Cf. d'ANGEBERG
1128. Vienne, 23 décembre 1814 (F. 6. 4900 ad 3565).
e e à HAGER Ce qu'on a fait dire et entendu dire à Dalberg la veille.
Voici le résumé de tout ce que j'ai pu savoir hier par et chez Dalberg.
Talleyrand a, paraît-il, combiné avec les Russes un nouveau partage du Grand-Duché de Varsovie entre ia Russie, la Prusse et l'Autriche. La Wartha sera la frontière de la partie attribuée à la Prusse. Cet accord réglerait les questions de Saxe et de Pologne.
La réponse qu'Hardenberg a faite à Metternich au sujet de la Saxe le 21 décembre (1) renvoie le prince à sa lettre du 22 octobre, dans laquelle l'Autriche consentait à l'incorporation de la Saxe à la Prusse, sous la condition d'attribuer au Roi de Saxe un établissement sur le Rhin.
Metternich nous (à la France) a communiqué la réponse d'Hardenberg. Nous avons donné à Castlereagh, à Wrede, à Schulenburg, à Metternich, à Hardenberg un résumé de l'état des affaires en même temps que nous avons porté à leur connaissance le projet du nouveau partage du Grand-Duché de Varsovie, grâce auquel on règle du même coup tout ce qui a trait à la Saxe. Une commission du Congrès sera chargée de régler la question contradictoirement avec la Prusse qui, après avoir reçu sa part dans le nouveau partage, n'aura plus aucun droit à l'obtention d'autres compensations.
Il paraît de plus, toujours d'après le dire de Dalberg, qu'au moment même où la tension était le plus aiguë entre Hardenberg et Metternich, celui-ci lui aurait écrit une lettre particulière, dans laquelle il se laissait aller à de violentes attaques contre Alexandre (2). Hardenberg, comme il était aisé de le prévoir, s'empressa de porter de suite le billet à l'Empereur de Russie, qui fît aussitôt appeler Metternich, avec lequel il eut une scène encore plus orageuse que les précédentes (1). Il ré-
1. Il s'agit évidemment de la note d'Hardenberg datée du 16 décembre et remise à Metternich le 20. Cf. d'ANOESERG, 531 et 1952-1961.
2. Cf. Talleyrand au Roi. Vienne, 15 décembre 1814, (Dépêche n" 16(Pal- LAiN. Correspondance inédite, 181-182) et Gentz. Tagebûcher, 339, lundi 12 décembre, « Grands orages politiques ».
suite de tout ceci, d'après ce que je viens d'apprendre, qu'on travaille plus vivement que jamais au remplacement de Metternich par Wessenberg. Ce dernier est du reste bien mieux que Metternich au courant de ce qui se passe et de ce qui s'est passé au Congrès. Un pareil choix sera favorablement accueilli par toute l'Europe et les affaires marcheront mieux.
Dalberg s'est répandu en éloges sur le compte de Wessenberg.
Il m'a dit encore : « L'Empereur de Russie a la tête un peu à l'envers, le cerveau détraqué tout comme feu l'Empereur Paul. Il finira comme son père... »
1129. Vienne, 21 décembre (F. 6. 4901 ad 3565).
CAPO D'ISTRIA à STEIN {intercepta pris chez Stein).
Nous serons à une heure chez Votre Excellence. Ainsi je me conformerai à vos ordres et profite de cette occasion pour vous remettre, Monsieur le Baron, les papiers concernant la Constitution des villes libres de Cracovie et de Thorn.
1130. Vienne, 22 décembre 1814 (F. 6. 4901 ad 3565).
GASTLEREAGH à TALLEYRAND (intercepta) (en français)
(analyse).
Admission de la France à la commission de statistique.
Le prince a désiré — Castlereagh l'a appris par son frère .ord Stewart — que la France soit représentée à la Commis- ' J sion de Statistique. Il s'est fait un plaisir de transmettre ce désir à ses collègues qui se sont empressés d'y faire droit (1).
1. Cf. d'ANGEBERG, 561-568. Instruction proposée par le Prince de Metter- Ich pour les Plénipotentiaires de la commission de statistique, etc., etc., lienne, 24 décembre et procès-verbal de la première séance de la commission de
atistique le 24 décembre 1814.
1131. Vienne, 22 décembre 1814 (F. 6. 4901 ad 3565).
STEIN à HARDENBERG {intercepta) (en français). Communications et explications relatives à Tarnopol.
Je VOUS envoie, cher prince, les détails sur Tarnopol que la Russie cède à TAutriche. Celle-ci gagne par là : 1° la communication entre la Bukovine et la Galicie ; 2° un pays qui a de superbes pâturages pour les haras et troupeaux de bétail ; 3° le cours du Dniester ; 4° la sûreté pour Léopol (Lemberg), dont Tarnopol n'est éloigné que de sept heures ; 5° l'approvisionnement de Léopol qui tire ses denrées du cercle de Tarnopol.
N.B. — Avec les mémoires relatifs aux parties de la Galicie qui, d'après la décision prise dans la conférence du 24 février-8 mars 1810, doivent être cédées définitivement à la Russie (1).
1132. Vienne, 21 décembre 1814 (F. 6.4901 ad 3565).
ROSENCRANZ au Comte SCHIMMELMANN (à Copenhague) (sous couvert à Macke, à Hambourg) (intercepta) (en français),
La crise dure encore, mais tire à sa fin. Le roi de Wurtemberg est le seul dont le départ soit fixé.
Je m'étais proposé de renvoyer l'un des courriers ce soir ; mais le Roi a trouvé bon de suspendre l'expédition jusqu'à demain ou après-demain. Comme il se trouverait donc que Votre Excellence resterait trop longtemps privée de nos nouvelles, j'ai cru de mon devoir de l'informer que la crise dans les négociations dure encore, mais qu'elle paraît effectivement s'approcher de son terme.
Après-demain, on fêtera le jour de naissance de l'Empereur de Russie. Le roi de Wurtemberg partira tout de suite après Noël. Mais jusqu'ici il n'y a encore rien de fixé quant au départ des autres souverains.
Le Roi se porte parfaitement bien.
J'ai l'honneur d'être, etc..