Bologne, 30 octobre 1814 (F. 3. 4663 ad
^•LISA BAGIOCGHI au Comte ALmNl{In(.ercepla) (on français).
Elle demande la restitution de sa fortune particulière, fait appel à Alexandre et à Pozzo di Borgo et renonce au duché de Piornbino.
M. le comte Aldini, je reçois votre lettre du 21. Vous devez sentir combien je désire que Ton me rende mes eiïets et mes propriétés particulières avant Thiver. Je n'attends que cette décision pour acheter une maison et m'établir définitivement à Bologne.
Le prince a eu autrefois des relations d'amitié avec le comte Pozzo di Borgo. Je joins ici une lettre pour lui. Dans le cas où vous jugeriez qu'elle serait utile à la réussite de mes demandes, remettez-la lui. Lorsque l'Empereur de Russie était à Paris, il m'avait fait assurer qu'il s'intéressait à ce qu'on me rétablît dans ma principauté de Lucques. Tous les droits sont pour nous. Tâchez qu'il prenne ma défense. L'Empereur Napoléon ne pouvait pas renoncer pour mon mari, pour qui il n'a rien stipulé dans le traité de Fontainebleau. Quant à la principauté de Piombino, je l'abandonne et vous autorise à le dire au Congrès. Cette principauté m'ayant été donnée par un sénatus-consulte de l'Empereur Napoléon, je me regarde comme indemnisée par les 300.000 francs que m'accorde le traité.
Faites valoir mes droits avec la chaleur dont vous êtes capable, et si vous ne parvenez pas à obtenir ce que je regarde comme un droit, je n'en conserverai pas moins une éternelle reconnaissance de tous vos soins et de la grâce que vous avez mise à défendre ma cause dans un moment où la moindre pitié pour ma famille peut être dangereuse.
>0. Bologne, 30 octobre 1814 (F. 3. 4663 ad 3565).
ÉLISA BAGIOCGHI à POZZO DI BORGO (sous le couvert d' Aldini {Intercepta) (en français).
Droits du prince Félix sur Lucques. Elle fait appel à la protection qu'Alexandre lui a promise.
Ayant appris que votre Excellence était arrivée à Vienne,
je charge M. le comte Aldini de lui remettre cette lettre. Il a bien voulu se charger de défendre les droits du prince, mon époux, à la principauté de Lucques. Ce pays s'est donné volontairement à lui, et pour sortir de l'anarchie, où il vivait depuis si longtemps. Lucques a été pendant dix ans exemptée de conscription. Elle n'a donné ni un seul homme, ni un sou contre la Coalition. Lord Bentinck nous a chassés dans le moment où nous avions la plus grande confiance dans les Puissances Alliées. Je me suis adressée, il y a six mois, à Sa Majesté l'Empereur de toutes les Russies.Tous les jours, j'entends citer des traits de générosité, de grandeur d'âme de cet illustre monarque. Je mets sous sa protection les droits du prince de Lucques et de mon fils.
Je sais combien Votre Excellence est appréciée de l'Empereur Alexandre. Elle peut, en plaidant ma cause et en intéressant son souverain en ma faveur, rendre à la tranquillité et au bonheur une personne qui sera toujours reconnaissante des bienfaits qu'Elle aura répandus sur sa famille.