Vienne, 9 décembre 1814 (F. 5. 4655 ad
B... à HAGER
Renseignements sur les principaux membres du club westphalien.
'e club, la clique de Tex-roi de Westphalie, a pour princiix membres le comte de Malsburg,un Westphalien, le baron
Cf. Pièce 1021.
Cf. Pièce 1020.
de Gayl, de Magdebourg, actuellement à Paris, le comte de Fûrstenstein, ci-devant Camus, un Français marié à une nièce du prince de Hardenberg, Guibourt, chargé des affaires de Caroline Murat, un Anglais Traime ?, Bresson de Valensole et Lebon, qui se fait passer pour un propriétaire foncier de Syrie, mais qui est l'agent d'Elisa. Lebon compte aller demain à Trieste où Fûrstenstein le suivra de près.
1016. Vionnc, 9 décembre 1814. (F. 5. 4655 ad 3565).
FREDDI à HAGER (en français) (analyse).
Rapport de chez le Nonce.
Il lui rend compte des propos, tous hostiles à Metternich, qu'on tient chez Saldanha, de la satisfaction que cause à Con- l salvi la tournure ({ue les affaires semblent prendre pour le moment, eniin de l'indisposition du Roi de Prusse, qui serait surtout due à ses accès de colère et de dépit.
1017. Vienne, 9 décembre 1814 (F. 5. 4655 ad 3565).
00 à HAGER (en français) (analyse).
Pourquoi le secret est si bien gardé au Congrès. Les audiences matinales de la Ba^ratioa. Les a^randissanieats de la Prusse. Les tirades et la campagne contre Metternich. Les causes du mécontentement contre lui.
Jamais à aucun Congrès on n'a si bien gardé le secret. HiâÉ ne transpire. Ces Messieurs ont honte de hiisser voir qu'on m fait rien. Voilà le vrai secret du Congrès.
Carpani (1) s'est moqué hier à dîner chez Eskeles de la prin| cesse Bagration, qui reçoit tous les matins, l'un après l'autre, en audience particulière et intime, le prince royal de Bavière, le
1. Poète et littérateur italien jouissantd'une juste réputation. Un d^s meilleurs agents de Hager répandu dans les mêmes salons que 00. Leurs rap-| ports permettaient à Hager de contrôler leurs dires.
l'ouverture du congrès. LA SAXE ET LA POLOGNE 061
prince royal de Wurtemberg et le prince Charles de Bavière. « Tous les matins, a-t-il dit, elle noircit un certain nombre de feuilles de papier. Ce sont les réponses qu'elle fait aux billets doux restés jusque-là en souffrance »
On dit que la Prusse recouvrera tout ce qu'elle a perdu en 1807 par le traité de Tilsit, c'est-à-dire la Pologne prussienne et une bonne partie, si ce n'est même la totalité, des pays entre l'Elbe et le Rhin.
0© revient ensuite sur les tirades habituelles contre Metternich, sur les critiques que lui vaut son peu d'application aux affaires. « On ne se gêne pas pour dire qu'on voudrait le voir remplacé par Schwarzenberg, qui a si bien fait comme ambassadeur à Paris et à Saint-Pétersbourg, qui est un homme d'honneur et un homme d'esprit et auquel on donnerait Wessenberg pour adjoint. »
On fait campagne contre Metternich, parce qu'on est mécontent de la durée du séjour des souverains, parce qu'on voit qu'on n'a fait que bavarder en l'air à Prague, à Paris et à Londres, qu'on n'y a rien fait, surtout à Prague et à Paris, que si mal tailler que maintenant on ne sait plus comment s'y prendre pour recoudre.
1018. Vienne, 9 décembre 1814 (F. 5. 4655 ad 3565).
... à HAGER (en français).
jB protestation du Wurtemberg contre l'occupation de la Saxe. Les vues du prince royal sur la couronne de Pologne. L'irritation du Wurtemberg contre la Prusse.
On a rédigé dans le cabinet du Roi de Wurtemberg une note
Le protestation contre l'occupation de la Saxe par la Prusse.
^ptre Excellence sait assurément que le prince royal de Wur-
miberg a fait faire des insinuations auprès d'Alexandre afln
l'obtenir la couronne de Pologne.
L'entourage du Roi et surtout les Wurtembergeois sont plus lontés que jamais contre les Prussiens, surtout à cause de ïinsistaiice qu'ils mettent à réclamer Ansbach et Bareuth.
Prolongation du séjour des Souverains à Vienne. Un mot d'Alexandre à la comtesse Wrbna.
