Vienne, 26 novembre 1814 (F. 4. 4549 ad
0© HAGKR (en français).
I/Angleterre et son attitude par rapport à l'agrandissement de la Prusse. Cause de ses ménagements envers cette puissance. Un mot du l'rince de Ligne.
J'ai parlé hier avec l'anglais Park et l'ai questionné sur les sentiments de ses compatriotes relativement à la Prusse. Il m'a dit : « Quand l'Angleterre a consenti à l'agrandissement de la « Prusse, elle n'a pas supposé que la Prusse embrasserait le « parti de la Russie contre les intérêts de l'Allemagne. Mais « cela ne trouble pas beaucoup les Anglais. Tout bien consi- <^ déré,ils feront bien comprendre raison aux Prussiens, qu'il « s'agissait de s'opposer à l'agrandissement de la Russie. Quant « à l'Allemagne, si elle veut se brouiller par rapport à la « Prusse et se liguer même avec la France pour cela, les An- « glais ne s'en mêleront pas et resteront spectateurs pour ne « pas froisser la Prusse, qui peut être la plus utile à l'Angle- ♦> terre sur le Continent. Car les animosités entre nations ne « seront pas éteintes. Le Français sera toujours le rival de « l'Anglais, le Prussien, de l'Autrichien, le Russe, du Turc. « D'après cela, le Prussien est plus à craindre pour la France « que les autres Puissances et la position, que l'Angleterre a « donnée à la Prusse, la met en état de soutenir les Anglais « contre les Français. Ce qui pour ma patrie est le principal. »
Le Prince de Ligne a dit hier : « J'ai bien peur que cela ne « finira pas dans un jeu de piquet, et si l'Angleterre ferme sa « bourse aux Prussiens et aux Russes, on peut prédire qui « gagnera. »