Vienne, 12 novembre 1814 (F. 3. 4643 ad
e 0 à HAGER
Les sommes dépensées à Vienne par les souverains et les missions. Les prouesses cynégétiques et l'impopularité du Roi de Wurtemberg. Les avantages deFAvent.
Le banquer Elkam a dit hier à la soirée que le Conseiller d'Etat Russe Ott donne tous les vendredis, que jusqu'à ce jour, y compris les Anglais, les souverains et les hommes d'Etat n'ont guère dépensé qu'un million de florins. L'Empereur de Russie n'a pris jusqu'ici que 100.000 florins en papier et 6.000 ducats en or, les Bavarois, 60.000 florins papier. Quant au roi de Wurtemberg, il a apporté du numéraire, et il paraît qu'il spécule sur le change. Gomme le fait très justement remarquer Elkam, on ne s'aperçoit que bien peu à Vienne de cet apport et de ce mouvement d'argent.
Les souverains étrangers, les secrétaires d'Etat et leurs suites sont les hôtes de l'Empereur et entièrement défrayés par lui. Les ambassades envoyées au Congrès, Talleyrand, Hardenberg, Labrador, Castlereagh, Lœwenhielm n'ont pas^ de vrai train de maison et ne donnent pas de fêtes. A Paris, le séjour des souverains, qui y vivaient à leur compte personnel, a rapporté à la ville 20 millions.
On a parlé de la chasse au sanglier d'avant-hier. Le roi de- Wurtemberg à lui seul en a tué 32. « C'est, à dit à ce proposle baron Linden, à cette malheureuse passion pour la chasseque mon roi doit son impopularité. >
« Dieu merci », a-t-on encore dit ce soir-là, « nous voilà en plein Avent. On ne dansera plus. L'Empereur de Russie devra , rester chez lui, et peut-être pourra-t-on enfin travailler un peu ».
l'ouverture du COxNGRÈS. LA SAXE ET LA PULOG.NE 515