‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 779 sur 842 · Cf. d'ANGEBERG, 464, Vienne, 25 novembre · texte numérisé non relu

Cf. d'ANGEBERG, 464, Vienne, 25 novembre

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 655

1008. Vienne, 8 décembre 1814 (F. 5. 4966 à 3565).

Rapport à HAGER

Rapport sur les entretiens de Stein avec le colonel Miltitz et envoi de papiers enlevés, les uns chez Talleyrand pendant qu'il était à dîner et les autres chez Noailles.

1009. Vienne, 8 décembre 1814 (F. 5. 4965 ad 3565).

G... à HAGER (en français).

Les Polonais, la Pologne, la Saxe et Alexandre. Les espérances des Polonais. Gzartoryski, Humboldt, Stein, Hardenberg.

Les patriotes polonais font des efforts extrêmes et usent de tous les moyens en leur pouvoir pour empêcher le nouveau partage de leur patrie. Ceux de Vienne prétendent qu'Alexandre a déclaré qu'il ne quitterait Vienne qu'après arrangement des affaires de Saxe et de Pologne, dont la solution a été rertardée et modifiée ces jours derniers. Alexandre aurait dit encore que, même si le Roi de Prusse se désistait de ses prétentions sur la Saxe, lui, ne se désisterait jamais de ses droits sur le Grand-Duché et que tout au plus il céderait Cracovie avec un rayon à l'Autriche. Ce changement de résolution serait la conséquence des conférences, qui ont eu lieu entre les ministres prussiens et russes après l'arrivée du prince Repnin et de M. Szaniawski (1), qui paraît être muni des pleins pouvoirs du Comité patriotique de Varsovie.

D'après le comte Skarbek(i),les espérances des patriotes,qui étaient presque anéanties, se sont beaucoup relevées depuis huit jours.

Le prince Adam Gzartoryski continue de jouer un rôle important. Il est le pivot des espérances des Polonais. Parmi les

1. Szaniawski, un des personnages, qui joua un rôle actif et non sans importance dans les affaires et les intrigues polonaises.

2. Skarbek (comte Ignace), Polonais, chambellan de l'Empereur d'Autriche.

ministres prussiens, Humboldt et Stein ont le plus d'influence. Quant à Hardenberg, il a perdu la confiance du roi et serait sur le point de démissionner.

1010. Vienne, 8 décembre 1814 (F. 5. 4936 ad 3565). '"'

LA TOUR DU PIN (1) au Marquis de BONNAY (à Copenhague). (Sous couvert à Bernslorlf {intercepta).

La situation, Taspect du Congrès, les visées des Puissances. Nécessité de rompre le système co-partageant. Difficultés de la situation. Succès remportés par ïalleyrand.

L'Empereur de Russie persiste dans ses prétentions sur le Grand-Duché, ce qui le conduit à vouloir la Saxe pour son allié. Cet allié voudrait bien qu'il en fût autrement et préférerait sa situation de 1805 à celle dans laquelle on veut le placer. L'Autriche cherche à l'attirer à elle, et ils voudraient bien ensemble se partager l'Allemagne. Les princes allemands, qui voient le danger, voudraient se replacer sous le protectorat ou sous l'Empire de l'Autriche. L'Angleterre ne sait trop que vouloir. Tels sont les traits principaux de ce tableau.

Au milieu de ces agitations, de ces ambitions, de ces dévastations de principes, la France se montre calme et sans ambition. Elle prêche certainement la doctrine la plus forte pour être écoutée, si les hommes savaient jamais renoncer à vouloir tout ce qu'ils peuvent.

Les difficultés ici sont immenses. Aux préventions, si justement méritées depuis quelques années, que la France trouve devant elles, se joint un système co-partageant qui existait depuis près de cinquante ans entre la Russie, l'Autriche et la Prusse, système qui a été froissé par l'orage révolutionnaire, mais qui s'est recomposé pour en triompher et qu'il faut dé. sunir aujourd'hui. Il est toujours à craindre que, toute monstrueuse que soit cette association, elle ne subsiste tant qu'elle trouvera à partager et vous voyez. Monsieur, combien de proies l'Europe offre encore à dévorer.

1. Cf. Dépêche de La Tour du Pin au Département (Pallain. Correspondance inédite de Talleyrand et de Louis XVIII. Page 146, note).

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 657

M. de Talleyrand me paraît faire ici des tours de force. On voulait, quand il est arrivé ici, isoler la France de tout, et à présent elle est déjà partout. Il n'y a pas un comité dans lequel elle ne soit entrée et où sa voix ne soit très comptée. L'affaire de Gênes s'est déjà terminée selon ses vues. Espérons qu'il en arrivera autant des autres, non pas seulement parce que c'est la France, mais parce que c'est la justice dont le monde a autant besoin qu'Elle.

1011 . Vienne, 8 décembre 1814 (F. 5. 4966 ad 3565).

