‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 241 sur 842 · Vienne, 28 octobre 1814 (F. 1. 4087 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 28 octobre 1814 (F. 1. 4087 ad

Nota à HAGER (en français).

Les souverains étrangers et l'opinion publique, et leur séjour à Vienne.

Tous les Autrichiens sont enchantés du rôle digniteux(5zc)

et magnifique que joue notre Cour en cette occasion à jamais

mémorable et sans exemple. On est surpris çt charmé de la

magnificence impériale et qui a un air si solide. On dit ouver.

tement que notre Cour n'est plus à reconnaître. L'élégance

des équipages, le bon goût, le bon ton de ses gens, etc., etc..

tout a une physionomie si ditTérente de l'ancienne qu'on serait

tenté de crier au miracle, car tout ceci s'est fait tout d'un

coup. Mais ce qui flatte davantage l'amour-propre national,

c'est de voir comment les souverains étrangers se conduisent

ous envers notre empereur qu'ils ont tous l'air de regarder

omme le premier d'entre eux et qui, de son côté, montre tant

e bonhomie et de véritable grandeur, sans orgueil et avec ce

on paternel qui lui gagne tous les cœurs, même des étran-

ers, desquels j'ai entendu moi-même ses éloges, surtout des

taliens et des Allemands.

Celui qui plaît davantage décidément parmi les princes étrangers, c'est le roi de Prusse. Son maintien sage et modeste ^vec dignité, son air militaire et jusqu'à son corps et sa figure mt obtenu la préférence, même auprès des dames, à ce roi sur IjUexandre.

On trouve à celui-ci tour à tour un ton affecté, mêlé de russe

\t de français, et personne ne se fie à ses extrêmes politesses

^commande. Il passe pour grec, léger, inconstant, et en même

^ps boutonné, altier, mais surtout plus loin de nous que

tait un Prussien au temps de Frédéric le Grand. Bref, il

)laît pas et on ne s'y fie pas.

^n dit encore du bien du roi de Danemark, et on est enchanté foir ici le roi de Bavière qui plaît par ses manières ouvertes. tout le monde préfère l'impératrice de Russie, qui a un [si aimable et si bon, aux deux. grandes duchesses, dont jie d'Oldenbourg passe pour une intrigante de première bce et fausse au dernier point dans le temps qu'on lui reconbeaucoup d'esprit et d'érudition politique et grande envie

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de plaire et de faire effet. Le bruit de son mariage avec l'archiduc Charles commence à se refroidir. Les Italiens en étaient enchantés ; je veux dire les Milanais, dans Tespoir que l'archiduc serait gouverneur du Royaume de Lombardie et tiendrait avec elle une Cour brillante à Milan, de quoi ce grand et beau pays ne peut pas se passer.

Du roi de Wurtemberg, personne n'en parle. Il y a une forte cabale contre lui en Allemagne. Les savants, les philosophes,! les Constitutionnistes (sic) jettent les hauts cris sur son despotisme et sa fierté. Cette aversion s'est propagée jusqu'à Vienne. Le Prince héréditaire, qu'on dit chef du parti contre le gouvernement actuel de son père, plaît généralement à toul le monde, de même que celui de Bavière qui passe pour autrichien dans l'âme.

On parle peu ou rien des autres princes des maisons souveraines. Les grandes têtes couronnées absorbent toute l'att'^ ^tion et la curiosité du public.

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