‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 277 sur 842 · Vienne, 7 octobre 1814 (F. 1. 3867 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 7 octobre 1814 (F. 1. 3867 ad

0 0 à HAGER

ent la France et l'Espagne veulent qu'on interprète au Congrès le .té de Paris. Conversation avec Dalberg. Le baron Hacke et Talleyrand. "•erg et Aldini.

Les missions de France et d'Espagne au Congrès inter- :'ètent dans le sens le plus large l'article 32 du traité de

Paris du 30 mai, aux termes duquel tous les Etats, qui ont pris part à la dernière g'uerre, sont invités à envoyer au dit Congrès des plénipotentiaires chargés d'examiner et d'approuver après vérification les articles de ce traité, paragraphes relatif an cours du Rhin, à la navigation du Rhin paragraphe a, , à la résolution prise de préciser la rédaction par trop vague de ce paragraphe 5 et de voir comment on pourrait faciliter les communications fluviales internationales, paragraphe 6, relatif à Findépendance des Etats allemands, unis entre eux par un lien fédéral, les paragraphes 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24 et 31 relatifs aux dispositions générales ayant trait aux dettes, aux contributions des différents pays, à la restitution des papiers d'Etat, enfin à tout ce qui concerne l'Italie et . maison de Bourbon en Italie et qui à ce titre intéresse fori la France et l'Espagne.

« Il n'y a plus de puissances alliées depuis le traité de Paris m'a dit le duc de Dalberg que je vois souvent et qui s'ouvrt volontiers avec moi, La France doit intervenir au Congre.' comme l'Angleterre, comme l'Autriche, comme la Prusse comme la Russie. »

Hier matin, il m'a encore dit : « C^est scandaleux. Commen ce Congrès se traîne. Talleyrand y a été une fois ; je n'y a pas été invité et n'ont assisté à cette conférence que le Ministres secrétaires d'Etat seuls, sans les ministres adjoints On n'a fait que mystifier Talleyrand. On lui a dit qu'on avai convenu de beaucoup de choses et quand Talleyrand ademand à savoir quoi, on lui a répondu que c'était un secret, que l'o avait convenu de ne dire cela qu'à une certaine époque. »

Dalberg a continué et m'a dit alors : « Nous savons foi bien ce qu'il en est. C'est le duché de Varsovie, c'est la coi ronne de Pologne qui est cédée à la Russie ; c'est la Saxe qi est cédée à la Prusse. Ils savent bien que Talleyrand, Labrado et moi, nous prenons la poste et que nous retournons à Par! au moment que l'on nous mettra dans la confidence de ( secret. Nous ne comprenons rien à la politique de M. de Me ternich. S'il donne la couronne de Pologne à la Russie, c moins de quinze ans la Russie aura chassé les Turcs ho d'Europe et la Russie sera plus dangereuse pour la libertéjii l'Europe que ne l'a jamais été Napoléon. ^f

« La Prusse s'abandonne à la Russie, peut-être à cause <[

sa position géographique. Mais l'Autriche, au lieu de coij

courir et de travailler à la prépondérance delà Russie, pourquoi ne se tient-elle pas aujourd'hui bien sincèrement à la France pour, de concert, s'opposer à ce colosse qui va écraser l'Autriche et les autres puissances. »

Le Baron Hacke, ministre de Bade, fréquente assidûment chez Talleyrand, auquel il sert d'espion et d'informateur. C'est par lui qu'il sait tout ce qui se passe chez Metternich, chez l'Empereur, chez les souverains présents à. Vienne. II remplit les mêmes fonctions auprès du Comte de Rechberg et de la Cour de Bavière. Le Baron Hacke n'est guère bien disposé pour nous et n'est pas des amis de Metternich.

Dalberg- m'a parlé d'Aldini :« C'est, m'a-t-il dit, un homme ;| de très grand talent, connaissant à fond l'Italie. Mais c'est aussi f] un de ces Italiens excentriques qui veulent faire de l'Italie un seul royaume dont Rome sera la capitale. Aldini travaille et correspond avec Murât qui caresse encore ce projet. Le Vice Roi n'avait pas le talent nécessaire pour réaliser ce projet, qu'il avait eu, lui aussi, un instant. »

Talleyrand passe toutes ses soirées chez la duchesse de Sagan où il se flatte d'apprendre les secrètes pensées de Metternich.

Page 1