‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 711 sur 842 · L... à HAGER (en français · texte numérisé non relu

L... à HAGER (en français

La cession de la Saxe à la Prusse promise par un article secret du traité de Kalisch en échange de la Pologne à la Russie. L'ignorance primitive de l'Autricha et l'attitude subséquente de Metternich Les mesures prises par Alexandre avant l'ouverture du Congrès. Dissentiments d'IIardenberg avec «es collègues Le roi refuse sa démission.

La cession de la Saxe a été, d'après ce qu'on m'affirme, pro-

mise à la Prusse par un article secret du traité de Kalisch (l)en échange de l'attribution de la Pologne à la Russie, et cet article n'avait pas été communiqué dans toute sa teneur à TAutriche, lors de son entrée dans la Coalition. Plus tard sur le Rhin, Metternich a eu vent de la chose, mais il a cru plus sage de la tirer en longueur, parce qu'il craignait de voir la Prusse rentrer chez elle. On en parla à Paris et à Londres, mais sans conclure. On dit même qu'Alexandre a pour cette raison été sur le point de ne pas aller à Vienne et ne le fît qu'après avoir, de Paris, donné l'ordre de masser des troupes dans le grand-duché de Varsovie, où il envoya son frère Constantin. Telle était la situation lors de l'ouverture du Congrès.

Dès le début, Hardenberg, qui naturellement aurait voulu céder, a trouvé de Topposilion de la part de Stein, Humboldt, Knesebeck et Jordan. Mais l'Empereur Alexandre, qui ne veut pas entendre raison, se flattait encore de pouvoir, par un coup de force, donner la Saxe à la Prusse. Mais comme de leur côté les ^ Puissances déclaraient nettement qu'elles ne céderaient pas, même devant la menace d'une guerre, la situation est devenue si grave qu'Hardenberg, fort malmené par Alexandre, a offert sa démission à son roi qui la refusa sur le conseil de Knesebeck. Celui-ci insista en effet sur l'impopularité qu'une guerre vaudrait au Roi, et le Roi se résigna à garder Hardenberg, bien qu'il le sache tout acquis aux vues de l'Autriche. Aussi les Russes et ceux des Prussiens, qui croyaient déjà tenir la Saxe, sont-ils pour le moment fort découragés. Au lieu de l'annexion de la Saxe, ils sentent qu'on devra se contenter d'une occupation provisoire.

On dit que Humboldt, qui se croyait déjà chancelier, quittera Vienne le 6 décembre, ira à Berlin et de là à Paris comme ambassadeur (Renseignements de l'agent H... basés sur les documents qui lui ont été fournis par les Prussiens et par ceux qu'il a ramassés chez eux).

1. Article 2 secret du traité de Kalisch, 16-28 février 1S]3... « S. M. l'Empereur de toutes les Russies garantit à S. M. le Roi de Prusse avec ses possessions actuelles, plus particulièrement la vieille Prusse, à laquelle il sera joint un territoire qui, sous les rapports tant militaires que géographiques, lie cette province à la Silésie. » Cf. d'ANGEBBRO, p. 2.

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