‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 412 sur 842 · Vienne, 22 octobre 1814 (F. 2. 4123 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 22 octobre 1814 (F. 2. 4123 ad

Comtesse de REGHBERG au Comte de GOERTZ (à Ratisbonne) {intercepta) (en français).

Les affaires d'Allemagne. Les premiers projets de Constitution. Francfort, siège probable de la Diète.

On travaille vivement aux affaires d'Allemagne. Trois ou quatre séances ont déjà eu lieu (1). Il s'agit de fixer un Bundestag qui se rassemblera à des termes fixés, probablement à Francfort.

L'Autriche, ainsi que la Prusse, y auront deux voix chacune. La Bavière, le Hanovre et le Wurtemberg en auront chacun une. Les Souverains, qui n'auront pas au delà de 100.000 sujets, seront dans une chambre basse où ils pourront, avec quelques modifications, énoncer aussi leurs opinions. Tel doit être le plan sur lequel il y aura sans doute encore bien du travail.

if

LOEWENHIELM à WETTERSTEDT (2) (à Paris). [Intercepta) (en français).

Le sort de la Suède semble assuré. Les appétits des Puissances. La Polo gne et Alexandre. Murai et les Bourbons. Parallèle entre Murât et FerdiS nand IV. Inaction des Huit.

Je vois, grâce à l'indépendance parfaite dont la Suède jo désormais, d'un œil tranquille et calme les agitations d autres Puissances qui ne s'entendent pas encore sur le pa tage du butin. La moralité qu'on a prêchée est difficile à corder avec certains appétits qu'on veut satisfaire. D' autre côté, tout le monde convient de la justice qu'il y aflkiJe:

1. Le Comité des affaires d'Allemagne, qui avait en effet tenu séance le le 16 et le 20 octobre, tint une quatrième séance le 22, le jour même où Comtesse de Rechberg écrivait à son père (Cf. d'ANOEBERG, 289-290, 296-3 303-315, 320-330).

2. Wetterstedt (Gustave, baron de), Ministre de Suède à Paris.

H iian,

rendre aux Polonais une existence nationale ; mais on ne veut pas les laisser à l'Empereur Alexandre qui est le seul qui sent et qui veut et celui sans lequel aucune Pologne ne saurait exister.

L'histoire de Murât est une autre affaire. Les Bourbonnistes veulent récupérer le trône et ils ont des gens qui les soutiennent. Mais je ne sais pas encore s'il est de l'intérêt de tous de rendre un pied à terre aux Français en Italie, et on a beau dire, il paraît que Murât est beaucoup plus aimé que le légitime Ferdinand et que son gouvernement est infiniment au-dessus de celui de l'ancienne dynastie. On le dit très aimé à Naples. En tout cas, les folies et le cagotisme de l'autre Ferdinand en Espagne ne sont pas de nature à encourager les Napolitains à désirer leurs anciens maîtres.

En attendant que tout cela s'arrange, nous autres du Conseil Préparatoire des Huit, nous ne faisons rien du tout, et le temps se perd en paroles.

:86. Vienne, 22 octobre 1814 (F. 2. 4123 ad 3565).

REGARD à ENGESTRŒM {Intercepta) (en français).

,e Congrès. L'occupation de la Saxe par les Prussiens. Le futur système fédératif de l'Allemagne. Réduction du nombre des Etats indépendants. Razoumoffsky fait don de son palais à la Russie.

Les négociations préparatoires se terminent à peu près dans

îs mêmes termes, quoiqu'on fasse tout pour aplanir les dif-

cultés et parvenir à un parfait accord.

On parle beaucoup de l'occupation prochaine de la Saxe par

Is troupes prussiennes.

A ce qu'on assure, la question s'agite de réduire à un petit

).mbre les Etats indépendants qui composeront dorénavant le

rstème fédératif de l'Allemagne, en sorte que les Monarchies

^ules jouiront d'une réelle autonomie et les autres Etats

rands-Duchés, Principautés, etc., etc.), seront placés sous

protection et direction quant aux relations extérieures et

la disposition de leurs forces militaires et que par conséquent

souveraineté sera plus ou moins limitée en raison de l'im-

krtance de leurs possessions. Il est évident que cet arrange-

3o8 AUTOUR DU CONGRÈS DE VIENNE

ment n'est pas fort agréable aux Gouvernements et n'est pas 1 goûté par la haute noblesse allemande qui s'était imaginée qu'on allait rétablir une espèce d'Empire germanique, qui eût mieux convenu à des intérêts de famille, qu'elle a d'ailleurs de bonnes raisons pour désirer, mais qui n'est pas envisagé sous le même point de vue par les cabinets désireux de mettre l'Allemagne à l'abri des malheurs dont son ancienne constitution était peu propre à la garantir.

Le comte Razoumofîsky vient de faire hommage à l'Empereur Alexandre de son magnifique palais et jardin ici. On croit qu'il va être nommé Ambassadeur à cette Cour.

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