Paris, 15-27 novembre 1814 (F. 5. 4618 ad
OUÏIAGUINE à NESSELRODE (1) {intercepta) (en français). L'arrestation de lord Oxford
Hier, lord Oxford a été arrêté par les gendarmes à une poste i Paris. 11 se rendait à Naples pour y rejoindre sa femme, irès avoir passé quelque temps ici. On lui a enlevé ses paers et différentes lettres qu'il avait pour Naples. On lui a claré ensuite qu'il pourrait continuer sa route, mais il a préré revenir en ville. On prétend que cette mesure a été prise l'insu du Roi.
)(. Polovtsoff. Dépêche n" 112, page 117 où cette pièce se trouve reproîxtuellement et Correspondance de Jaucourt avec Talleyrand, p. 96-91 . irt à Talleyrand. Paris, 27 novembre 1814.
1004. Paris, 28 novembre 1814 (F. 5. 4648 ad 3565).
GOLTZ à HARDENBERG {intercepla){en français).
Instructions données à Laval. L'audience de Vincent. La mission de Jules d Poligaac. Narbonne. Deux brochures à sensation.
Il paraît que le prinoe de Laval (1) est instruit à ne pas passe la frontière d'Espagne avant réception d'ordres ultérieurs d la Cour.
Le général Vincent (2), ayant enfin reçu ses lettres de créanc en bonne forme, aura demain avant l'audience du corps diplc matique l'honneur de se présenter à Sa Majesté.
Le comte Jules de Polignac(3), désigné ministre de Franc à la Cour de Munich, vient de partir pour Rome, chargé d'un commission extraordinaire relative aux affaires d'Eglise.
Il doit revenir à Paris avant de se rendre à Munich, d'où o attend encore un ministre de Bavière.
Le comte de Narbonne (4), nonimé ministre en Sicile, \ partir sous peu de jours.
Je joins deux nouvelles brochures (5) qui font ici beaucou de sensation. La petite est du comte de Golovkine. Elles manqueront pas de faire beaucoup de bien. On est à la fi depuis ce matin pour avoir celle de M. de Chateaubriand.
1. Cf. Jaugourt, p. 77 et 84. Le prince de Laval était parti de Paris le 16 n vembre.
2. Cf. Jaugourt, p. 103. Dépéclie du 30 novembre à Talleyrand à propos la remise de ces lettres de créance le 29. « Le baron de Vincent a remis hi sa lettre de créance très singulièrement tournée. Il me semble que M Metternich est en a^sez mauvaise disposition pour lui. »
3. Polignac (Auguste-Jules, comte, puis prince de; ,1780-1847) compron dans l'affaire Cadoudal, condamné à deux ans d'emprisonnement, mais rete cependant jusqu'en 1814, il s'évada eu janvier 1814 du château de Saumur compagnie de son frère aîné et rejoignit Monsieur à Vesoul. Nommé lors de première Restauration maréchal de camp, commissaire extraoï'dinaire à Te louse,puis ministre près le Saint-Siège et pair de France le 17 avril 1815, ci prince romain parle Pape en 1820; ambassadeur à Londres en 1823, il dev: en 1829 ministre des Aifaires étrangères et président du Conseil. Arrêté pi de Granville,le 15 août 1830, après le départ de Charles X et transféré à Vi cennes, condamné par la Chambre des Pairs à la détention perpétuelle e la mort civile, amnistié en 1836, il se retira en Angleterre et revint mouri Paris en 1847. (Cf. pour détails de sa mission à Home, Jaugourt, Dépêcht Talleyrand du 19 novembre 1814 Jaugourt, Correspondance, pages 87-88.)
4. Narbonne-Pelet (Raymond-Jacques-Marie, comte, puis duc de) (17' 1855), chargé d'affaires à Naples (1815-1821), pair de France (1815),duc (181 ministre d'Etat et membre du Conseil privé (1822).