M. de Willie m'a chargé de m'informer s'il était vrai que le prince Trauttmansdorff avait fait passer une note à Stadion pour le prévenir d'avoir à tenir prêts les fonds, dont la Cour aura besoin pour couvrir ses dépenses, « attendu que les Hauta Alliés resteront à Vienne jusqu'en mars et très probablement même jusqu'en avril ».
On raconte à ce propos que l'Empereur Alexandre, rencon trant ces jours-ci la comtesse Flore de Wrbna, lui dit : « J'ati une fort mauvaise nouvelle à vous annoncer, Comtesse. Nous resterons encore fort longtemps ici ; mais consolez-vous, nous nous quitterons bons amis. »
1020. Londres, 13-25 novembre 1814 (F. 5. 4655 ad 3565).
LIEVEN à NESSELRODE {intercepla) (en français). L'arrivée du Fingal et la marche favorable des négociations de paix à Gand
Une suite de dépêches américaines arrivées ici par le Fingal bâtiment parlementaire portant des dépêches aux commission américaines à Gand, a mis le public anglais au fait des négo ciations de paix jusqu'au 19 août et des points conditionnel pour la paix que le Gouvernement britannique avait mis e avant dans ses premières ouvertures.
L'Opposition a relevé, quoique légèrement, au Parlement l'exagération de ces demandes.
Les derniers avis de Gand font mention de la nouvelle « vite qu'ont reprise les relations entre les plénipotentiair<!l | anglais et américains depuis l'arrivée du Fingal, et le bruit cou que, tandis que les dernières instructions de M.Madison recon mandent la continuation des négociations, les ministres c Prince Régent d'Angleterre ont de leur côté abandonné que,ques-unes de leurs prétentions.
l'ouverture du COiNGRÈS. — LA SAXE ET LA POLOGNE 663
1021. Paris, 30 novembre 1814 (F. 5. 4655 ai 3565).
GOLTZ à HARDENBERG (en français).
J'apprends dans le moment, à ne pas pouvoir en douter, que le maréchal Soult sera nommé ces jours-ci ministre de la Guerre (1). C'est un changement bien important et auquel le Roi paraît avoir été disposé par les observations réitérées qu'on lui a faites sar le manque d'énerg-ie et de fermeté du général Dupont... (Le reste en chiffre qui n'a pas été mis au clair et qui n'a pas été copié).
1022. Vienne, 11 décembre 1814 (F. 5. 4984 ad. 3565).
HAGER à FEMPEREUR
Bordereau et rapport journalier du 10 décembre 1814 et envoi àHntercepta peu curieux, sauf celui de Gaertner à Staegemann (7 décembre) (envoi de la note qu'il a remise le 16 novembre à Metternich au nom des princes et comtes médiatisés).
1023. Stuttgart, 3 décembre 1814 (F. 5. 4984 ad 3565).
RIEDESEL au Baron de SCHAUENBURG (inlerccpla) (analyse).
11 regrette que les souverains aient soulevé les questions de Pologne et de Saxe qui empêchent de s'occuper des affaires d'Allemagne. Il espère qu'après la nouvelle déclaration russe (2) les trois grands monarques reviendront à de meilleurs sentiments et rendront vains les efforts que fait la France pour les désunir.
l.Goltz étaitbien renseigné puisque Jaucourt, dans sa dépêche du 3 décembre à ïalleyrand, lui disait : « Dimanche (c'est-à-dire le lendemain 4), vous verrez p.ir les journaux la nomination du maréchal Soult à la Guerre. . » et qu'il commençait sa. dépèche du 7 en ces termes : « Tout le monde déclare que la nomination du maréchal Soult était inattendue et que le renvoi du comte •Dupont semblait ou différé ou même révoqué
2. Cf. d'ANGEBERG, 450-456. Lettre de l'Empereur Alexandre en réponse à la lettre du 4 novembre de lord Gastlereagh et deuxième Mémorandum russe. Vienne, 21 novembre 1S14.
1024. Vienne, 9 décembre 1814 (F. 5. 4984 ad 3565).
... à HAGER (en français).
Un mot du Roi de Wiirtemberg. Critique sévère du Congrès.
Le Roi de Wurtemberg a dit chez lui devant pas mal de personnes qu'il recevait : « Il est honteux de penser qu'on met ici plus de temps pour partager le pays conquis qu'on n'en a mis pour renverser le terrible tyran. Qu'a-t-on donc fait depuis le traité de Paris ? »
Les auditeurs stupéfaits ont baissé la tête.
1025. Vienne, 9 décembre 1814 (F. 5. 4984 ad 3565).
H..., à HAGER
Ordres nouveaux relatifs à la Pologne et à la Saxe reçus par Castlereagh.