DALBERG au Comte de WINTZINGERODE {intercepta).

Analyse succincte des articles séparés et secrets du traité du 30 mai 1814. Pourquoi on n'a pas été plus loin. Etat actuel de la question de la Saxe. L'action de la France sur l'Angleterre et l'Autriche. Les affaires allemandes et les vues de la France.

Je vous renvoie avec reconnaissance les notes. Je n'ose et ne peux vous donner une copie des articles secrets ; mais je vous mets au fait de la vérité.

Le traité secret n'a que six articles. Le premier porte la

disposition à faire des territoires, auxquels Sa Majesté Très

Chrétienne renonce par l'article troisième du traité patent, et les

jlrapports, desquels doit résulter un système d'équilibre réel et

able en Europe, seront réglés au Congrès sur les bases

êtées par les puissances alliées entre elles, d'après lesdis-

itions générales contenues dans les articles suivants.

Article 4. — ... La France reconnaîtra et garantira,

jointement avec les Puissances Alliées et comme elles, l'or-

isation politique que la Suisse se donne sous les auspices

dites Puissances alliées et d'après les bases arrêtées entre

Lrt. 3 et 4. — Annonce et enregistre la réunion de Gênes

Sardaigne, les limites de l'Autriche en Italie formées par le

le Tessin et le lac Majeur, la cession de la Belgique à la

fUande et celle des pays de la rive gauche du Rhin à la

isse et autres Etats allemands.

Art. 5. — Applique l'article 18 du traité patent aux droits

du Gouvernement français sur les dotations et rentes militaires, etc..

Il n'y a rien de plus ; mais comme les Puissances n'étaient d'accord sur rien, ni sur le partage du Grand-Duché de Varsovie, ni sur les affaires allemandes avec vous autres, ni sur la Suisse, ni sur le reste de l'Italie, on n'a pu avancer, parce que la Prusse, en occupant la Saxe, renverse tout, brouille tout, comme elle le fait depuis soixante ans.

L'Autriche et l'Angleterre ne veulent plus la cession de la Saxe, parce que nous avons dit que nous ne la reconnaîtrions pas et que c'était ramener les principes de la Révolution en Europe et préparer l'Allemagne au partage de la Pologne.

Lord Castlereagh, qui avait été séduit par les intrigues prussiennes, a ouvert les yeux depuis l'ouverture de son Parlement, et voilà, mon cher Comte, la source de tous les embarras qui naissent, parce que des Pygynées ont voulu traîner un Eléphant sans employer l'art de la Mécanique.

Notre avis sur les affaires allemandes serait donc : Que l'ancienne Confédération forme une association dont elle écarterait toutes les grandes Puissances, en se rattachant à son indépendance et en s'appuyant sur la Hollande, la Bavière, etc.. Vous auriez 150.000 hommes de troupes et vous pourriez vous! faire respecter, mais le projet doit être mûri avec l'Angleterre.!

1012. Jassi, 25 novembre 1814 (P\ 5. 4966 ad 3565).

FORNETTY (1) à TALLEYRAND [inlercepla)-

Le corps Langeron,venu jusqu'à Mobile w, a reçu l'ordre dl se cantonner en Bessarabie. Beaucoup de cavalerie autrichiennï dans la Bukovine. On s'inquiète ici de ces mouvements. Lej princes de Moldavie et de Valachie font construire 20 chai loupes canonnières pour le Danube.

i. Fornelty (Fi-ançois-Louis), né à Constantinople le 5 mars 1743. Preini| Dî-ogman à (Constantinople depuis le 1" janvier 1793. Drogman du Palais 1" juillet 1816.

L^OUVERTURE DU CONGRÈS. — LA SAXE ET LA POLOGNE 659 1013. Vienne, 10 décembre 1814 (F. 5. 4565 ad. 3565).

HAGER à l'EMPEREUR

Bordereau et rapport journalier du 10 décembre 1814.

Il rappelle l'attention sur des Chiffons pris chez Nesselrode, sur certains renseignements relatifs à Bollmann, sur le club westphalien qui se réunit à la Kaiserin von Oesterreich, dont les membres sont connus et sont des agents, du reste peu dangereux, de l'ex-reine de Westphalie, d'Elisa et de Caroline Murât.

11014. Vienne, 10 décembre 1814 (F. 5. 4565 ad 3565).

Rapport à HAGER Extrait de la liste des intercepta du 9 décembre.

Stackelberg à la comtesse de Garneville.

Bathurst à Glancarty (Paquet de journaux anglais).

Goltz à Hardenberg, de Paris 30 juin(l).

Lieven à Nesselrode (2).

Daschkofî à Roumiantzofî (Philadelphie, 28 septembre).

Gastelcicala à Ruffo (Londres 25 novembre) (Dépêche chiffrée à l'aide d'un nouveau chiffre).

Gaertner à Linden et à Martens (Vienne, 8 décembre) (Copies i'un Mémoire).

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