‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 411 sur 842 · Vienne, 22 octobre 1814 (F. 2. 4123 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 22 octobre 1814 (F. 2. 4123 ad

Rappout à HAGER

Les causes de l'opposition de la noblesse russe au rétablissement du royaui de Pologne. Les idées du général Orurk en faveur du groupement des peupl^ balkaniques et de la création d'un royaume gouverné par un prince ru6f'

Maintenant que je commence à voir plus clair, voici 1< observations que j'ai faites.

La noblesse russe est loin de désirer le rétablissement royaume de Pologne, et voici les raisons que m'en donnent 1« Russes présents ici :

1° La noblesse russe redoute l'intelligence, infiniment su] Heure à la leur, des Polonais et la prépondérance qu'ils ne deraient pas à acquérir.

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2" Elle craint que, même placé sous la domination d'un prince russe déclaré indépendant, et malgré les liens de parenté qui l'uniraient à la Russie, ce royaume rechercherait surtout son propre avantage et s'eîforcerait d'attirer à lui les autres provinces et ce qu'on est convenu d'appeler la nouvelle Russie. 3° Elle craint enfin que, dans le cas où la Pologne deviendrait un royaume secondaire, un royaume façonné sur le modèle de la Hongrie, qui dépend entièrement de TAutriche, les préférences, qu'Alexandre témoignerait à ce royaume fraîchement éclos, pourraient aller jusqu'à tolérer, jusqu'à favoriser l'annexion à la Pologne de la nouvelle Russie. Il en résulterait fatalement qu'avec le temps, ce nouveau colosse finirait, à cause de la ditférence de religion et de coutumes, par se détacher de la Russie.

Les généraux-lieutenants russes, comte Orurk et Zwieliniew, qui sont très considérés dans l'armée, que l'Empereur a couverts 'honneurs et qui exercent une certaine influence sur l'esprit e l'armée et de la noblesse, sont tellement hostiles au rétablisement de ce royaume qu'ils n'ont pas craint de dire, que l'Emereur n'a pas le droit, aux termes de la Constitution du pays, e détacher de l'Empire une province qui lui a été annexée, e plus, ces Messieurs pensent que la portion, dont s'augmenera le duché de Varsovie, est trop petite pour qu'on puisse aire de la Pologne un royaume et que, sans les provinces prusiennes et la Galicie orientale autrichienne, les Polonais ne eront jamais contents. Le comte Orurk déclare et fait remaruer entre autres que l'intérêt de la Russie lui commande de atisfaire l'Autriche et la Prusse du côté de la Pologne, de noncer en leur faveur aux deux nouveaux cercles de la alicie Orientale sur le Dniester et de ne pas songer à des grandissements de ce côté. La Russie ferait mieux de songer l'Eglise grecque et, d'accord avec l'Autriche, de former jusu'aux Balkans un seul tout des peuples de la Moldavie, de Valachie et de la Bulgarie et de placer à la tête de ce noueau groupement un prince russe qui deviendrait leur roi.

3o6 AUTOUR DU CONGRÈS DE VIENNE

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