Castlereagh a reçu il y a deux jours l'ordre de déclarer que l'Angleterre s'opposera catégoriquement à la cession de la Saxe à la Prusse et de la Pologne à la Russie (1). Il remettra cette note aujourd'hui ou demain. On m'affirme que le Wurtemberg soutient en secret les desseins de la Prusse.
1026. Vienne, 12 décembre 1814 (F. 5. 4984 ad 3565).
HAGER à l'EMPEREUR
Bordereau et rapport journalier du 12 décembre 1814.
1. Cf. Talleyrand au Roi. Dépêche, n° 15. Vienne, 7 décembre 1814 (Pal-- LAi.N. Correspondance inédite, etc., 167). Cf. d'ANGEBERG, 193-494. Lord Castlereagh à lord Livcrpool au sujet de la négociation du prince de Hardenberg avec l'Empereur Alexandre relative à la Pologne.
l'ouverture du COiNGRÈS. — LA SAXE ET LA POLOGNE 065
1027. Vienne, 10 décembre 1814.
Rapport à IIAGER (en finançais).
Depuis plusieurs jours Wrede a cessé d'aller chez M'"« Ripp.
M"°* Morel est venue à l'improviste, le 7 au soir, chez le grand-duc de Bade qui renonça à sortir, soupa et resta fort tard avec elle.
Le prince héritier de Hesse-Darmstadt continue de charger son chasseur de lui amener des filles, d'une classe du reste assez peu élevée.
1028. Vienne, 10 décembre 1814 (F. 5. 4995 ad 3565).
Rapport à HAGER Alexandre et la princesse Esterhazy.
Sachant que le prince Esterhazy (1) allait pendant quelques jours chasser chez lui à Eisenstadt, Alexandre ût savoir à la princesse Léopoldine qu'il viendrait passer une soirée chez elle. La princesse lui communiqua la liste des dames qu'il trouverait chez elle avec la prière de rayer celles qu'il ne désirait pas rencontrer. Il les raya toutes, sauf elle. La princesse envoya au plus vite chercher son mari à Eisenstadt, et le prince arriva encore juste à temps pour recevoir Alexandre qui, déçu et dépité, ne resta que peu d'instants.
;^029. Vienne, 10 décembre 1814 (F. 5. 4995 ad 3565;.
Raifort à HAGER
Eugène et Alexandre. Nouvelles du Congrès d'après d'Arnay. Ce qu'aura Marie-Louise. Les Légations.
Le priQce Eugène est d'autant plus confiant qu'Alexandre
.La priiicassoLéop )ldinc,née princesse de la Tour et Taxis, était la femme prince Paul Esterhazy, diplomate autrichien, un peu plus tard ambasieur d'Autriche à Londres.
continue à le distinguer d'une façon des plus marquées. D'Arnay m'a affirmé du reste que le Congrès était d'accord sur les points les plus importants et que tout marchait maintenant de façon à pouvoir être terminé en trois semaines. Il croit que Marie-Louise aura Parme, que l'ex-reine d'Etrurie obtiendra peut-être quelque compensation.
Fava et Squarzoni resteront encore huit ou dix jours en attendant une résolution en faveur du Pape, ce qui semble fort improbable à d'Arnay.
1030.. Vienne, 10 décembre 1814 (F. 5. 4995 ad 3565).
Rapport à HAGER
Malczewski persiste à croire à une guerre à cause de la Pologne et de la Saxe, guerre que Murât désire d'autant plus que la tranquillité est loin d'être établie en Espagne, en Sicile et en France.
1031. Vienne, 10 décembre 1814 (F. 5. 4995 ad 3565).
ee à HAGER
Jacobi Kloest a passé, le 9, plus de trois heures en conférence avec Rechberg. Les médiatisés ne tarissent pas en éloges sur son compte et sur celui de Hardenberg, parce qu'ils désapprouvent l'occupation de la Saxe et combattent la politique de Humboldt.
1032. Vienne, 10 décembre 1814 (F. 5. 4984 ad 3565).
... à HAGER (en français).
Nouvelles favorables au Roi de Saxe. Solution probable et prochaine de la question de Pologne.
Le brouillard se dissipe. Les ministres de Bavière, de Hesse- Darmstadt et Gaertner m'affirment que le Roi de Saxe conserve
l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 667
son royaume. La question de Pologne est également tranchée dans le sens désiré par l'Autriche et on espère que les affaires vont pouvoir marcher. Depuis cette grande nouvelle, je n'ai vu aucun des enragés Prussiens. Nous verrons ce que diront ceux qui criaient si haut qu'ils ne rendraient jamais rien.
1033. Vienne, 10 décembre 1814 (F. 5. 4994 ad 3565).