni le prince de Talleyrand ni le duc de Dalberg n'aient encore fait et n'aient encore pu faire à ce propos de déclaration formelle et officielle, la France veut, en un mot, le maintien du royaume de Saxe et de la dynastie actuelle.
Labrador a reçu de sa Cour l'ordre d'agir dans le même sens et je crois que les Ministres de France ont déjà fait con-
1. Bellio ne tarda guère à être expulsé. Le Mémoire dont il s'agit ici est le Mémoire du 18 août de Gentz sur la Pologne publié par Klinkowstrosm dans Œsterreichs Theilnahine an den Befreiangs Kriegen (pages 384-395).
2. Le comte d'Einsiedel était resté auprès de son roi. « Premier Ministre sous le titre de Ministre de Cabinet, dira plus tard de lui (en 1826) Gussy dans ses Souvenirs, I, 345, il a sous sa direction spéciale l'intérieur et les affaires extérieures Ce personnage auquel Frédéric-Auguste donne toute sa confiance est roi autant et même plus que son maître. Il ne manque pas d'habileté, mais sa politique le place à la remorque de la Prusse et ses intérêts le maintiennent dans cette voie. Il est en effet propriétaire d'importantes usines se trouvant sur le territoire saxon et le territoire prussien et a obtenu de la Prusse de grandes facilités pour leur exploitation. Je doute que sous un autre roi il puisse se maintenir au pouvoir ».
Et en effet en 1829, deux ans après l'avènement du roi Antoine il fut forcé de donner sa démission.
naître ces intentions et leur programme aux hommes d^Etat [ avec lesquels ils ont eu occasion de s'entretenir.