5. Titres des brochures: Un étranger aux Français eiRéflexions politiqi ur quelques écrits da jour.
l'ouverture du COiNGRÈS. — LA SAXE ET LA POLOGNE 053
1005. Vienne, 30 novembre 1814 (F. 5. 4642 ad 3565).
PIQUOT à ? [intercepta) (en français) (chiffon).
jBs conférences du Comité des affaires suisses et l'admission de la France. La note des plénipotentiaires allemands remise à Miinster. L'opinion de Miinster.
Les conférences, qui regardent la Suisse, continuent toujours ;t la dernière a eu lieu le 24. Outre ce que j'ai eu l'honneur le mander sur les demandes faites par les Ministres de la onfédération Helvétique au comité des puissances intervelantes pour l'établissement et la sanction de la Constitution le cet Etat, je dois encore ajouter que M. de Reinhard, ancien ^andamann et chef de la députation suisse près du Congrès, i témoigné qu'outre la reconnaissance que ses commettants
" essentaient pour l'intérêt et la bienveillance des hautes Puisances accordées à la Suisse, ils désireraient bien vivement
^ ue toutes celles, qui formaient le Congrès actuel, reconnaissent gaiement la neutralité et d'indépendance de sa patrie.
'""1 D'un autre côté, j'ai appris que le prince de Talleyrand a
tollicité, au nom de la France, l'admission au comité qui débère sur les affaires suisses ; et, quoique, d'après le traité de aris, cette puissance n'ait le droit d'y intervenir que lorsqu'on erait déjà définitivement tombé d'accord à cet égard, on a ependant pris la résolution de répondre affirmativement au rince de Talleyrand, en l'invitant de nommer un plénipotenaire(l) qui assisterait aux délibérations concernant les affaires e la Suisse.
Quant à celles de Pologne, on m'assure de bonne part qu'à suite d'une longue conférence qui eut lieu ces jours deriers entre l'Empereur Alexandre et le prince Hardenberg (2), il ait quelque espoir que les choses s'arrangeraient bientôt ■e les grandes puissances en vertu de l'intimité qui règne e elles. Des personnes croyent même qu'il est question e restitution d'une partie de la Saxe au roi Frédéric Aue, qui conserverait le cercle de Leipzig et quelques arronments considérables, ai encore appris que le comité des plénipotentiaires des
[Talleyrand désigna Dalberg.
^ette conférence eut lieu le 23 novembre au matin.
princes allemands, qui ne se trouvent pas admis au premier comité des cinq Grandes Puissances et qui ont remis à ce dernier la note dont j'ai eu l'honneur de faire mention précédemment, en ont remis une pareille au ministre plénipotentiaire de Hanovre, le comte de Miinster (1). On m'assure que et ministre, en répondant à ce sujet (2) et principalement sur l'article qui énonce le vœu des princes : « que de nouveau l'Allemagne ait à sa tête un chef qui inspire du respect à sa Cons titution et la garantisse par sa prépondérance pour l'intérieui et l'extérieur » doit avoir dit qu'à Paris la cour de Vienm n'avait point paru désirer le rétablissement de l'anciennf Constitution germanique, que cela avait déterminé toutes lei Puissances à se décider sur ce sujet et que le prince Régen d'Angleterre était d'ailleurs penché pour le rétablissement d'ui chef de l'Empire.
1006. Vienne, 9 décembre 1814 (F. 5. 4966 ad 3565.
HAGER à l'EMPEREUR Bordereau et rapport journalier du 9 décembre 1814.
1007- Vienne, 8 décembre 1814 (F. 5. 4966 ad 3565.
B... à HAGER
Anstett attribue sa disgrâce à la conspiration ourdie contrp lui par tous les ministres russes, et surtout parce qu'il ava:| essayé de mettre Alexandre en garde contre Metternich (I déclaré, comme il le fait encore, que l'Empereur d'Autrich<| s'il veut mettre lin à une situation sans issue, doit au pli:| vite remplacer Metternich par Stadion ou par Schvv^arzenber|| |
1. Cf. d'ANGEBERG, 444, Vienne, 16 novembre 1814 et Pièce 99S.